Fringe – Finale de la Saison 1 – There’s More Than One of Everything

Voilà, là, il fallait que je m’attaque à ce qui est, (ça ne tient qu’à moi) LA série de la rentrée 2008/2009 : FRINGE (en majuscule et tout) et ce vingtième épisode s’avère être une excellente excuse.

Immédiatement après son visionnage, il fallait que je lâche mes impressions, mes sentiments, sans attendre (prenez donc avec précaution les mots que je tape frénétiquement sur mon clavier -antédiluvien- mais)… cet épisode est une bombe. Et ce pour 5 raisons :

1) pour le bras cyborg de cette salope de Nina Sharp…

2) pour entendre Kirk Acevedo dire : “Like Dorothy in Oz” (ça s’adresse aux fans de Oz, mais c’est juste le genre d’inside joke auquel ces petits génies de Alex Kurtzman et Roberto Orci nous ont habitué, notamment dans Star Trek (la matière rouge de Alias), best Blockbuster in 2009 so far btw…

3) pour la scène entre Peter et Walter dans la maison sur la plage, émouvante, juste, et véritablement climatique après une saison de tension, de colère rentrée et de sentiments inavoués entre père et pils…

4) pour la mort gore de cette salope (vous vous y habituerez, vous verrez, bientôt j’aurais même plus besoin d’italiques) de David Robert Jones…

5) et surtout (oh my f-ing god) surtout, pour la fin… je n’en dis pas plus, mais putain ce que Leonard Nimoy est en forme malgré ses 75 ans. Ne me haïssez point, son nom est dans le générique.

Saisissant, je crois que c’est l’adjectif (un peu vague certes) qui convient le mieux à cette série. Le pilote l’était. Et il le fallait bien, car une série dont le il est le plus cher de l’histoire, dont les créateurs ne sont rien moins que J.J. Abrams, le réalisateur le plus en vogue du moment (créateur de Lost et d’Alias, réalisateur de Star Trek et M:I 3) et Alex Kurtzman et Roberto Orci (Star Trek, M:I 3, Alias) les deux scénaristes les plus demandés à Hollywood, est forcément attendue, le dos tourné vers la critique.


C’est l’histoire…d’un agent du FBI, Olivia Dunham (Anna Torv, parfaite). Dans le cadre d’une enquête au sein d’une unité commandé par l’agent Phillip Broyles (Lance Reddick, énorme – Lost, The Wire, Oz) et composé notamment de l’agent Charlie Francis (Kirk Acevedo, impeccab’ – Oz, Band Of Brothers) et d’informaticiens, investigateurs, qui travaillent (et n’ont pas l’air de faire semblant comme des figurants de James Bond ou 24), elle est amenée à faire équipe avec Walter Bishop (John Noble, immense (va-t-il me rester assez d’adjectifs qualificatifs?)) et son fils, Peter (Joshua Jackson – Dawson (oui là ça le fait un peu moins comme c.v.)), aidée pour cela de l’agent Astrid Farnsworth (Jasika Nicole (merci IMDb)). Pourquoi me demanderez-vous? Et bien tout simplement parce que Walter est le seul qui peut expliquer le bordel ambiant et sauver la situation (je reste vague pour ceux à qui ça donnerait envie, voyez). Étant interné dans un h.p. (oui parce que Walter, c’est un savant fou, mais pour de vrai), seul son fils peut légalement le faire sortir. Le fils en question est un mec cool mi-truand, mi-génie (oui) à qui on demande de jouer les gardes-chiourmes en échange d’un nouveau casier. Sans trop vous dévoiler ce qui se passe dans le pilote, mais étant donné que c’est le héros masculin, il va prévisiblement s’incruster le Peter, il a un complexe œdipien à régler (et Joshua ‘Pacey’ Jackson, il s’en tire vraiment pas mal, et l’âge semble l’avoir transformé en look-alike de Clooney) et surtout un daron lunatique à surveiller (et dans ce registre casse-gueule, Noble est terrible, entre outrance et justesse), dans une histoire qui dépasse tout le monde et nous attire dans une sombre affaire d’expériences de “fringe science” (=science paranormale), de Bill Gates diabolique, de bras bionique, de chauve subliminal, et de signes étranges à chaque coupure pub (va comprendre Charles)…

Ce qui frappe en premier dans Fringe, et pour quelqu’un comme moi qui porte un regard attentif à la qualité de la mise en scène, c’est bien la putain de maitrise et d’excellence de la putain de mise en scène. Et croyez la parole d’un expert, c’est rare, vraiment rare. Parmi les séries les mieux réalisées, je compte toutes les séries HBO et Showtime, et seulement 24– et Fringe donc – pour ce qui est des networks. Certes il y en a d’autres, parfois même assez atypiques dans leur forme (The Shield, Southland parmi d’autres), mais si vous pensez à Heroes qui, comme beaucoup de séries mal réalisées, sont superbement photographiées, c’est parce que c’est justement le propre d’une série aujourd’hui de jouir de la compétence de directeurs de la photo et d’ingés lumière qui la soigne de la même façon qu’un film. Là où les réalisateurs de séries télés (sans personnalité), contrairement aux réalisateurs de cinéma (un style, un ton, un rythme) travaillent avec davantage de professionnalisme mais cent fois moins d’instinct de mise en scène. Parce que bien sur, un réalisateur de film a tout son temps pour laisser cours à son imagination, et peut dépasser un budget, et prendre du retard. Pour les séries télés, avec leurs tournages, leurs délais, leur cohérence visuelle, c’est autre chose. Mais au final ce qui compte c’est le résultat.

Le truc avec Fringe, c’est cette caractéristique quasi-métaphysique (là je m’emporte mais suivez mon raisonnement jusqu’au bout)  ce je-ne-sais-quoi qui la rend cinématographique, au sens où, de la même manière que 24, elle possède un cachet, une envergure telle, que comme Star Trek ou The Dark Knight (par exemple), que ce soit sur un LCD full HD de 116 cm ou un tube cathodique de 20 cm, qu’on l’ait vu ou pas sur grand écran (ça vaut mieux dans les deux cas) on sait que c’est un film, ça a la gueule d’un film, ça a l’odeur d’un film. Fringe n’est pas un film, projeté dans une salle de cinéma (it’d be awesome though) mais possède ce truc, que ni Mad Men, ni même Deadwood ne possèdent. On sent derrière l’image léchée, les décors magnifiés, l’absence de créativité d’un artiste. Je ne dis pas que ces séries sont mal foutues, les réalisateurs aux commandes sont des personnes capables (surtout en ce qui concerne Les Sopranos ou Dexter), mais de simples artisans. La mise en scène de The Wire, par exemple, est parfaite, au sens où elle épouse parfaitement le fond (ça donne un truc tellement immense que je crois que la critiquer est pour moi impossible et pour vous aussi (20 pages sinon rien)). Mais de par son format, elle n’entre pas dans le même univers que Fringe, sa photographie somptueuse, ses cadres travaillés, aux compositions sobres mais ingénieuses, et ses effets spéciaux remarquables ; ou celui de 24, et la facture de ses scènes d’actions, l’investissement stakhanoviste de son héros-acteur, l’impact de sa photographie brute et de sa réalisation instinctive, qui les rendent respectivement impressionnantes, et qui leur donne la ‘touche’ d’un film.

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Fringe donc, est une série à la plastique de rêve. Et ça aide, surtout avec des tares comme la comparaison systématique avec X-Files, qui bien sûr est LA série culte, LA série paranormale, LA série qui a cogné du poing sur la table pour dire: “Qu’est-ce que le cinéma a de plus que moi?!” et qui y a répondu “Réponse… : rien.” mais qui date d’il y a plus de 15 ans enfin les enfants ! Surtout que Fringe ne renie pas ses origines, elle est clairement la descendante de sa grande sœur, entre les clins d’œil, et surtout, fait plus trippant, la continuité, qui ferait presque de Fringe une suite “officieuse” (mot prononcé 2683 fois dans X Files par ailleurs), mettant en scène des personnages pris dans le feu d’une conspiration fantastico-scientifico-ésotérique. Mais cette fois, les petits hommes verts seraient le sujet anecdotique d’un épisode, tandis que la télékinésie, la téléportation (“Energise!”),  les mondes parallèles (“Professeur…snif”) les mutations, les virus bactériologiques, les projections astrales et autres combustions spontanées entreraient dans le même “pattern” (le nom du complot dans la série), la même suite logique. Il y a même probablement un lien avec Lost, quelque part. Dans Fringe, le fantastique a en effet ce même côté quotidien, presque routinier, propre à l’autre série de JJ.



Quoiqu’il en soit, ce season finale était énorme, et là non, ce n’est pas de l’emphase gratuite (enfin un p’tit peu quand même.) Vraiment, il s’agit du meilleur final de 2009, toutes séries confondues. Le pilote était prometteur, certains épisodes cartonnaient, mais le 20 – à l’instar du 15e épisode de la saison 5 de Lost -, c’est la preuve qu’il s’agit là de la série de l’année, pour ceux qui aiment les mystères drapés dans des intrigues, cachés dans des questions. Cette fois-ci je vous rassure, les réponses sont données. Probablement la leçon qu’il fallait retenir de tes naufragés perdus dans l’espace-temps, hein JJ ?



La vérité est ailleurs

2 thoughts on “Fringe – Finale de la Saison 1 – There’s More Than One of Everything”

  1. J’ai maté le pilote. Sympa. Je me retrouvais devant les X Files 10 ans en arrière.

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