Archive pour mai, 2009


Party Down

Pour ceux à qui manqueraient leur 30 minutes de comédie hebdomadaires, je vous invite à découvrir Party Down, une série que la critique acclame (malgré un public américain un peu lent à se décider) et qui est est déjà, à peine après 10 épisodes, culte.

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La série est un vraie petit bijou, pour les fans ou amateurs de sitcoms dans la veine de The Office. L’histoire est celle de six ‘caterers’ tentant de percer à Hollywood mais devant se contenter de leur job de merde.

Cette série est à mon humble avis, incontournable, et ce, pour plusieurs raisons (vous l’aurez compris, une petite énumération s’impose)

1. Rob Thomas, qui n’est ni plus ni moins que le génial créateur de Veronica Mars – et accessoirement de Cupid et 90210 (version 2008)  – et qui est donc le co-créateur de la série avec John Enbom et Dan Etheridge (scénaristes sur Veronica Mars) et …

2. Paul Rudd. Oui Paul Rudd. Je dois vraiment vous dire qui est Paul Rudd ? IMDb est là pour ça, j’ai vraiment pas que ça à foutre.

3. Pour les dialogues et les situations (voir 1 et 2)

4. Pour les guest stars gigantesques – en tout cas pour tout fanatique de série télé et précisément de Veronica Mars – à commencer par Kristen Bell (dans le rôle d’une garce, énorme), Jason Dohring, Enrico Colantoni ou encore Alona Tal et Ryan Pinkson de la série suscitée, mais aussi en vrac l’impayable J.K. Simmons en père jurant comme un charetier, Steven Weber (Studio 60 on The Sunset Strip) en mafieux russe, Josh Gad (The Daily Show) en jeune républicain, Rick Fox, Stormy Daniels, ou encore – fait assez énorme – George Takei (Hikaru Sulu dans Star Trek !) dans leurs propres rôles. Citons encore  Jennifer Coolidge dans un rôle récurrent – remplacant Jane Lynch – de vieille tarée, proche de ce qu’elle a pu faire d’habitude (dans Friends notamment).

5. Pour l’excellent Ken Marino (Mad TV), le détective privé Vinnie Van Lowe dans VM (inoubliable), qui joue ici Ron, le boss des 5 autres.

6. Pour Jane Lynch (The 40-y-o. Virgin ou Role Models) et son timing unique (complètement arythmique) dans le rôle de Constance, une actrice sur le retour.

7. Pour Martin Starr, le nerd le plus attachant de l’histoire du petit écran. Le simple fait de retrouver un des héros de Freaks & Geeks est déjà énorme. Ici il est Roman, le nerd le plus malsain qui soit.

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8. Pour Ryan Hansen, aka Dick Casablancas (best name ever), le surfeur blond (forcément méchant donc) de VM, aka Kyle, le crétin satisfait (moins méchant donc) dans Party Down.

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9. Pour Adam Scott, vu dans Six Feet Under et Veronica Mars.

10. And last but far from least, Lizzy Caplan (Freaks & Geeks, MeanGirls et True Blood).
Lizzy… Caplan…

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S’il s’avère que  la série est annulée faute d’audience. elle gagnera définitivement son statut de série culte, et vous petits malins serez donc, comme auparavant pour Freeks & Geeks, passés à coté. Alors que honnêtement ce serait “top frime” (oui ceci est une référence à XL le magazine des 90s et alors!?) de votre part – pour les conversations autour de la fontaine à eau – de l’avoir connu avant son annulation.

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Southland

La nouvelle série policière de NBC est définitivement à suivre.

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Le premier épisode, prometteur, donnait le ton. Réaliste et documentée. Quelque part entre The Shield et NewYork 911. Si la forme se voulait incisive, ultraréaliste, le fond semblait inchangé, il s’agissait du même type de “loner” policier auquel la chaine, et plus généralement les networks nous ont habitué. Un peu à la manière d’un épisode de Law & Order, on assistait à des interventions sur le terrain de flics en uniformes, parallèlement à des enquêtes menées par des inspecteurs. On aurait droit chaque semaine à de nouvelles histoires – ce que le 2e épisode n’a pas démenti – et au spectateur de juger s’il voudrait choisir ce cop drama au lieu d’un autre. Après The Shield et The Wire, difficile pour une série d’oublier que ces deux-là ont existé, et apporté en terme de réalisme.

L’un des points marqués par le pilote était la peinture sans concession de la métropole californienne, de ses habitants et de ses quartiers, mise en relief par la mise en scène – proche du Collateral de Michael Mann – mais aussi par la petite singularité de la série, à savoir la crudité du langage, masquée par le “bip” de rigueur, network oblige. L’autre point, les personnages qui nous étaient présentés. En particulier Sherman, la nouvelle recrue, issu d’une famille huppée, au caractère un rien coincé mais au tempérament d’acier, ainsi que son équipier formateur, Cooper, expérimenté et blasé, cachant une dépendance aux anti-douleurs (respectivement interprétés par Ben McKenzie (The OC) et Michael Cudlitz (Band Of Brothers)). Les personnages incarnées par Arija Bareikis (Oz) et Regina King (24), Michael McGrady, Kevin Alejandro, Tom Everett Scott, ou encore C. Thomas Howell (accessoirement le grand frère d’Eliott dans E.T., si si.) deviennent eux aussi, au fil des épisodes, vraiment intéressants.

La similitude avec The Shield est frappante de prime abord (caméra épaule, grain de l’image), mais contrairement à sa consœur, la série n’est pas une fiction suivant au fil des épisodes la descente aux enfers d’une brigade de ripoux dans un univers ultra-réaliste. Cette façon de ne pas verser systématiquement dans le scénario structuré autour d’une enquête y fait penser, mais fait aussi penser à The Wire, et à sa démarche anti-sensationnelle. Mais il ne s’agit pas d’une série qui se voudrait diffusée sur HBO sans y être parvenue, et qui devrait se contenter de NBC, non, c’est autre chose…

Il y a quelques mois maintenant, ayant vu le pilote avant sa diffusion sur NBC (et sa disponibilité sur iTunes Store), je ressentais la nature presque progressiste de l’objet, planqué sous une forme à priori conformiste, du moins pour son époque post-NYPD Blue. Or, j’étais persuadé de tenir là ce qui était peut-être, je dis bien peut-être, la nouvelle série télé, la 3G en quelque sorte. Posons que les séries antécédentes à Urgences, X files et NYPD Blue sont toutes de la 1G, quelle que soit leur époque, et que les séries suscitées et leur consœurs made in HBO (Oz, Les Soprano, The Wire…) et celles qui vont suivre (Deadwood, Heroes…) sont de la 2G, sorte d’age d’or de la série télé, puisqu’elles font montre d’une originalité et/ou d’une profondeur parfois démentielles en comparaison au cinéma dont elles n’ont plus vraiment rien à envier en terme d’esthétique. Freaks & Geeks est pour ses créateurs ” un film indépendant de 18h”. Mais à l’image de cette dernière, l’existence de la série télé est intimement liée à son succès, à ses parts de marché. L’essor de la série télé sur les deux dernières décennies a été la cause et la conséquence de l’engouement de la critique comme du public pour les séries, “accessibles” (24, House, Dexter, Lost…) ou non (Six Feet Under, Breaking Bad, In Treatment, Mad Men…). Que l’on parle de la qualité des scènes d’action ou de la justesse des dialogues, certains concepts apparaissent simplement géniaux, mais de fait, si tout le monde les regarde, peu de gens regardent la télévision. Ils téléchargent, enregistrent sur leur TiVo, ou attendent la sortie en DVD.

Quand je parle de 3G en ce qui concerne Southland, c’est parce que la série n’a peut-être pas été crée en visant la télévision, son audimat approximatif et sa programmation rigide, mais le DVD, où les “motherfuckers”, “assholes” et autres “shitheads” ne seront pas bipés… ou alors volontairement comme pour Arrested Developpment. La série n’ambitionnait d’ailleurs probablement pas de diffusion sur le câble, premièrement parce que le franc parlé bipé est un parti pris dans un souci de vraisemblance – rappelant COPS -, deuxièmement parce que ce n’est pas là que le public se trouve. Combien n’ont découvert The Wire que récemment, simplement parce que le deuil de la série a suscité bon nombre d’articles. C’est mérité, pour ce que je considère comme le truc le plus incroyable que j’ai vu de toute ma vie (je ne suis pas le seul) mais c’est juste un peu tard, et même si HBO, probablement consciente du niveau de sa série, a donné 5 saisons à David Simon et Ed Burns en dépit d’une audience très faible, on peut rêver à ce qu’il en aurait été si les producteurs prenaient en compte les fans du monde entier, et pas simplement les américains de salon. En comparaison, NBC offre à Southland un large public, à qui il est maintenant possible d’offrir des séries de la trempe de The Wire. La question est : Southland en fait-elle partie ?

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Ce bon vieux Ben McKenzie

Passé mon enthousiasme – et mon “essai” un peu présomptueux – autour du pilote, la ligne de conduite de Southland s’oriente peut-être plus vers la série classique, mais avec un twist. Ses auteurs se contenteront-ils de faire dans le cop show de network, du genre C.S.I. ou même Monk ou Castle ou The Mentalist, certes originaux, attachants, efficaces et maitrisés, mais purs produits de consommation, avec date de péremption. Ce que Miami Vice et Rick Hunter étaient aux années 80 et 90. La logique de John Wells et Christopher Chulak, ne semble pas aller dans cette direction. Urgences, dont ils étaient déjà les producteurs exécutifs, possédait davantage de prétentions que des concurrents comme Chicago Hope. Dans Southland, chacun a un rôle à jouer, protagonistes, victimes, témoins, criminels, ou simples seconds rôles, ils sont autant de personnages récurrents ou à même de l’être mais pas dans une vaste enquête (comme c’est le cas pour The Wire) juste dans les jours de leurs vies, leurs vies de flics, de protecteurs, et leurs vies d’êtres humains, à l’instar de la série médicale, qui entre parenthèses, dépouillée du réalisme et de la virtuosité, ne lui restait plus que les rapports de médecins à patients ou de médecins à médecins (comme dans Grey’s Anatomy) et leurs histoires de cœur ou de cul (comme dans Gr… hey wait a minute !!!). Cependant, Southland est assurément plus novatrice qu’il n’y parait, peut-être de manière plus discrète parce qu’elle se noie dans la masse de série qui existe aujourd’hui. Comme Boomtown, dont la structure finalement répétitive était contrebalancée par un vrai concept, et surtout des personnages atypiques, à l’image de House, une des meilleures séries contemporaine, malgré sa place sur un network.

Southland est sonc une série policière d’une qualité supérieure. On pourra citer le 3e épisode, et sa chronique hystérique d’un côté, et entretien intimiste de l’autre; mais aussi, dans un autre style, l’épisode 5, pratiquement un remake du Chien Enragé de Kurosawa; ou encore l’épisode 6, qui se paie le luxe d’une histoire de braqueurs qui aurait pu être exploitée au cinéma à la façon d’un Heat, mais qui ici est presque anecdotique vis-à-vis des révélations sur les protagonistes, malgré une course poursuite filmée en temps réel, de plusieurs points de vues différents (mais sans split screen, n’en déplaise aux fans de 24) vraiment spéctaculaire. C’est peu de dire d’ailleurs que Southland jouit d’une réalisation qui frise la perfection. Quant à l’écriture, jamais clichée, jamais manichéenne, signée presque toujours par la créatrice de la série Ann Biderman, elle est d’une telle maturité (contrairement à d’autres séries qui semblent vraiment étre écrites par de jeunes auteurs, prêts à sacrifier l’intelligence au profit de la facilité voire du raccolage (Prison Break, Harper’s Island…)) qu’elle donne à Southland un sentiment unique, et c’est suffisamment stimulant pour devenir accro. Après le season finale (7e épisode), qui nous offre une scène au suspense prenant avant de clôturer l’histoire de la jeune Janella, témoin du meurtre d’un garçon par un gang (dans le 1er épisode) et les arches des protagonistes, et in fine, de finir sur un cliffhanger. Cliffhanger inattendu et en même temps parfait exemple de la violence quotidienne, qui peut frapper n’importe qui, n’importe quand, n’importe où… totalement dans l’esprit de la série, réaliste, cynique, et couillue.

V – trailer

Oh hells yeah ! Premier trailer de V (version 2009)

Pour ceux qui n’auraient pas tilté, la visiteuse est Morena Baccarin (ok me direz-vous) qui n’est nulle autre que “crazy eyes” dans How I Met Your Mother. On retrouve Elizabeth Mitchell (Lost – bah oui elle est pas tombée sans raison), Scott Wolf (Party Of Five (La Vie à Cinq)) et Joel Gretsch (Taken, The 4400) parmi les protagonistes.

Les images sont stylées, les acteurs bien castés, les moyens semblent conséquents, bref, ça a l’air prometteur tout ça.

Ceci dit (après le cas Fringe), le final de Grey’s Anatomy (et oui..) était pas mal du tout, surtout durant les dernières minutes, dans lesquelles on atteint ce climax émotionnel propre au genre. Les plans à la photo mordorée sont d’un cliché titanesque, mais ça marche ! En attendant le “double trouble” de 24 … parlons de L O S T.

C’est de loin (de très loin) le plus décevant de tous les season finales, toutes saisons confondues. Pas de cliffhanger énoOorme à la fin. Rien d’équivalent à la lumière sortant de la trappe ; à Jack, Sawyer et Kate tenus à la merci de Ben ; à un Jack bubar et éthylique rencontrant Kate dans le futur ; ou d’un Locke dans un cercueil, entouré du même Jack bubar et éthylique et de Ben. Non, ici nous avons droit à un “shoutout” chiant (trop de coups de feu échangés sans qu’aucun de nos héros n’y passe), une mise en scène merdeuse et pas inspiré (je ne reviendrais pas sur ce que je disais sur les réalisateurs TV), un face à face pétard mouillé entre Sawyer et cette salope de Phil (qui après avoir quand même mis une rouste à sa femme, méritait une bonne correction de la part de notre redneck préféré), une scène non-emotionnelle entre Miles et son papa, et une Juliet survivant à une chute d’au moins dix mètres… Bref de déceptions en déceptions, après un antépénultième épisode immense, on retiendra quand même (quand même!) Sawyer en train de chialer comme une fiotte (probablement parce qu’on ne l’a jamais vu fondre en larmes, en tout cas c’était beau), Sayid émergeant des eaux pour notre plus grand plaisir, le cadavre de Locke dans la valise, donnant ainsi aux nouveaux rescapés l’excuse d’exister (on y reviendra), et enfin Juliet, qui, bénie soit elle, nous sauve de la catastrophe en finissant la saison comme il se doit (on l’excuse de survivre à sa chute pour le coup).

Mais deux choses énormes arrivent quand même dans ce double épisode final qui méritent d’être signalées, et ça concerne deux personnages, autour desquels semblent définitivement s’articuler l’arche principale de la série, et techniquement s’arrêter ici (pour 2 raisons différentes). Jack et Locke.

Jack, pendant cette saison, nous donnait vraiment l’impression de vivre une gueule de bois héritée de la saison passée, complètement démotivé et lessivé, comme atteint de mononucléose. Son leadership perdu, du à son manque d’initiative et à sa mauvaise gestion du personnel, Sawyer avait pris les choses en mains, avant que Daniel ne prenne le relais. Jack, face au décès prématuré de Faraday, se voit contraint de reprendre les rennes. Et, même si on peut vraiment remettre en questions ses motifs – si j’empêche le futur d’exister, accessoirement en explosant l’ile et tous ses occupants, mon cœur ne saignera plus à cause de Kate – l’homme a enfin une mission qui lui sied et lui redonne son rôle de meneur mentaliste (marrant de voir Kate retourner sa veste plus rapidement que les français en 45)… Alors, certes il y a cette fusillade, qui est pas trop mal si on est indulgent, mais il y a surtout le moment que notre côté macho/homo (c’est pareil) attendait depuis 5 ans, une bonne vieille baston à mains nues entre Jack et James, totalement dans l’esprit de la série : over bruitée mais over réaliste (des bleus, du sang, du quasi-évanouissement). Quant à Locke, il faut dire qu’il nous avait paru changé. Certes, se faire étrangler à mort et ressusciter en costard booste l’égo, mais… Ce Locke arrogant, guilleret et mutin (le voir bullshiter Sun m’avait vraiment paru bizarre) n’était pas le John Locke du début. Je pensais simplement que quelque part, c’était lui, mais comme Jack, sa personnalité avait shifté vis-à-vis du retour sur l’ile. Comme je me trompais…

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L’épisode sera donc divisé entre deux intrigues incomplètes, Jack, Sayid, Hugo et Jin, plus Kate, Juliet et James, et les coopératifs Dharma en 77, et la troupe d’Ilana et Lapidus, et Locke, Ben, Richard, Sun et les Autres en 08. Puis se clôturera sur la révélation finale : Locke n’est pas vraiment Locke. L’autre truc énorme (en principe) c’est Jacob. Tout tourne autour de lui. Et pourtant l’attente joue vraiment en sa défaveur, parce qu’il meurt à la fin de l’épisode.

William Bell dans Fringe, que l’on aura attendu une seule saison (mais pour une bonne raison) nous apparait, incarné en Leonard Nimoy, sortant de l’ombre (ça claque, même si c’est l’effet facile). Lors d’une intro réussie, Jacob, quant à lui, apparait tissant, éclairé par le feu d’un foyer par lequel il périra, le sot (ironie), puis savourant le fruit de sa pêche sur la plage, à l’ombre de la statue aux quatre orteils, intacte, qui pourrait être Sobek, dieu égyptien à la tête de crocodile, de l’inondation (tada!) et de l’eau (qui a dit “nerd”?!). Rejoint par l’homme qui nous est présenté comme sa nemesis, et même précisément comme une enflure («Do you have any fuckin’ idea how badly I want to kill you, motherfucker?») – pour sûr, Titus Welliver (Deadwood, Life, Brooklyn South) a la gueule de l’emploi – tous deux pavoisent, étrangement calmes, à propos du Black Rock, voguant au loin. On nous en dit peu, mais clairement ça aura son importance. On sait qui est Jacob. mais qui est l’autre? Gageons qu’il s’agit de son frère (c’est vrai que cette haine dénuée d’agressivité fait résonner une vibe fraternelle), pour les fans de Lost, Jacob étant une référence biblique, il est Esau. Leur conversation nous donne des indices quant au pourquoi. Jacob veut voir arriver Richard Alpert et sa bande sur l’ile (on sait le Black Rock s’échouera et Richard deviendra immortel), l’autre s’y oppose. La phrase de Jacob «Ça ne peut finir qu’une seule fois, tout ce qui précède n’est que progrès», pour qui aime construire des hypothèses, pourrait signifier que les cycles se répètent, en attendant une (vraie) fin, que Jacob visite les futurs passagers du vol 815 dans un but précis, de la même manière qu’il fait appel à Ilana pour l’aider, si vous vous rappelez du «Ils arrivent» à la fin. Pourtant, malgré ça (et c’est vraiment quelque chose), trois quarts d’heure plus tard, on n’en sait pas plus, et puis ce Jacob n’a pas grand chose à voir avec le Jacob de la cabane, ni avec le papa de Jack. Alors who(what/where/when) the fuck is le papa de Jack ?! et quid de Claire, de Desmond ? Et Sun et Jin ? Les dernières minutes nous offrent un truc extraordinaire entre Ben et Jacob, mais merde, voir mourir un personnage sur lequel le mystère semblait reposer, c’est quand même très fâcheux. Et cet arrière gout amer empêche, avec le recul, d’avoir pour ce final le même enthousiasme que d’habitude, parce qu’il n’y a pas à dire, sur le papier, un final de Lost, c’est aussi énorme qu’une finale de la Champion’s League.

Reste une question : que contient l’étui à guitare de Hurley? Pow (bruit de fin d’épisode)

283359“Ah ça merde j’y avais pas pensé !”

Chuck me!

Alléluia, Chuck aura donc une troisième saison !

Tout comme Dollhouse sur FOX – je m’en fous, mais j’imagine que c’est une bonne nouvelle pour les aficionados de Joss Whedon – Chuck a été renouvelé.

l\’article de Variety

NBC et Warner Bros TV ont donc acheté 13 épisodes. A la conditon de réduire le budget. Espèrons que Josh & cie assurerons, même si pour cela certains rôles doivent passer à la trappe, ou que le show ressemble à un nanar turc des ’80s, tant que Zachary Levi, Adam Baldwin et Yvonne Strahovski soient là, à s’envoyer des vannes et à flinguer ou tabasser du second couteau. De quoi réjouir tous les nerds de cette foutue planète…

Voilà, là, il fallait que je m’attaque à ce qui est, (ça ne tient qu’à moi) LA série de la rentrée 2008/2009 : FRINGE (en majuscule et tout), et ce vingtième épisode s’avère être une excellente excuse.

Immédiatement après son visionnage, il fallait que je lâche mes impressions, mes sentiments, sans attendre (prenez donc avec précaution les mots que je tape frénétiquement sur mon clavier -antédiluvien- mais)… cet épisode est une bombe. Et ce pour 5 raisons :

1) pour le bras cyborg de cette salope de Nina Sharp…

2) pour entendre Kirk Acevedo dire : “Like Dorothy in Oz” (ça s’adresse aux fans de Oz, mais c’est juste le genre d’inside joke auquel ces génies de Alex Kurtzman et Roberto Orci nous ont habitué, notamment dans Star Trek (la matière rouge de Alias), best Blockbuster in 2009 so far btw…

3) pour la scène entre Peter et Walter dans la maison sur la plage, émouvante, juste, et véritablement climatique après une saison de tension, de colère rentrée et de sentiments inavoués entre père et pils…

4) pour la mort gore de cette salope (vous vous y habituerez, vous verrez, bientôt j’aurais même plus besoin d’italiques) de David Robert Jones…

5) et surtout (oh my f-ing god) surtout, pour la fin… je n’en dis pas plus, mais putain ce que Leonard Nimoy est en forme malgré ses 75 ans. Ne me haïssez point, son nom est dans le générique.

Saisissant, je crois que c’est l’adjectif (un peu vague certes) qui convient le mieux à cette série. Le pilote l’était. Et il le fallait bien, car une série dont le il est le plus cher de l’histoire, dont les créateurs ne sont rien moins que J.J. Abrams, le réalisateur le plus en vogue du moment (créateur de Lost et d’Alias, réalisateur de Star Trek et M:I 3) et Alex Kurtzman et Roberto Orci (Star Trek, M:I 3, Alias) les deux scénaristes les plus demandés à Hollywood, est forcément attendue, le dos tourné vers la critique.

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C’est l’histoire…d’un agent du FBI, Olivia Dunham (Anna Torv, parfaite). Dans le cadre d’une enquête au sein d’une unité commandé par l’agent Phillip Broyles (Lance Reddick, immense – Lost, The Wire, Oz) et composé notamment de l’agent Charlie Francis (Kirk Acevedo, impeccab’ – Oz, Band Of Brothers) et d’informaticiens, investigateurs, qui travaillent (et font pas semblant comme des figurants de James Bond ou 24), elle est amenée à faire équipe avec Walter Bishop (John Noble, brillant (va-t-il me rester assez d’adjectifs qualificatifs?)) et son fils, Peter (Joshua Jackson – Dawson (oui là ça le fait un peu moins comme c.v.)), aidée pour cela de l’agent Astrid Farnsworth (Jasika Nicole (merci IMDb)). Pourquoi me demanderez-vous? Et bien tout simplement parce que Walter est le seul qui peut expliquer le bordel ambiant et sauver la situation (je reste vague pour ceux à qui ça donnerait envie, voyez). Étant interné dans un h.p. (oui parce que Walter, c’est un savant fou, mais pour de vrai), seul son fils peut légalement le faire sortir. Le fils en question est un mec cool mi-truand, mi-génie (oui) à qui on demande de jouer les gardes-chiourmes en échange d’un nouveau casier. Sans trop vous dévoiler ce qui se passe dans le pilote, mais étant donné que c’est le héros masculin, il va prévisiblement s’incruster le Peter, il a un complexe œdipien à régler (et Joshua ‘Pacey’ Jackson, il s’en tire vraiment pas mal, et l’âge semble l’avoir transformé en look-alike de Clooney) et surtout un daron lunatique à surveiller (et dans ce registre casse-gueule, Noble est terrible, entre outrance et justesse), dans une histoire qui dépasse tout le monde et nous attire dans une sombre affaire d’expériences de “fringe science” (=science paranormale), de Bill Gates diabolique, de bras bionique, de chauve subliminal, et de signes étranges à chaque coupure pub (va comprendre Charles)…

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Ce qui frappe en premier dans Fringe, et pour quelqu’un comme moi qui porte un regard attentif à la qualité de la mise en scène, c’est bien la putain de maitrise et d’excellence de la putain de mise en scène. Et croyez la parole d’un expert, c’est rare, vraiment rare. Parmi les séries les mieux réalisées, je compte toutes les séries HBO et Showtime, et seulement 24 - et Fringe donc – pour ce qui est des networks. Certes il y en a d’autres, parfois même assez atypiques dans leur forme (The Shield, Southland, Mad Men, Arrested Development parmi d’autres), mais si vous pensez à Heroes qui, comme beaucoup de séries mal réalisées, sont superbement photographiées, c’est parce que c’est justement le propre d’une série aujourd’hui de jouir de la compétence de directeurs de la photo et d’ingés lumière qui la soigne de la même façon qu’un film. Là où les réalisateurs de séries télés (sans personnalité), contrairement aux réalisateurs de cinéma (un style, un ton, un rythme) travaillent avec autant de professionnalisme mais cent fois moins d’instinct de mise en scène. Bien sur, un réalisateur de film a tout son temps pour laisser cours à son imagination, et peut dépasser un budget, et prendre du retard. Pour les séries télés, avec leurs tournages, leurs délais, leur cohérence visuelle, c’est autre chose. Mais au final ce qui compte c’est le résultat.

Le truc avec Fringe, c’est cette caractéristique quasi-métaphysique (là je m’emporte mais suivez mon raisonnement jusqu’au bout)  ce je-ne-sais-quoi qui la rend cinématographique, au sens où, de la même manière que 24, elle possède un cachet, une envergure telle, que comme Star Trek ou The Dark Knight (par exemple), que ce soit sur un LCD full HD de 116 cm ou un tube cathodique de 20 cm, qu’on l’ait vu ou pas sur grand écran (ça vaut mieux dans les deux cas) on sait que c’est un film, ça a la gueule d’un film, ça a l’odeur d’un film (vous connaissez la suite). Fringe n’est pas un film, projeté dans une salle de cinéma (it’d be awesome though) mais possède ce truc, que ni Mad Men, ni même Deadwood ne possèdent tant on sent derrière l’image léchée, les décors magnifiés, l’absence de créativité d’un artiste. Je ne dis pas que ces séries sont mal foutues, les réalisateurs aux commandes sont des personnes capables (surtout en ce qui concerne Les Sopranos ou Dexter), mais de simples artisans. La mise en scène de The Wire, par exemple, est parfaite, au sens où elle épouse parfaitement le fond (ça donne un truc tellement immense que je crois que la critiquer est pour moi impossible et pour vous aussi (20 pages sinon rien)). Mais de par son format, elle n’entre pas dans le même univers que Fringe, ses plans ingénieux, sa photographie somptueuse, ses cadres aux compositions sobres mais élégantes au possible, et ses effets spéciaux incroyables ; ou celui de 24, et la facture remarquable des scènes d’actions, l’investissement stakhanoviste de son héros-acteur, la puissance de sa photographie brute et sa réalisation instinctive, qui les rendent respectivement impressionnantes, et qui leur donne la touche d’un film.

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Fringe donc, est une série à la plastique de rêve. Et ça aide, surtout avec des tares comme la comparaison systématique avec X-Files, qui bien sûr est LA série culte, LA série paranormale, LA série qui a cogné du poing sur la table pour dire: “Qu’est-ce que le cinéma a de plus que moi?!” et qui y a répondu avec panache “Réponse… : rien.” mais qui date d’il y a plus de 15 ans enfin les enfants! Surtout que Fringe ne renie pas ses origines, elle est clairement la descendante de sa grande sœur, entre les clins d’œil, et surtout, fait plus trippant, la continuité, qui ferait presque de Fringe une suite “officieuse” (mot prononcé 2683 fois dans X Files par ailleurs), mettant en scène des personnages pris dans le feu d’une conspiration fantastico-scientifico-ésotérique. Mais cette fois, les petits hommes verts seraient le sujet anecdotique d’un épisode, tandis que la télékinésie, la téléportation (“Energise!”),  les mondes parallèles (“Professeur…snif”) les mutations, les virus bactériologiques, les projections astrales et autres combustions spontanées entreraient dans le même “pattern” (le nom du complot dans la série), la même suite logique. Il y a même probablement un lien avec Lost, quelque part. Dans Fringe, le fantastique a en effet ce même côté quotidien, presque routinier, propre à l’autre série de JJ.

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Quoiqu’il en soit, ce season finale est tout simplement énorme, et là non, ce n’est pas de l’emphase gratuite. Vraiment, il s’agit du meilleur final de 2009, toutes séries confondues. Le pilote était prometteur, certains épisodes cartonnaient, mais le 20- à l’instar du 15e épisode de la saison 5 de Lost -, c’est la preuve qu’il s’agit là de la série de l’année, pour ceux qui aiment les mystères drapés dans des intrigues, cachés dans des questions. Cette fois-ci je vous rassure, les réponses sont données. Probablement la leçon qu’il fallait retenir de tes naufragés perdus dans le temps et l’espace JJ. Bien ouèj !

280110la vérité est ailleurs


Salut, j’suis un escroc

C’est avec l’esprit un peu coupable que je m’attaque à la chronique d’une série qui logiquement, après avoir capté mon attention et au vu de son succès, aurait mérité un papier dans ce blog, il y a des mois de ça.

Le fait est, que de par sa facture très classique (pas de quoi se taper le cul par terre niveau réalisation) et l’aspect très conventionnel de sa trame dramatique (un héros atypique, une héroïne et des seconds rôles tous excellents, des épisodes/enquêtes qui se succèdent, et en bonus un méchant serial killer en fil rouge de la saison), je me disais qu’il n’y avait pas là quelque chose de suffisamment exceptionnel pour en parler.

Et pourtant, force est de constater que The Mentalist explose les scores d’audience et donne à CBS une nouvelle raison de parier sur la série policière. C’est justement là le problème, a-t-on besoin d’une énième série policière ?

Rien d’intrinsèquement original chez le héros (bien qu’attachant et captivant) et rien d’original à l’histoire (bien qu’inédite pour une série télé, ça reste proche de Monk, Life ou Columbo ou même House.) et pourtant, vu ses qualités, la réponse serait oui (peut-être que ‘non’ serait une réponse plus justifiée, tant le genre est saturé, et qu’il y a plus original ailleurs, mais dans ce cas, ses qualités font que ‘oui’ est tout aussi légitime…)

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Patrick Jane (Simon Baker - Land Of The Dead) est donc un consultant qui officie pour une unité (CBI) commandée par l’agent Teresa Lisbon (Robin Tunney - Prison Break) composée des agents Cho (Tim Kang), Rigsby (Owain Yeoman - The Nine) et Van Pelt (Amanda Righetti – The OC). Alors qu’il était un médium réputé, et aidait la police à arrêter un serial killer surnommé Red John, ledit Red John avait massacré sa femme et sa fille, révolté qu’un escroc comme Jane puisse oser se mesurer à lui. Car oui, Jane ne possède comme seul don (ce qui est déjà pas mal, vu que c’est ce qui l’amène à être sur la piste du coupable bien avant le reste de son équipe) la capacité de voir ce que les autres ne voient pas, de déceler le petit détail qui tue et de manipuler le cerveau des gens. En gros il est la personnification des trucs que les pragmatiques suspectent chez les médiums.

Le pilote, écrit par Bruno Heller (créateur de la série, et de Rome quand même) est vraiment bon, je ne saurais que vous le conseiller, par curiosité (le 6 est pas mal si vous voulez capter un peu plus du perso et de l’ambiance de la série). Et, si le reste de la série nous emmène là où d’autres séries nous ont déjà emmené – dans les méandres psychologiques des américains violents -, l’attente d’un ultime face-à-face entre Jane et cette salope de Red John, a quelque chose de prenant, sans parler de l’humour dispersée au fil des intrigues, jouant sur le côté un peu décalé du héros, et du traitement des relations entre les différents protagonistes. Sans oublier les atouts charme de la série avec en tête (pour vous mesdames) Simon Baker – acteur originaire de Tasmanie (ça coute rien de le préciser même si on s’en cogne un peu) – qui rappelle la coolitude et la bogossitude d’un McQueen (mais oui) ou Owain Yeoman et sa classe typiquement anglaise, et leurs partenaires (pour vous messieurs), Robin Tunney et sa fossette magique, qui campe une enquêtrice dur à cuire (miaw) et Amanda Righetti, qui, malgré sa plastique (rrrrh), est à des années lumière de son rôle dans The OC et joue une nouvelle recrue coincée. Un des trucs très drôles vient d’ailleurs de la relation tendue entre elle et Rigsby, après que Jane ait pointé sans gène (un peu en mode enculé) la tension sexuelle entre eux dès le pilote, les obligeant à nier l’évidence et à se comporter comme de parfaits crétins lycéens.

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A quoi tient le succès d’une série, c’est tout compte fait assez arbitraire.

Prenons l’exemple d’un autre procedural de type loner, avec un héros suffisamment charismatique et atypique pour valoir à lui seul la création d’une série, Life m’avait charmée par la consistance des enquêtes, l’attraction des personnages secondaires et l’arc du héros, un policier enfermé pendant 14 ans pour un meurtre qu’il n’a pas commis et qui, une fois disculpé, et liberé, redevient flic, malgré une compensation plutôt généreuse, insignifiante vis-à-vis de ce que peut subir un flic pendant des années d’emprisonnement mais suffisante pour lui permettre de vivre une vie de millionnaire; avec deux obsessions, le “zen” et les fruits frais (et oui). Entre des enquêtes dans lesquelles il adopte sa nouvelle philosophie (ainsi que sa promo des ananas, des mangues, des oranges, des poires et des pommes), il se consacre à la recherche de ceux qui l’ont piégé. C’est un show passionnant, Damian Lewis (Band Of Brothers) est immense, Sarah Shahi (The L Word) est … waw, juste… mais aussi surprenante. Non vraiment Sarah Shahi c’est ça :

La photo est superbe, l’écriture, parfaite. Mais voilà, contrairement à The Mentalist, niveau audiences, c’est la lose, donc NBC n’a d’autre choix que d’annuler Life. Sa dernière chance, être rachetée par USA, mais ça a l’air assez compromis. Une chose est sure, cette série va me manquer, et si The Mentalist comble le vide laissé par Life, tant mieux. (Allez pour le kiff, je vous balance une promo, il n’est jamais trop tard)

Nanar Island

J’ai depuis quelques semaines déjà jeté un dévolu plutôt déviant sur une série dont vous avez peut-être entendu parler tant elle se fait malmener par la critique et par nombre de bloggers.

Il s’agit de Harper’s Island. Alors si c’est vrai que pour les puristes, il s’agirait plutôt d’un navet que d’un nanar, je m’attaque quand même à l’exercice de la chronique “à la” Nanarland.

Harper’s Island c’est donc le plaisir coupable, le péché mignon du moment, mais seulement si ‘mignon’ est associé non pas à un petit chaton qui miaule timidement, le poil duveteux et les yeux brillants, mais à un “Viens mon mignon” qu’une horrible prostituée de 50 ans grave à tout jamais dans l’inconscient d’un innocent garçon qui se rentre chez lui la nuit ivre en passant par ce que le jargon populaire nomme un coin à pute après une soirée légitimement arrosée. Pourtant le pilote est réussi, on ne peut d’ailleurs pas vraiment reprocher à Jon Turteltaub d’avoir mal réalisé le truc. La photo est nickel, les plans, le montage… Dans le registre pas effrayant mais gentiment angoissant, sexy et gore, ça marche, ce qui l’empêche d’être 100% nanar. On ne pourra pas se moquer d’un placement aléatoire de la caméra dans telle scène ou du montage à la hussarde de telle autre, pointer un raccord marrant ou un bruitage bidon, le jeu d’acteur pourri ou la photographie hideuse. Mais hélas ou plutôt heureusement ça se casse la gueule dès le deuxième épisode au niveau de l’intrigue, que les qualités plastiques de la série ne peuvent sauver du cataclysme. J’ai vu les 3 autres et on passe donc vite de la consternation à l’amusement, ce qui me fait dire que ce n’est pas juste naze mais c’est aussi un peu nanar.

Pour recadrer, le concept était “un épisode, un(des) meurtre(s)” ergo une victime et un suspect éventuel en moins sur la liste.
Mélange de soap très glissant et de film d’horreur estival qui fait dans le gore gentil et l’érotisme soft, l’intrigue s’attache donc à une bande de gens qui se rendent en bateau sur une île (non ce n’est pas un film de cette salope d’Uwe*) au large de Seattle pour un mariage, celui d’un fils de pêcheur et d’une fille de bonne famille (soappy donc). Ils sont nombreux. Bah ouais faut que ça tienne plus d’une saison donc la troupe de campeurs ou la clique d’adolescents, c’était pas possible…  Mais c’était sans compter sur la roublardise (qui passe souvent pour de la maitrise dans le cinéma hollywoodien) des scénaristes, qui au lieu de se fouler à faire un truc premier degré qui tient les promesses du concept et fout les jetons, piochent dans tout ce qui se fait ou s’est fait pour servir une sorte de Où Est Charlie? (si Charlie est un tic ou une idée du cinéma d’horreur des années ’90-’00) ce qui a pour conséquence de rendre prévisibles toutes les scènes “effrayantes” et par extension ratées donc drôles.
Comme c’est un mariage, qui plus est un mariage mixte (pauvre et riche, mais tous blancs rassurez vous, à une exception près), entre deux tourtereaux superbôs (la mariée est un lookalike de Megan Fox en moins white trash), les convives sont d’âges et de classes différentes. Ce qui laisse aux scénaristes la porte grande ouverte au “portnawak” (désolé pas pu m’empêcher). Un portnawak qui se déploie sur deux angles ceci-dit :

1) Les personnages
En vrac, on a donc la gosse flippante issue de Ring, du Sixième Sens, ou des Autres… L’héroïne flippée de l’histoire – dont la daronne s’est fait trucidé par le taré du coin, arrêté par le daron qui est, je vous le donne en mille, le shérif – et qui renvoie directement à Neve Campbell dans Scream. On a aussi son ex-petit ami – qui lui aussi rappelle par son physique avantageux mais vaguement malsain Skeet Ulrich dans le même film – et son pote violent (c’est le bouquet! Bouquet-mariage, non?). On a en bonus le papa riche (interprété par cette bonne tête de Richard Burgi), l’oncle du marié un peu chelou (le typecasté Harry Hamlin), le marié trop parfait pour être honnête (sauf que si il semble, à moins d’un twist complétement irréaliste), son frère un peu psycho, la belle-mère vénale, son amant, la sœur pète-sec, la pote mannequin, son petit ami anglais, son prétendant le surfeur, le gros (un Hurley-wannabe épatant dans le jeu outré et grimaçant), le binoclard, un prêtre, une voyante (!) et last but not least, LA caution (du film d’horreur j’ajouterai), l’afro-américain qui va forcement mourir, pas tout de suite quand même parce que bon… on pourrait se dire, “oh p***** les racistes!” Le fait est que, vu l’indigence de son rôle dans la partie soap, et l’inutilité du perso dans la trame horrifique (loin d’être suspect), il va, de toute façon, y passer très vite (en tout cas plus vite que d’autres)
Bref en gros on a tous les stéréotypes, et quand je dis stéréotype, c’est faible, car comme par hasard, le surfeur par exemple, (il fait peut-être pas de surf mais s’il est blond musclé et bronzé…) c’est un peu un enfoiré, parce que c’est bien connu, les mecs beaux blonds musclés et bronzés, les surfeurs quoi, c’est rien qu’une bande de poseurs, sympas mais vaniteux et forcement un peu méchants… Si certains épisodes tentent en vain de casser les stéréotypes en inventant des micro-intrigues (par ailleurs totalement ahurissante de connerie) on tombe dans l’incohérence sidérante : “Ah il pas juste gros, il est aussi immoral” ou “Ah elle est pas juste vénale, elle est aussi branchée SM” et enfin “ah elle est flippante, mais aussi un peu normale”. Exceptionnel. Du pur génie car une telle galerie de personnages permet un ‘mash-up’ de tous les registres horrifiques et dans le même temps annihile toute consistance pour lesdits persos qui changent de caractère au fil des épisodes suivant le sentiment que l’on veut créer chez le spectateur (suspicion, effroi, empathie, détestation…) .

2) L’intrigue
Problème. Un film de ce genre commence généralement gentiment ou du moins calmement, les jeunes sont saouls, beaux, jeunes et couverts par une mutuelle, et ils ont surtout envie de forniquer. Mais voilà, dans cette configuration (toujours la même) il y a automatiquement quelqu’un ou quelque chose (n’oublions pas les crocodiles, les requins, les mutants ou les aliens) pour leur faire perdre l’envie d’attraper des MST. Bref ça commence au soleil, près d’un lac ou d’une piscine, et ça se termine la nuit, dans la brutalité la plus extatique, tandis que la femme survit, fatiguée, harassée mais vivante, porteuse de l’espoir de l’humanité, donc sexiste et féministe aussi (!) et le soleil se lève, et “tout est terminé, tout ira beaucoup mieux maintenant”. Mais voilà, c’est jubilatoire justement parce que c’est basique mais aussi parce que ça tient quand même un peu la route, à l’instar d’un La Colline A Des Yeux de Aja ou d’un Massacre A la Tronçonneuse de Hooper, où on imagine difficilement les protagonistes tomber deux fois dans le même panneau, ou s’arrêter entre deux meurtres de leurs parents et amis pour flirter nonchalamment ou encore faire griller des merguez et vider des binchs. Et c’est justement là que se trouve l’idée involontairement comique de L’Ile d’Harper, c’est qu’à chaque épisode tout recommence.

Parce que voilà, si ils avaient eu au minimum la conscience professionnelle, au mieux la prétention artistique de faire quelque chose avec la forme sérielle et le genre horrifique ; de faire en sorte que comme dans 24 – qui a certes recours à des trucs et astuces un brin grillés – le spectateur se laisse berner jusqu’à être au bord des nerfs ; ça aurait pu marcher. Mais c’est sans compter sur la connerie de cette joyeuse bande de fumistes, qui se sont dit “faisons comme si on était à la fois au commandes d’un soap à la Beverly Hills et d’un slasher à la Souviens-toi L’été Dernier et pour le reste, on n’a qu’à faire comme au cinéma, chaque épisode est un sequel et pis v’alà!”. Même contrebalancées par moment par quelles bonnes scènes, bien jouées, que ce soit dans la veine comique ou la veine sentimentale, les facilités scénaristiques, les poncifs éculés, mis en relief par des acteurs pas forcément aidés par les situations ridicules, qui n’arrivent donc pas à être crédibles, c’est juste drôle. En fait c’est comme si il y avait un pacte entre les différents protagonistes, une omerta (parce qu’il ont lu le script) qui leur fait jouer l’inconséquence négationniste à la Sara Forestier dans Humains (un bien bô nanar c’ui-ci). Ce qui tend forcement à les faire passer pour de sombres crétins inconscients qui vont finir broyés, noyés, éventrés, plantés, étouffés, décapités, étripés ou bien pendus. Alors que déjà ils devraient se rendre compte que y’a des gens qui manquent à l’appel et donc foutre le camp de là.
Un exemple.
Un des personnages s’est fait pendre par le tueur, et c’est l’héroïne qui a trouvé le corps (avec force flash backs sur la vision de sa mère pendue à un arbre 20 ans auparavant), soit disant un suicide. Vu que la corde est nouée (pour l’effet saisissant du corps se balançant comme un lustre) à une poutre à 3 mètres au dessus du sol, c’est pas super évident. Mais passons, nous sommes tout de même en droit d’attendre, dans les épisodes suivants, de l’héroïne qu’elle nous fasse un nervous breakdown ou soit un minimum touché par la mort de sa pote, survenue 24 heures plus tôt. Mais non, il fait jour donc on peut flirter avec son ex pendant que peut-être un tueur rode, on aura tout le temps de se mettre en mode j’ai-peur-dans-les-bois quand la nuit sera tombée, mais là c’est tranquille.

Et ça n’est pas tout, plein d’autres idées tordues dont les auteurs ont le secret viennent exciter le cerveau malade des amateurs de mauvais films sympathiques, dont la substantifique moelle réside dans les meurtres qui laissent planer la surprise. Sera-t-il aussi ridicule que l’imprudent qui se fait défourailler la mâchoire en actionnant par l’ouverture du coffre d’un bateau la gâchette d’un fusil de chasse reliée à un fil (!) ou sera-t-il aussi cool que le mec coincé entre les planches d’un pont de bois, que le tueur découpe en deux avec forces bruitages cradingues et acting au poil. Ainsi, d’épisodes en épisodes, la moyenne nanarde oscille. Imaginez non pas une heure mais des heures de slasher, voguant aussi bien dans les eaux marécageuses du navet que dans la mer calme du blockbuster pour couler dans les profondeurs abyssales du nanar, dans lesquelles les personnages risibles (dont la durée de vie est du coup étirée) qu’on veut voir crever, sont enfin éliminés aussi arbitrairement que des pistaches dans un sachet, jusqu’à ce que seules les plus récalcitrantes restent dans le sac et attendent notre courage pour les attaquer, ou qui par dépit sont jetées avec le reste.

* double référence ici puisque je parle du réalisateur de House Of The Dead, qui démarre sur la même prémisse, Uwe Boll, que je traite de s***** (rassurez-vous il le mérite) à la manière d’un des personnages du film Femmes En Cage - un des films les plus vulgaires de tous les temps – chroniqué sur nanarland.com)

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Et oui c’est fini, et c’est triste, mais drôle aussi.

Hé je viens d’faire un haiku !

La série reprend l’an prochain en fait, mais avec un cast différent. Adieu JD.

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