True Blood – Premiere de la Saison 2 – Nothing But The Blood

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I’m gonna do bad things to you.

L’été est résolument la saison propice à True Blood, et son atmosphère moite et torride. Clairement, cette année, après une première saison épatante, la nouvelle série de Alan Ball, plus légère et plus foutraque que le chef d’œuvre de densité et de sensibilité qu’était Six Feet Under, prenait certes une direction bien différente, mais sans toutefois se départir de la virtuosité et de la thématique qui caractérisent leur auteur, déjà responsable de American Beauty.

Car derrière son côté à priori frivole se cache la même obsession existentielle pour l’humain face aux traumatismes émotionnels. Dans True Blood, ils sont poussés à un degré horrifique assez élevé, mais que la trivialité du genre parvient à défaire. Ici, il s’agit davantage de traumatismes physiques. Alan Ball n’avait simplement pas envie de redonner dans le truc long et pénible, de décortiquer les relations entres hommes, femmes, hommes, parents, enfants. Ce qui l’intéresse ici est de se jouer de l’absolue complaisance pour le sexe et la violence, de les mêler l’un à l’autre. Et le résultat est parfois assez excellent.

C’est l’histoire d’une jeune télépathe nommée Sookie (Anna Paquin, X Men), gagnant sa vie comme serveuse dans un rade – le Merlotte’s, tenu par un animingus (Sam Trammell)-, qui s’amourache de Bill, un vampire (Stephen Moyer), et se retrouve au cœur d’une histoire de meurtres en série dans sa petite ville de Bon Temps, en Louisiane. Pendant ce temps, à un échelon national – probablement mondial – les vampires sont “sortis du cercueil” et sont devenus les parias de la société, plus ou moins à raison car si tous restent quand même l’espèce déclassant l’homme dans la chaine alimentaire, certains sont franchement nuisibles pour sa santé, tandis que la plupart tentent de s’intégrer, malgré le racisme en vigueur. Ce fait établi entraine une résurgence des sectes (tendance droite chrétienne bigote) prônant – je paraphrase – la destruction de la race vampire dans un combat du Bien (les hommes) contre le Mal (les vampires), représenté par une ligue de protection vampire dont la figure de proue est une bcbg aux dents longues (facile) dont les motivations restent floues. La réalité est un brin plus compliqué. Comme il existe des hommes bons ou qui essayent de l’être dans une société en crise, et des rednecks racistes et psychotiques, il existe aussi des vampires ascètes – se sustentant grâce à de l’hémoglobine de synthèse disponibles dans le commerce – et des suceurs de sang  farouchement accrochés à leur mode de vie ancestral, c’est à dire tuer et partouzer, tel les anciens amis de Bill, menés par Eric, leader charismatique s’il en est (Alexander Skarsgård, Generation Kill).

Alors oui, avec Twilight, il y a comme une mode qui règne en ce moment à Hollywood. Mais ici, il ne s’agit pas de romance en plastique avec des beaux jeunes gens et des belles jeunes filles en mousse vivant dans un monde “emo” et aseptisé et qui se pâment dans des bosquets enchantés. Non. Dans True Blood, on est en plein dans la série B, avec un contexte pseudo-socio-politique servant de parabole et une ambiance étouffante, que le sud des États-Unis met merveilleusement en relief, et ça baise, ça trucide, parce qu’on est sur HBO et qu’on peut le faire. Il y a, selon moi, un peu de Veronica Mars (sans le foutre et le sang) dans la première saison, avec son héroïne blonde, sexy et délurée (Anna Paquin et son accent insupportable peinent tout de même à égaler Kristen Bell et sa verve sarcastique) mais surtout son enquête déconstruite qui s’achève dans le dernier épisode par un twist grand-guignolesque quoique décemment flippant, suivi d’un traditionnel cliffhanger.

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Voilà, on reprend les mêmes et on recommence(?) La formule pourrait en effet se prouver dans cette seconde saison, bien que l’on semble nous faire le coup de la nouvelle intrigue – rappelez-vous, Lafayette est attaqué, et Sookie et Tara et Bellefleur trouvent un corps dans la caisse du dernier – avec une cave glauque, et un corps identifié et prétexte à une nouvelle enquête (je ne spoilerais pas). La saison deux de Veronica Mars s’ouvrait un peu de la même manière. Le défi pour Rob Thomas, après que le meurtrier de Lilly ait été découvert, était de nous donner envie de suivre les aventures de son héroïne dans une nouvelle intrigue. Il avait réussi, grâce à une histoire radicalement différente et ce aussi grâce à sa culture de films des années 80 impulsée dans son écriture (les one liners qui font mouche, les sous entendus olé-olé) et ses personnages. Veronica Mars gravitait autour de lycéens attardés, amoureux, ou dangereux, de parents inquiets ou de policiers déficients, mais somme toute attachants, l’ambiance était vraiment plaisante, les dialogues géniaux, et les personnages – et leurs acteurs respectifs – superbes. Cette série me manque…

Si Alan Ball trouait des culs à chaque épisode de Six Feet Under (no pun intended…well maybe), il n’est pas toujours à son top avec True Blood. Ses personnages, du à l’interprétation sans faille, sont TOUS incroyablement attachants, à l’exception de son héroïne, qui est ou vraiment adorable ou agaçante au possible, ce qui est quand même un problème de taille. Si Anna Paquin et son jeu d’actrice ne sont pas vraiment à remettre en cause, les dialogues bien que maitrisés, sont par instants intenables, à l’image des circonvolutions “j’t’aime-j’t’aime p’us” entre Sookie et son suce-veine, qui commencent sérieusement à fatiguer. Espérons que ce qui nous est servi dans ce registre dans cet épisode en est le point final ! Reste que notre affection pour les personnages nous amène à découvrir a) si notre ami homosexuel va pourrir dans sa cave ou servir d’amuse-bouche à Eric  b) si notre amie barmaid/bombe sexuelle va découvrir qui est la femme mystérieuse qui l’a pris sous son aile c) si Bill va pousser sa protégée du côté obscure ou la garder dans le droit chemin d) si notre frangin préféré va enfin se décider à faire fonctionner ses ‘euronnes avant qu’il ne soit trop tard. Vous vous souvenez quand j’ai dit que je spoilerais pas, J’ai menti.

Je pourrais dire aux plus cyniques que c’est une série qui prend son temps (après tout on est sur HBO) et que la première saison avait elle aussi commencé doucement, que la deuxième saison semble reprendre là où elle avait laissée les choses dans la saison un et enrichir sa mythologie. Mais aux pragmatiques (dont je fais partie) je dirais qu’en comparaison, The Wire ou The Sopranos n’ont jamais accusé de coup de fatigue, et ne comprennent littéralement aucun mauvais épisode. Que le truc avec True Blood, c’est qu’en dehors de ses scènes de cul et son ambiance vraiment réussie, de ses bains de sang et des ses personnages atypiques, les épisodes ne racontent pas grand chose, et un coup sur l’accélérateur ne serait pas un luxe. La série pourrait en effet s’assurer de parfaire ses scénarios, surtout quand il s’agit d’une série dotée du remarquable matériau de base que sont les romans de Charlaine Harris. Il va donc falloir attendre quelques épisodes avant de retrouver ce qui nous a peu à peu captivé dans True Blood. A l’instar de son générique, probablement le meilleur générique – Bad Things de Jace Everett – de toute l’histoire de la série télé, la série est quoique l’on puisse dire, suffisamment originale pour ne pas se laisser faire.

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