L O S T – S06 E09/10 – Ab Æterno / The Package

Avant même d’entamer un résumé de l’épisode, ou plutôt des épisodes – pour lesquels au passage, puisque je n’y reviendrais pas, on peut saluer la performance de Nestor Carbonnel (Ab Æterno) et les quelques bonnes vannes de Miles, celles de Sawyer qui balance “Then we’re screwed six weeks from next sunday” ce qui est la date du finale ou le “That would be ridiculous”; la diatribe de Sun face à Ricardo, ou pour les amateurs tels que moi le petit “seki” placé par Jin avant qu’il ne défonce notre borgne préféré (The Package) – je me suis laisser aller à une hystérique hypothèse, écrite au gré de recherches insomniaques sur wikipedia.

Me souvenant de la scène d’ouverture du finale de la saison dernière, “The Incident”. Désignant le Black Rock voguant au loin – avant que de toute évidence, Jacob ne déchaine les éléments – L’Homme en Noir dit : “You’re trying to prove me wrong. […] They come, they fight, they destroy, they corrupt. It always ends the same” ce à quoi Jacob répond :It only ends once. Anything that happens before that is just progress”. Ce qui nous amène à l’épisode de la semaine dernière, “Ab Æterno”. dans lequel Jacob tient ces mots :

Think of this wine as what you keep calling “hell.” There are many other names for it as well, “malevolence,” “evil,” “darkness.” And here it is, swirling around in this bottle unable to get out because if it did, it would spread. The cork is this island. And it’s the only thing keeping the darkness where it belongs. That man who sent you to kill me believes that everyone is corruptible because it’s in their very nature to sin. I bring people here to prove him wrong. And when they get here, their past doesn’t matter.

Les mots Satan et الشيطان (Šayṭān en Arabe) signifient l’adversaire. Dans le Nouveau Testament, cet “Adversaire” revient de façon récurrente. Il est appelé “Satan” (Matthieu 4:10; Marc 1:13, 4:15; Luc 10:18), “diable” (Matthieu 4:1), “adversaire” (Pierre 5:8), “ennemi” (Matt. 13:39), “accusateur” (Révélations 12:10), “vieux serpent” (Rev. 20:2), Belzébuth (Matt. 10:25, 12:24) ou Béelzéboul (Marc 3:22) qui pourraient se traduire par Majesté des Mouches…

Or, si le diable est l’esprit et le principe du Mal dans toutes les religions, en tant qu’ange, il reste l’une des créatures de Dieu. Mais surtout le mot satan ne sera pas un nom propre avant que Jésus ne dise Vade retro satana ! et que le terme ne finisse par désigner le diable – et que l’ont associera à l’ange Samaël par erreur.

Dans le Livre de Job, ha-satan est le titre, la fonction même, d’un ange qui ne fait pas le mal, mais pointe du doigt les tendances et actions maléfiques de l’homme. Il n’a pas de pouvoir, mais Yahvé le laisse cependant tester la foi de Job, qui, tourmenté par la question du pourquoi, et endeuillé par la mort de sa femme et ses enfants, parvient tout de même à prouver sa foi, donnant tort au satan. Yahvé apparait alors sous la forme d’un tourbillon de poussière – Oh, vous savez ce qui a la forme d’un tourbillon de poussière ? Un putain de monstre de fumée noire par exemple ! Dans le Talmud, on fait preuve de sympathie pour le satan. Par ailleurs, dans un commentaire du Livre de Job, certains rabbins disent que sa tache était de “briser le tonneau sans renverser de vin.” Certes cette métaphore est quelque peu coïncidente, mais, selon moi, ce qui est important, c’est que cela pourrait sous-entendre que ce qui se passe dans Lost est le dernier test. Jacob serait peut-être Dieu en personne, combattant son ennemi, son adversaire, dans une dialectique mettant en jeu la vie d’hommes et de femmes.

Car bien que je tende à croire le transcript suscité. Je pense aussi que le show tente de nous montrer à quel point L’Homme en Noir est fucké. Et que cette fuckerie est causée par Jacob. Vraiment s’il y a un seul truc que l’on peut croire de la part de ‘Smocke’, c’est ce désir de rentrer chez lui, qui apparait sincère, aussi sincère que son désir de tuer Jacob.

Alors peut-être que ce qui ressort de tout ça, c’est que Locke/Smokey est Satan. Non pas le Satan diabolique, mais le satan qui apparait dans l’Ancien Testament, le Talmud et le Coran, et qui “travaille” pour Dieu. Dans ce cas, L’Homme en Noir serait assigné par Jacob de tester et d’accuser l’humanité encore et encore, non pas pour le plaisir d’avoir raison, mais parce qu’il est obligé. Il est un joueur dans une partie qu’il n’a pas envie de jouer, et ça l’épuise, au point qu’il veut à tout prix partir. Jacob éliminé, son but n’est peut être pas de faire le mal ou de le rependre comme le laisse présager et Jacob, et Widmore (ce qui tout à coup ôte de la véracité aux dires de Jacob). Son but est simplement de se casser de l’ile. Tandis que Jacob peut être ou ne pas être Dieu, mais à part passer pour le gentil, c’est aussi un enfoiré qui n’a aucune considération pour qui que ce soit, qu’il s’agisse des hommes qu’il manipule ou de l’employé qu’il a aliéné.


Tu le sais pas encore, mais tu vas t’zâaf

Pour revenir à l’épisode de ce soir, il est intéressant de noter que contrairement à ce que le premier épisode de la saison laissait penser (ou que j’ai bêtement imaginé), tout comme le second, savamment centré autour d’une Kate pas très différente de celle que l’on connait, les scénaristes ont peu à peu montré des personnages qui ont résolu leurs histoires, ce qui est mis en relief par la symbolique des miroirs tout au long de la saison (chaque personnage s’y est regardé). Ils ne sont pas plus heureux, ou évoluent dans des vies idylliques, mais ils sont, dans cette ligne parallèle, guéris de leurs afflictions. Claire va élever son fils seule; Locke a une relation heureuse et saine avec Helen; Jack élève un fils de la façon dont son propre père aurait du, se libérant enfin de son complexe; Ben se fait pardonner du mal qu’il a fait à sa fille en aidant son élève, et entretient un vraie relation avec son père; Sawyer a choisi une voie plus légale pour retrouver le responsable de la mort de ses parents, mais surtout une qui correspond avec ce qu’il est vraiment au fond, un mec bien avec une moralité changeante (comme tend à le prouver la chance qu’il offre à Kate dans “LAX”, probablement parce qu’à un certain niveau, il la connait). Quant à Sun et Jin, même si l’attitude du dernier pouvait rappeler le Jin du début, ils sont en fait libérés de l’emprise du père de Sun. Le cas Sayid reste un point d’interrogation. Je pense personnellement, comme en atteste son absence de réaction face à Claire tentant d’éviscérer Kate (énorme) le personnage ne sera pas heureux, et ayant enfin accepté ce qu’il est – un tueur – sa lente descente aux enfers (j’ai bien peur de parler littéralement) peut commencer.

Aussi, Jack, en acceptant peu à peu son rôle de candidat, perd la confiance et le soutien de ses amis, Hurley lui tient tête et Sun l’envoie bouler. Lorsque Jack était celui qui les sauvait, celui dont ils avaient besoin, ce sont ces même personnes qui le poussaient à accepter son rôle de meneur. Sun est revenue pour retrouver son mari, Kate, secourir Sawyer, et Hurley trouver des réponses. Jack est donc seul au moment de devenir Dieu, dressant une nouvelle parallèle avec le mythe. Dieu est seul, les humains s’éloigne de lui. Et même si l’image de Sun lui demandant pardon conclue l’épisode sur une note d’espoir. La guerre est proche, Desmond est enfin sorti du sous-marin (enfin!) donc je feins la surprise, mais j’attends la suite.

Pow.

Ay shibbal !

photos courtesy of ABC © 2010 American Broadcasting Companies, Inc.

3 thoughts on “L O S T – S06 E09/10 – Ab Æterno / The Package”

  1. L’hypothèse de l’île comme étant le purgatoire (on parlera difficilement des limbes étant donné le peu d’enfants concernés et les atrocités vécues par les personnages depuis le début de l’histoire) tient également toujours la route. Une sorte de zone intermédiaire, une attente interminable, voire infinie, où le Mal et le Bien sont mis en balance en attendant une éventuelle descente aux enfers ou une improbable rédemption…

    Enfin, ta théorie est bien plus fournie que celle-ci. Mais je me souviens l’avoir vue évoquée dès les premières saisons.

    1. Ouaip, j’imagine, mais là je sais pas si il faut parler d’enfer ou de purgatoire à proprement parlé, juste que cette sorte de pari entre Jacob et MIB rappelle l’histoire de Job, et que si Satan est bel et bien incarné par MIB, alors peut-être que ce n’est pas juste le méchant, juste l’accusateur, ce qui démontrerait davantage de nuances dans les caractères des deux personnages suscités, moins Bien et Mal, et plus Yin et Yang avec en plus cette histoire de pierres qu’ils s’échangent comme pour maintenir les scores. En tsou cas, c’est juste un petit point (certes un point important à mon sens) dans la vaste mythologie de la série.

  2. Vous êtes grave de vous prendre la tête pour décrypter des messages d’une série écrite par des mecs qui font leur boulot autour d’une piscine un verre de mojito à la main. Suffit de regarder la série depuis le début pour comprendre qu’ils sont prêts à écrire tout et n’importe quoi (même si ça tient pas vraiment la route). Ils font confiance aux fans zombifiés de leur donner raison malgré toutes les conneries qu’ils enfilent. Et ça marche.

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