5 Autres Séries à Découvrir de Toute Urgence

 

Mettons les choses au clair, si ça n’est pas déjà fait, vous devriez d’abord commencer par , ensuite aller ici ou , et pour ceux qui ont su faire leurs choix – il le faut – ou même pour ceux qui les connaissent déjà, faites-moi plaisir…

5. HAPPY ENDINGS (ABC)

ABC nous avait déjà régalé avec Better Off Ted, et comme les américains, et vous (oui, vous) ne m’avez pas écouté, la série n’a pas eu de 3e saison. ABC a décidé de se réessayer à la sitcom maligne en faisant croire à tout le monde que c’est grossièrement déjà vu. Parce qu’en effet il y a du déjà vu dans cette histoire de friends Chicagolais. Le pilote s’ouvre sur un mariage, entre Dave (Zachary Knighton) et Alex (Elisha “Chapiteau” Cuthbert) qui décide de la jouer “runaway bride”, comme si la série voulait enfoncer le clou du cliché, avec sa blonde neuneu, son amoureux transit, ou son éternelle célibataire hyperactive. Enfoncer le clou jusqu’au bout, peut-être pour l’en déloger qu’avec plus de force ? Avec le recul, il est remarquable de voir combien le ton paraissait premier degré, comment tout ça avait le gout de la saison 3 de Friends et ses épisodes post-rupture, et le “quand-et-comment-vont-ils-se-remettre-ensemble”. Pourtant, nos deux héros commencent à peine – après deux ou trois situations disséminées ça et là sur 22 épisodes répartis sur deux saisons – à se chercher à nouveau. Et de fait, le spectateur à son tour n’est plus véritablement dans la position d’attente, comme il pouvait l’être lors des premières saisons de How I Met Your Mother ou des premiers épisodes de Community. On remarque que peu à peu, la nouvelle sitcom a le flair de ne pas nous faire languir, mais de disposer de cet arc narratif assez vite. Ici, Alex et Dave auront beau attendre la cinquième saison (c’est tout le mal qu’on peut souhaiter à la série) pour se remettre ensemble, la chose est finalement illusoire, anecdotique mais sera néanmoins traitée avec toute la sensibilité qu’elle mérite. Ou pas. L’intérêt des auteurs semble être autre part, à une époque où les séries susnommées s’amusent plus à inventer les situations les plus tarées qu’à faire avancer l’intrigue. La série se démarque aussi, comme beaucoup de sitcoms de son age, par un style qui évite la ‘situation-comedy’. Ici, pas d’appartement new-yorkais ou de bar de prédilection où toute l’action se passe, où l’exposition se pose. Si Monica engageant Rachel comme serveuse pour un Jon Lovitz défoncé savait nouer les mœurs branchés avec les vieux rouages du vaudeville, Happy Endings explose ces codes en imposant un rythme s’accordant avec les différents moments et lieux du récit.

Les potes que le capotage du mariage a mis le cul entre deux chaises, la sœur d’Alex, Jane, et son mari Brad (Eliza Coupe, Scrubs et Damon Wayans Jr.), Penny (Casey Wilson) et Max (Adam Pally) sont autant de personnages principaux dans une comédie d’ensemble de haute volée. Après deux ou trois épisodes, il vous sera impossible de résister à l’anti-stéréotype gay le plus énorme du petit écran, ainsi qu’à une Monica 2.0 psychotique et à toute cette petite bande. Mais surtout après l’épisode intitulé “Dave of The Dead”, vous observerez comment cette série au départ plutôt cool pour perde une vingtaine de minutes hebdomadaires, s’est véritablement élevée au niveau des meilleures sitcoms. Au passage, l’épisode spécial Halloween de l’année 2011 n’était ni celui de Community, encore moins celui de How I Met Your Mother, mais largement celui de Happy Endings

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4. HOMELAND (Showtime/Canal+)

Adaptée d’une série israélienne à succès, Homeland est sans conteste le meilleur nouveau drama de cette rentrée. Adaptée par Howard Gordon et Alex Ganza qui se sont fait la main sur X Files, avant que Gordon ne s’en aille produire et écrire 24, et mise en scène, entre autres, par Michael Cuesta (Dexter), la série brille surtout par une distribution sans faille : outre Morgan Saylor et Jackson Pace, ou encore David Harewood, trois inconnus plutôt solides, on retrouve Morena Baccarin, dont le jeu en retenue rappelle son rôle dans Firefly, un instant toute sourire pour soudain laisser tomber le masque, et Mandy Patinkin, qui de Princess Bride en passant par Dead Like Me, est aujourd’hui un de ces acteurs que l’age rend de plus en plus intense. Mais c’est le duo de protagonistes qui devraient honnêtement voir pleuvoir les Emmys. Claire Danes est juste bluffante, dans un registre qu’on ne lui connaissait pas, maintenant toutes ses scènes dans une tension extraordinaire, où folie et ténacité se confondent. Et enfin, Damian Lewis prouve qu’il est probablement l’acteur le plus sous employé de l’histoire du monde, sous prétexte qu’il est roux.

L’intrigue, fait de suspense, de tension, entretient le spectateur dans la confusion et la suspicion autour d’un marine, Nicholas Brody (Lewis), qui a passé près de 6 ans captif dans une geôle en Irak, et qui retrouve une femme qui a cessé de croire à son retour, un fils qui n’a aucun souvenir de lui, et une fille aujourd’hui adolescente en crise. Parallèlement, un agent de la CIA, Carrie Mathison (Danes), s’intéresse à son cas, sur les dires d’un informateur irakien ayant dévoilé quelques temps auparavant qu’un officier américain avait “changé de camp”, et décide de le surveiller, sans prévenir son supérieur et mentor, Saul Berenson (Patinkin)…

Prenant, intelligent et diablement addictif.

3. THE LEAGUE (FX)

La sitcom crée par Jeff Schaffer (Curb Your Enthousiasm, Seinfeld, et Borat) va bientôt achever sa troisième saison, et prouve, si It’s Always Sunny In Philadelphia, Archer et Louie ne l’avait pas encore fait, que la petite sœur un peu vulgaire de la Fox (quoi, elle pas bien cette métaphore ?!) est maintenant la chaine à sitcom. Si la série peut rebuter par une prémisse somme toute très ricaine, avec sa ligue de “fantasy football” – invention maintenant séculaire – ou par ses références sportives et culturelles, elle ne se résume pas à ça. Ayant su dépasser le concept de la bande de potes qui se réunissent autour d’un verre pour savoir qui remportera la coupe (‘Shiva’) grâce à ses facultés stratégiques; afin de devenir une vraie série à part entière, avec sa tonalité foutraque, un peu macho mais surtout méchante, ses inside jokes, ses personnages récurrents (citons l’excellent Jason Mantzoukas, qui est apparu dans le dernier épisode de Parks & Recreation et qui officie sur le génial podcast HowDidThisGetMade), elle est désormais considérée comme la sitcom la plus “underrated” outre-Atlantique.

La distribution est fantastique. De Nick Kroll à Paul Sheer (que vous avez pu voir tous les deux dans Childrens Hospital sur AdultSwim, ou dans Community et Parks & Rec) en passant par Mark Duplass (Humpday), Stephen Rannazzisi, Katie Aselton et surtout Jon Lajoie (“VAGINA!”), nos cinq “amis” – la définition du mot leur étant propre – et la femme de l’un d’eux, se retrouvent donc chaque épisode pour s’envoyer des vannes, se faire des coups de pute ou ressasser aussi bien les bons souvenirs que les vieux dossiers. L’humour est “random” comme on dit – comprenez pas vraiment défini, oscillant entre farce grossière, satire gentille et délire méchant – mais paradoxalement chaque épisode est goupillé au poil, avec une situation initiale un peu obscure qui lance l’intrigue, pour ensuite retomber comme par surprise sur nos héros et leur entourage. Ça semblerait presque préconçu mais ça parvient à ne jamais être prévisible. Alors si vous ne savez pas encore qui sont Pete, Kevin, André, Ruxin, Taco et Bobum Man, de toute urgence on vous dit !

2. THE SHADOW LINE (BBC)

S’il y a quelque chose que nos voisins d’Outre-Manche savent vraiment bien faire, c’est soigner l’esthétique et l’atmosphère de leur séries. The Shadow Line ne fait pas exception, mais ne s’arrête pas là, et devise une intrigue noire de chez noire autour du meurtre d’un caïd récemment sorti de prison, de son chien fou de neveu, d’un détective amnésique – une balle logée dans sa tête – et d’un trafiquant de drogue misant tout sur un dernier gros coup, enfin de celui qui agit dans l’ombre de ce thriller emmené par quelques uns des meilleurs acteurs britanniques dont Chiwetel Ejiofor, Christopher Eccleston, Stephen Rea et Rafe Spall et que je ne saurais trop vous conseiller de découvrir parce que je ne pourrais en dire davantage sans vous ruiner l’histoire. Un petit chef d’œuvre de slow-burn à la Breaking Bad, raconté en 7 épisodes.

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1. ARCHER (FX)

Il est très difficile de décrire Archer. La série, évocatrice d’un OSS 117 ou de American Dad, est davantage un savant mélange entre U.N.C.L.E. et The Office, avec un humour bien à elle, réminiscent de celui de la première série – Frisky Dingo – de son créateur Adam Reed, par ailleurs doublure voix du personnage de Ray Gillette. Car ce qui fait le cœur de Archer, c’est bel et bien le cast de doubleurs de cette autrement magnifique (et unique) série animée, parmi lesquels on retrouve Jeffrey Tambor, David Cross, Maggie Wheeler ou Patrick Warburton, Lucky Yates (Krieger), George Coe (Woodhouse) et la fantastique Amber Nash dans le rôle de Pam; Judy Greer et Jessica Walter (Arrested Development) dans les rôles de Cheryl Tunt et Malory Archer; Chris Parnell (SNL, 30 Rock, The Life and Times of Tim, Suburgatory…) et Aisha Tyler (Friends) dans ceux de Cyril Figgis et Lana Kane, et surtout, surtout, H. Jon Benjamin (que vous avez surement entendu dans Family Guy, ou vu dans Parks & Rec) dans le rôle du plus réac’, du plus macho, du plus antipathique et donc du plus cool agent secret de la planète. Comme j’en faisais mention plus haut, la série fait aussi partie de ces séries qui chahutent un peu les codes imposés depuis longtemps pour la série d’animation par la durée (liée à la logistique de production du dessin-animé) et par l’idée qu’on fait soit de la sitcom à la Simpsons, ou de l’aventure enfantine (sans pour autant être infantile) à la Batman. Comme Venture Bros – qui quant à elle penche de l’autre côté de la balance – Archer propose une série complétement comique, mais qui s’amuse, quand il ne les pastiche pas, à jouer carrément les films de genre, les blockbusters d’action, bourrés de clins d’œil plus ou moins obscurs.

Bref, si l’atmosphère à la fois délétère et cruelle de cette série généreusement référentielle et délicieusement irrévérencieuse ne vous charme pas tout de suite, c’est que ce n’est pas pour vous, les autres, vous serez aussi comblés que vos mamans hier soir. Boosh!

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2 thoughts on “5 Autres Séries à Découvrir de Toute Urgence”

  1. Pourquoi Archer ressemble pas à Archer sur l’affiche de la série que tu as mise ?

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