Glee

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Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. A vrai dire, Glee était la série que je voulais à tout prix détester. L’aimable Party Down avait du se séparer de Jane Lynch qui s’était engagée dans cette nouvelle série de la Fox, qui paraissait vouloir surfer sur les succès des odieux High School Musical, en le mêlant à l’esprit de Freaks & Geeks et de Bring It On. Autant se rendre à l’évidence, Glee est LA série de la rentrée.

On doit le concept à Ryan Murphy, le créateur de l’autrefois sulfureux et incroyable Nip/Tuck ainsi qu’à Brad Falchuck et Ian Brennan. On pouvait donc soupçonner que la série ne serait pas juste un gentil succédané de High School Musical. Et puis, c’est aussi parce que Ryan Murphy n’est ni un des drones de Disney, ni un adolescent, que les morceaux de chaque numéros musicaux, qui sont très réussis, ne sont pas des trucs de dance hideux, mais des tubes, des 80s ou d’aujourd’hui.

L’histoire est simple, au lycée McKinley, dans une ville perdue de l’Ohio, le glee club (la chorale / troupe de danse) va se faire boucler, parce que le budget est ric-rac et accessoirement parce que le précédent professeur Sandy Ryerson (Stephen Tobolowsky) s’est fait virer pour attouchements. LOLz. Un prof d’espagnol, Will Schuester (Matthew Morrison), ancienne gloire du lycée ayant épousé son amour d’alors, Terri (Jessalyn Gilsig), mais qui entretient une relation plus ou moins ambigüe avec la conseillère d’orientation (Jayma Mays) décide de reprendre le truc en main, ce qui n’est pas du gout de la coach des ‘cheerios’, les cheerleaders du lycées, Sue Sylvester (Jane Lynch), une gloire locale, qui détient le pouvoir dans l’établissement, et l’aval sur le principal Figgins (Iqbal Theba). Les candidats ont tous en commun un don pour le chant et la danse, ainsi qu’un don pour être honnis par tous, à l’instar de Rachel (Lea Michele) qui n’a aucun ami. ‘Mr Shu’, devant arriver au nombre de 12 afin de participer au championnat régional, se met alors à recruter dans l’équipe de football, qui bien évidemment, trouve ça “trop gay”. Mais le quaterback, la star de l’école, Finn Hudson (Cory Monteith), a une voix magnifique, ce qui n’échappe pas à Mr Shu, qui grosso modo obtient sa candidature par le chantage. Finn va se rendre compte qu’il est dans son élément aussi bien sur une scène que sur un terrain de foot…

Les acteurs sont tous, sans exception, parfaits. Si les adultes s’en tirent pas mal – en particulier Jayma Mays (Ugly Betty, Heroes) en obsédée de la propreté – et que les seconds rôles sont géniaux, tels que Patrick Gallagher, le coach de l’équipe, Stephen Tobolowsky, le vieux prof malsain et Iqbal “des calculs rénaux” Theba (Friends), ce sont les jeunes interprètes qui sortent du lot. Aussi bien lors de leur performances musicales, que lors des scènes dramatiques, Amber Riley (Mercedes), Chris Colfer (Kurt), Kevin McHale (Arti), Jenna Ushowitz (Tina), Dianna Agron (Quinn), Mark Salling (‘Puck’) sont tous aussi justes et beaux que talentueux. Cory Monteith est assez brillant dans le registre du poisson hors de l’eau faisant face à tout un tas de trucs en même temps – et il accuse une sorte de ressemblance, de l’allure jusqu’à la voix, avec Marshall de How I Met My Mother – tandis que Lea Michele parvient avec panache à être un vilain petit canard, une peste chiante et arrogante que l’on apprécie et que l’on soutient malgré tout.

Et puis il y a Jane Lynch.

Comment décrire cette actrice, que vous avez pu voir dans 40 Year Old Virgin ou Role Models… Pour paraphraser Sandy Ryerson “You don’t know Jane Lynch kill yourself!” Sérieux. Lynch a l’extraordinaire (oh mais je pèse mes mots) capacité de jouer avec la même nonchalance la cruauté et la vanité, et affiche le même visage blasé quant elle balance les pires saloperies, sourire carnassier ou rictus sournois en bonus. Le genre d’être abjecte qui truciderait vos parents devant vous, irait chercher la dernière bière dans le frigo, reviendrait s’assoir sur votre canapé, lâcherait une caisse, et s’allumerait une clope en vous faisant la morale. C’est ça Jane Lynch, c’est juste énorme. Chacune de ses interventions, chacune de ses mimiques, chacun de ses gestes provoque une fascination malsaine. Son charme de Will Ferrell féminin, sa dégaine de sportive sur le retour, son faciès de reine de beauté décatie, tout participe à faire d’elle la vraie star de la série.

Elle n’est pas exempte de défauts, mais ils ne font pas vraiment le poids vis-à-vis de ce qu’elle a à offrir, et c’est là que Glee fait inévitablement penser à The Breakfast Club. Les personnages sont tous, comme le dit l’un des protagonistes dans le pilote, des losers, qu’ils soient les ‘neo dweebs’, les homos, les handicapés, qu’ils aient une ossature lourde ou un défaut d’élocution, ou qu’ils soient les princesses, les sportifs, les cheerleaders. L’aspect caricatural, stéréotypé de la chose est donc très vite soufflé par l’idée de mélange et d’égalité – dans la lose. On se surprend à être aussi ému par Kurt qui annonce son homosexualité à son père un peu beauf, que par Puck le footballeur qui auparavant n’aurait été que le “méchant” mais fait ici figure d’underdog, comme le malingre Corey Haim dans Lucas (1986) – à qui l’épisode “Preggers” fait référence – ou encore au Drazic de Hartley (et oui). Le fait est, aujourd’hui, ce sont les geeks et les nerds qui dirigent le monde. Les choses ont changé, et c’est ce que les scénaristes s’appliquent à dire, les losers au lycée sont aussi bien les parias parce qu’ils sont différents, que les gens populaires qui font face à la pression. Au final, ce ne sont que des ados, avec leurs problèmes personnels. Là-dessus, la série marque un putain de point.

L’atmosphère flamboyante (pour ne pas dire gayissime) qui ne plaira pas forcément à tout le monde, est tout de même ce qui fait l’originalité de la série. Car si les histoires d’adolescents sont toujours les mêmes, et que depuis Freaks & Geeks, il est difficile de faire mieux dans le registre de la vie au lycée, c’est la façon de raconter qui change tout. Il y a beaucoup de glam dans cette série, mais il y aussi beaucoup d’humour, de second degré. Je ne parle pas seulement du comique de situation qui passe forcément facilement sur un network, mais je parle aussi de ce qui, depuis des années maintenant, depuis Les Simpsons, Marié Deux Enfants et autre Roseanne, fait que la Fox – aussi prompte soit-elle à annuler de génialissimes séries – est aussi la chaine de la subversion, et, les fans de 24 ou de X Files seront d’accord, de la créativité. Glee est la preuve que la chaine ne sera jamais rattrapée par ses concurrentes sur ce terrain, car si les mœurs ont un peu évolué, pas forcément pour le meilleur (télé réalité, starlettes putassieres) et que la télévision américaine suit, c’est souvent la Fox qui fait progresser la pop-culture dans le bon sens.

Glee possède cette aura, à la fois progressiste, mais foncièrement régressive, décalée et fédératrice. Il a suffit d’un truc en réalité pour m’avoir, le morceau “Don’t Stop Believin'” de Journey, réinterprété par les acteurs principaux à la fin du premier épisode. Si vous êtes mal à l’aise, alors ce n’est pas pour vous, tant pis, vous êtes peut-être même un sale enfoiré d’homophobe. Mais si vous vous surprenez à afficher un sourire béat devant cet instant magique, alors vous êtes foutu, parce que la série est prodigieusement addictive.

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L’histoire est simple, dans le lycée McKinley, dans une ville perdue de L’Ohio, le glee club (qui est une sorte de mix entre chorale et danse) va se faire boucler, parce que le budget est ric-rac et accessoirement parce que le prof précédent s’est fait virer pour attouchements. L.O fucking L ! Un prof d’espagnol, Will Schuester (Matthew Morrison), ancienne gloire du lycée qui a épousé son amour d’alors, Terri (Jessalyn Gilsig), mais qui entretient une relation plus ou moins ambigue avec la conseillère d’orientation (Jayma Mays) décide de reprendre le truc en main, ce qui n’est pas du gout de la coach des ‘cheerios’, Sue Sylvester (Jane Lynch), une gloire locale, qui detient le pouvoir au lycée, et l’aval sur le principal Figgins (Iqbal Theba). Les candidats ont tous en commun un don pour le chant et la danse, ainsi qu’un don pour être honnis par tous, à l’instar de Rachel (Lea Michele) qui n’a aucun ami. ‘Mr Shu’, afin de mettre le projecteur sur sa troupe, et arriver au nombre de 12 afin de jouer les , recrute alors dans l’équipe de football, qui bien évidemment, trouve ça “trop gay”. Mais le quaterback, la star de l’école, Finn Hudson (Cory Monteith), a une voix magnifique, ce qui n’échappe pas à Mr Shu, qui grosso modo obtient sa candidature par le chantage. Finn va se rendre compte qu’il est dans son élément aussi bien sur une scène que sur un terrain de foot.

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