Psych

Mes amis, voici une des séries les plus addictives qu’il m’ait été donné de voir. Je suis dans un tel état de manque (4 jours depuis la vision du dernier épisode de la saison 3 !) que je suis à deux doigts de me remater la première. Et bien que dévorer 47 épisodes – soit 3 saisons – en une semaine ne soit pas un record pour votre serviteur, c’est réellement les qualités de Psych qui en ont fait plus qu’un simple passe-temps quand la météo fait de la merde, mais bel et bien LA série estivale par excellence. Le genre de série suffisamment maligne et stylée pour décomplexer le spectateur qui s’en voudrait de la regarder, mais aussi suffisamment légère pour ne pas avoir à trop se prendre la tête. La série est diffusée sur USA, une chaine du câble plus connue pour ses rediffs de séries de merde que pour son originalité, avant qu’elle ne se distingue en produisant Monk puis Burn Notice.

Ayant vu un épisode à la télé qui ne m’avait pas vraiment convaincu, je décidai de me rattraper et dans sa version originale cette fois. Et clairement, Psych est un cas d’étude. Cette série ne doit être vue qu’en VO. Le nombre de références, et la force de l’interprétation de son duo d’acteurs rendent l’idée même de l’exploitation de cette série dans un doublage français (Enquêteur Malgré Lui (!)) absolument imbécile.

Psych raconte les mésaventures de Shawn Spencer (James Roday) un détective privé à qui la police de Santa Barbara fait appel pour ses dons médiumniques. Assisté de son sidekick/meilleur ami Gus (énorme Dulé Hill, The West Wing), qui a par ailleurs un autre boulot en tant que VRP pour des produits pharmaceutiques, Spencer prête ses pouvoirs à l’inspecteur Carlton Lassiter (Timothy Omundson, Deadwood) et sa partenaire, Juliet O’Hara (Maggie Lawson), sous les ordres du chef de la SBPD, Karen Vikk (Kirsten Nelson). Le twist, c’est que Shawn est aussi médium que Paco Rabanne. Mais grâce, ou à cause, d’un père policier (Corbin Bernson) qui lui a tout appris enfant, il possède des dons d’observation et de déduction hors du commun. Mais parce qu’il ne veut pas être le flic que son père a toujours rêvé qu’il devienne, il fait semblant d’avoir des visions, ce qui laisse carte blanche à Roday pour cabotiner comme un Pierre Tremblay crackomane.

C’est dans le jeu de Roday ainsi que dans la dérision ambiante, en premier lieu, que dérive la série – à la base policière, comme un contrepoint aux histoires de meurtres, empêchant la série de tomber, comme Medium, dans un premier degré paranormal fumeux et chiant. Mais en second lieu, c’est justement dans la référence (et particulièrement dans la référence “obscure” comme le dirait Lassiter) qu’elle se noie. En effet après quelques épisodes, les quelques clins d’oeil à CHiPS ou à Supercopter, à Judd Nelson et à Rae Dawn Chong, parsemés ça et là se sont non seulement multipliés, mais transformés en une sorte de mitraillage incessant et quelque peu ésotérique. Des citations de dialogues de films (de Good Will Hunting à Pretty In Pink) aux allusions à la pop culture des années 80 et 90, tout y passe…

Il y a quelque chose d’infiniment satisfaisant dans le fait de les relever, et de remarquablement judicieux de la part de Steve Franks, le créateur, et des scénaristes. Car ils réussissent quelque chose d’assez extraordinaire à mesure que la série avance. Les privates jokes étant essentiellement à la base de la relation à l’écran entre Gus et Shawn, celle-ci rappelant très fortement celle de JD et Turk dans Scrubs (avant que Bill Lawrence n’en fasse trop avec le sous-entendu homosexuel) comme dans certains instants de Friends, on a une confondante impression de miroir, avec deux potes d’enfance qui parlent dans leur dialecte, avec leur codes et leurs références, rendant vraiment tangible l’amitié des deux personnages. Certaines de leurs private jokes sont plus obscures donc, que celles de Chandler et Joey, car les clés ne sont pas toujours données aux spectateur, ce qui en fait le parfait plaisir coupable du cinéphile hardcore.

Outre les allusions, la série est bardée d’épisodes thèmes, du classique épisode de noël à l’épisode huguesien de réunion d’anciens élèves de lycée, ou encore l’épisode ’70s et l’épisode vendreditreizesque, tous plus déments les uns que les autres. Avec presque à chaque fois un guest forcement issu des films et séries de l’époque. A Cybil Shepard (Clair de Lune) et Rachel Leigh Cook (Elle est trop bien), toutes deux appelées à jouer des rôles récurrents, s’ajoutent entre autres Curtis Armstrong (Better Off Dead), Jonathan Silverman (Weekend At Bernie’s), Phylicia Rashad (The Cosby Show), Ernie Hudson (Ghostbusters) et, afin de contenter les fans du Brat Pack et de Breakfast Club – puisque Judd Nelson et Andrew McCarty ont déjà fait leurs réapparitions, respectivement dans Eleventh Hour et Gossip Girl – les producteurs avaient prévu un caméo de ouf pour le dernier season finale en date : Ally freaking Sheedy ! Manquerait plus que Molly Ringwald dans How I Met Your Mother pour créer une orgie télévisuelle ’80s sans précédent.

La série est installée dans une si confortable routine – entendez par là que la série a ses running jokes (comme les 5 gifles dans HIMYM) qui heureusement ne tombent pas dans la catch phrase minable (le “we were on a break!” ou le “How you doin’ ” de Friends) – que le spectateur est plus amené à se demander à chaque épisode où sera l’ananas, à quoi Shawn comparera Gus ou par quel pseudo ridicule il le présentera, plutôt que de se poser des questions vis-à-vis des affaires criminelles. En définitive, vous aurez compris que Psych brille plus pour ses ressorts comiques que pour les enquêtes, qui deviennent au bout d’un moment – à quelques exceptions près – assez prévisibles, quoique plaisantes, mais totalement accessoires. Et c’est très bien comme ça ! En tout cas, l’attente de la saison 4, qui doit débuter en aout, est en train de devenir une véritable torture.

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