The Mentalist


Salut, j’suis un escroc

C’est avec l’esprit un peu coupable que je m’attaque à la chronique d’une série qui logiquement, après avoir capté mon attention et au vu de son succès, aurait mérité un papier dans ce blog, il y a des mois de ça.

Le fait est, que de par sa facture très classique (pas de quoi se taper le cul par terre niveau réalisation) et l’aspect très conventionnel de sa trame dramatique (un héros atypique, une héroïne et des seconds rôles tous excellents, des épisodes/enquêtes qui se succèdent, et en bonus un méchant serial killer en fil rouge de la saison), je me disais qu’il n’y avait pas là quelque chose de suffisamment exceptionnel pour en parler.

Et pourtant, force est de constater que The Mentalist explose les scores d’audience et donne à CBS une nouvelle raison de parier sur la série policière. C’est justement là le problème, a-t-on besoin d’une énième série policière ?

Rien d’intrinsèquement original chez le héros (bien qu’attachant et captivant) et rien d’original à l’histoire (bien qu’inédite pour une série télé, ça reste proche de Monk, Life ou Columbo ou même House.) et pourtant, vu ses qualités, la réponse serait oui (peut-être que ‘non’ serait une réponse plus justifiée, tant le genre est saturé, et qu’il y a plus original ailleurs, mais dans ce cas, ses qualités font que ‘oui’ est tout aussi légitime…)

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Patrick Jane (Simon Baker – Land Of The Dead) est donc un consultant qui officie pour une unité (CBI) commandée par l’agent Teresa Lisbon (Robin Tunney – Prison Break) composée des agents Cho (Tim Kang), Rigsby (Owain Yeoman – The Nine) et Van Pelt (Amanda Righetti – The OC). Alors qu’il était un médium réputé, et aidait la police à arrêter un serial killer surnommé Red John, ledit Red John avait massacré sa femme et sa fille, révolté qu’un escroc comme Jane puisse oser se mesurer à lui. Car oui, Jane ne possède comme seul don (ce qui est déjà pas mal, vu que c’est ce qui l’amène à être sur la piste du coupable bien avant le reste de son équipe) la capacité de voir ce que les autres ne voient pas, de déceler le petit détail qui tue et de manipuler le cerveau des gens. En gros il est la personnification des trucs que les pragmatiques suspectent chez les médiums.

Le pilote, écrit par Bruno Heller (créateur de la série, et de Rome quand même) est vraiment bon, je ne saurais que vous le conseiller, par curiosité (le 6 est pas mal si vous voulez capter un peu plus du perso et de l’ambiance de la série). Et, si le reste de la série nous emmène là où d’autres séries nous ont déjà emmené – dans les méandres psychologiques des américains violents -, l’attente d’un ultime face-à-face entre Jane et cette salope de Red John, a quelque chose de prenant, sans parler de l’humour dispersée au fil des intrigues, jouant sur le côté un peu décalé du héros, et du traitement des relations entre les différents protagonistes. Sans oublier les atouts charme de la série avec en tête (pour vous mesdames) Simon Baker – acteur originaire de Tasmanie (ça coute rien de le préciser même si on s’en cogne un peu) – qui rappelle la coolitude et la bogossitude d’un McQueen (mais oui) ou Owain Yeoman et sa classe typiquement anglaise, et leurs partenaires (pour vous messieurs), Robin Tunney et sa fossette magique, qui campe une enquêtrice dur à cuire (miaw) et Amanda Righetti, qui, malgré sa plastique (rrrrh), est à des années lumière de son rôle dans The OC et joue une nouvelle recrue coincée. Un des trucs très drôles vient d’ailleurs de la relation tendue entre elle et Rigsby, après que Jane ait pointé sans gène (un peu en mode enculé) la tension sexuelle entre eux dès le pilote, les obligeant à nier l’évidence et à se comporter comme de parfaits crétins lycéens.

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A quoi tient le succès d’une série, c’est tout compte fait assez arbitraire.

Prenons l’exemple d’un autre procedural de type loner, avec un héros suffisamment charismatique et atypique pour valoir à lui seul la création d’une série, Life m’avait charmée par la consistance des enquêtes, l’attraction des personnages secondaires et l’arc du héros, un policier enfermé pendant 14 ans pour un meurtre qu’il n’a pas commis et qui, une fois disculpé, et liberé, redevient flic, malgré une compensation plutôt généreuse, insignifiante vis-à-vis de ce que peut subir un flic pendant des années d’emprisonnement mais suffisante pour lui permettre de vivre une vie de millionnaire; avec deux obsessions, le “zen” et les fruits frais (et oui). Entre des enquêtes dans lesquelles il adopte sa nouvelle philosophie (ainsi que sa promo des ananas, des mangues, des oranges, des poires et des pommes), il se consacre à la recherche de ceux qui l’ont piégé. C’est un show passionnant, Damian Lewis (Band Of Brothers) est immense, Sarah Shahi (The L Word) est … waw, juste… mais aussi surprenante. Non vraiment Sarah Shahi c’est ça :

La photo est superbe, l’écriture, parfaite. Mais voilà, contrairement à The Mentalist, niveau audiences, c’est la lose, donc NBC n’a d’autre choix que d’annuler Life. Sa dernière chance, être rachetée par USA, mais ça a l’air assez compromis. Une chose est sure, cette série va me manquer, et si The Mentalist comble le vide laissé par Life, tant mieux. (Allez pour le kiff, je vous balance une promo, il n’est jamais trop tard)

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