The Proposal


Deux sublimes spécimens d’américains caucasiens, mais que va-t-il se passer ?

Le genre de film auquel appartient The Proposal (i.e. la comédie romantique hollywoodienne) impose souvent aux auteurs un certain formulaïsme – vous m’excuserez ce néologisme définissant un usage abusif de formule, dans la structure narrative ou la construction des personnages – et qui se présente souvent comme suit : un premier acte oppose deux caractères bien tranchés dont la relation commence par un coup de foudre ou une haine viscérale, et font connaissance et tombent amoureux dans le second et voient leur relation menacée dans le troisième, qui in fine se dénouera, sur discours inspiré et de préférence en public et/ou sous une pluie battante, afin que tous les figurants les entourant applaudissent (pourquoi pas même démarrer sur un slow clap bien 80s ?!) lorsque les deux s’échangent un baiser passionné, sur lequel l’image se figera. Générique de Fin.

The Proposal n’évite pas ces écueils, comme il n’évite pas certains clichés (la femme d’affaire obsédée-par-son-travail-et-qui-n’a-pas-le-temps-pour-une-vie-amoureuse qu’interprète Sandra Bullock) mais on ne peux pas se montrer réellement méchant contre ce genre de film. On sait comment l’histoire va se terminer avant même d’avoir posé une couille sur le strapontin, et même si par moment il arrive d’être surpris, il n’y a jamais vraiment de place au doute. Le challenge consiste alors à insérer un peu d’originalité et beaucoup de charme, notamment grâce aux acteurs, à travers les contraintes imposées d’avance par le genre. Et ce qui distinguera une bonne rom-com d’une mauvaise sera sa propension à nous avoir, ni plus ni moins, point bonus si on verse une larme à la fin.

The Proposal réussit plus ou moins ce pari, car bien que gêné par sa prévisibilité, ce qui est à la fois son défaut majeur et peut-être sa grande qualité est son indécision. L’intrigue sentimentale est en effet noyée dans un comique de situation par moments hors sujet, mais qui paradoxalement donne l’impression de libre cours à une histoire qui semble ne pas avoir été écrite mécaniquement. Certaines scènes semblent sortir directement d’un sitcom, injectant un tempo qui par ailleurs sied à Reynolds, qui, en plus d’être physiquement taillé pour un rôle de playboy de comédie romantique, est aussi doué d’un sens du timing, visible dans chacune des ses cassantes remarques, comme il pouvait le faire dans Blade Trinity, tandis que Bullock, qui excelle en garce intimidante et antipathique, se met en scène en peste citadine aux prises avec les affres des mœurs alaskiennes dans des séquences, qui autrement pourraient être drôles (et qui le sont un peu parfois, mais pas longtemps, ce qui est une autre partie du problème), mais s’éloignent, à mon sens, un peu trop du postulat de départ.

Bullock est donc Margaret Tate, ou Meryl Streep dans Le Diable S’habille En Prada sans le côté Cruella D’Enfer, une éditrice tyrannique assistée par Andrew Paxton, campé par Ryan Reynolds vous vous en serez douté, qui semble jour après jour se séparer peu à peu de sa dignité pour contenter les moindres désirs de sa patronne. Menacée de perdre sa place et de se voir expulsée au Canada (oui elle est canadienne), elle fait ce que n’importe qui ferait dans sa position, forcer son employé de se faire passer pour son fiancé afin de pouvoir demeurer sur le sol américain. Et afin de donner le change face à un agent de l’immigration un peu trop zélé (Denis O’Hare), tous deux s’envolent pour Sitka, Alaska, pour assister à l’anniv’ de la grand-mère de Andrew (Betty White) et en profiter pour annoncer la nouvelle à ses darons (Mary Steenburgen, Craig T. Nelson) ce qui oblige le couple à jouer les amoureux transits, poussant ainsi l’imposture un peu trop loin…

Si les scènes entre les deux personnages confrontés à une intimité qu’ils auraient aimé éviter, mais qui les amènent circonstances aidant à mieux se connaitre, tiennent leurs promesses, ce sont les scènes qui ont plus à voir avec le choc des cultures qui chient dans la colle, que ce soit certains gags franchement honteux, à l’image du personnage d’Osacar Nunez (The Office), Ramon, qui ne fonctionne simplement pas, faisant tomber à plat chacune de ses interventions. Le scénariste Pete Chiarelli a au moins le mérite de ne pas tomber dans le comique régressif Apatowesque qui régit presque toutes les comédies actuelles, mais surtout de garder une certaine simplicité dans le récit, et parfois même une once d’imprévisibilité, au travers du personnage de Malin Akerman notamment. Car en se libérant du truc facile de la carte verte (vue dans Green Card, justement), et en transportant son histoire dans les lointaines contrées du Grand Nord et au cœur d’une famille plutôt adorable, de fait le développement de la relation entre Andrew et Margaret semble naturelle, et comme Margaret, si glaçante au début, qui finit par fondre pour Andrew mais aussi pour sa famille (‘voyez ce que je viens de faire là ?!) on s’attache nous aussi à ce petit monde.

Il est clair que The Proposal n’est ni du calibre émotionnel de Brokeback Mountain ni du niveau humoristique de The Hangover, mais en définitive, c’est une bonne comédie romantique hollywoodienne, trop formulaique pour être honnête, quoique naturelle bien qu’artificielle. Car si la réalisatrice Anne Fletcher emprunte tous les gimmicks du genre, elle sait aussi laisser fonctionner le script et les acteurs tous seuls afin de nous atteindre, et c’est le minimum que l’on demande à ce genre de film.

En bonus, une vidéo promo énorme, dans laquelle Betty White fait une fois de plus montre de son talent. Je laisse Ryan Reynolds l’expliquer.

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