Dexter – Finale de la Saison 6 – This Is The Way The World Ends

Dimanche soir, sur Showtime (aujourd’hui pour nous) en “back-to-back”, Dexter et Homeland ont achevé leurs saisons respectives, et clairement, il ne pourrait pas y avoir de plus grande disparité. Homeland a été une tuerie, Dexter, une déception, qui ne se rattrape même pas dans son final – à l’inverse d’un Sons of Anarchy qui fout une très bonne saison en l’air avec un final bidon, malhonnête et incohérent.

Cette sixième saison de Dexter, pour ceux qui ont un cerveau en bon état de marche et un minimum de sens critique, aura été catastrophique. Pour beaucoup de fans, la série a commencé à péricliter depuis la cinquième saison, probablement via une évidente comparaison avec la précédente. Pour ma part si d’un côté l’intrigue sentimentale entre Dex’ et Lumen était captivante, l’intrigue Jordan Chase… suçait des culs il est vrai. Cette nouvelle saison n’a donc pas démarré sous les meilleurs auspices, et les scénaristes n’ont pas fait grand chose pour nous rassurer.

En effet, non contents de poser tranquillement la thèse (toujours idiote pour une série qui dure depuis un moment, telle que 24) que Miami est définitivement le repaire des tueurs en série les plus imaginatifs, et de nous resservir la même intrigue que précédemment, véritable didacticiel de comment-Dexter-parvient-à-liquider-le méchant-de-la-saison; les scénaristes se sont véritablement amusés à faire couler dans les tréfonds de la connerie une série autrefois si ingénieuse. Premier incident de parcours, (toujours pour ceux qui regardent une série en se posant des questions et non en faisant la vaisselle ou à moitié endormi) le twist téléphoné et mille fois vu depuis Fight Club du dédoublement de personnalité. Le truc aurait pu être malin, et durer un temps avant le pot-aux-roses (première fois que j’utilise cette expression), mais non, et allez que j’en rajoute, et vas-y que je disparais derrière un mur. Dexter met une plombe à le comprendre, et l’intrigue patauge pendant trois épisodes où absolument rien n’avance, quand ça n’est pas dix où elle fait semblant de faire avancer l’enquête. Car avoir recours à ce genre d’effet dramatique pose le problème de modifier un univers que l’on croit être le notre et le transformer en un univers cartoonesque, où les héros se font prendre au piège comme si leurs facultés intellectuelles étaient subordonnées aux rebondissements et développement de l’intrigue. Dexter aura en effet multiplié les conneries cette saison, entre son coup de téléphone passé avec son portable à la police pour prévenir de la menace du Wormwood, sa venue au spectacle de son fiston en “tenue de travail” et son incapacité à déceler rapidement les sentiments de sa sœur et la folie de Travis, ça ne concorde plus trop avec ses astuces et ses mensonges, et conséquemment entame la consistance du perso.

La série ne s’est jamais vraiment prise au sérieux, c’est en tout cas ainsi que je le conçois, puisqu’il s’agit d’une série qui, vis-à-vis de son sujet, pourrait emprunter le ton d’un Breaking Bad, mais lui préfère celui d’un True Blood (don’t fucking get me started on True Blood.) Mais malgré tout, c’est tout de même une série qui traitait ses personnages avec respect, et la psyché d’un serial-killer avec originalité, entre alter-egos, âmes-sœurs, élèves et mentors. C’est d’ailleurs dans ces instances que Dexter a toujours brillé, et de ce point de vue, la saison avait pourtant bien commencé. Le thème religieux renvoyant à sa relation avec son fils, puis la relation entre le professeur Gellar et son acolyte résonnant avec sa propre relation avec son père, tout ceci concordant, sous l’influence du personnage de Brother Sam, pour mettre Dexter face à ses démons, son Dark Passenger, avec qui il co-existe depuis peut-être trop longtemps. Les scénaristes là encore font montre de leur incompétence, en faisant disparaitre le personnage superbement incarné par Mos Def, foutant du même coup en l’air toute introspection chez notre héros; et en déconnectant le couple Travis/Gellar, ils excluent de fait Dexter de l’équation pour traiter de façon risible le concept de religion, mais surtout pour donner naissance au pire méchant de l’histoire de la série télé, jamais crédible, jamais menaçant, même en usant des pires artifices estampillés années 90 : pratique, je menace le bébé vu qu’je suis pas chaud pour une confrontation physique. Il est enfin confondant que sa relation avec sa reus, qui a toujours été au centre de l’histoire, et surtout leur inévitable affrontement – pointant à mesure que Deb ait fait la démonstration de ses facultés d’enquêtrice, quoique aveugle quant à l’attitude suspecte de son frère – soit si longtemps décalée.

Ce qui m’amène à l’autre gros dossier de cette saison. Loin d’être contre l’idée d’adresser la tension sexuelle entre Dex et Deb – Michael C. Hall et Jennifer Carpenter prouvent dans les derniers épisodes qu’il existe une réelle alchimie entre eux (à se demander s’ils n’ont pas rompu sciemment) – c’est encore une fois dans l’exécution que les scénaristes se sont lamentablement planté cette saison. Si cette idée avait germé dans les saisons précédentes, cette intrigue sentimentale aurait pu fonctionner – Rita n’est pas morte assez vite (son personnage n’avait plus aucun intérêt après la saison 2) et Deb s’est embarquée dans beaucoup trop d’histoires dysfonctionnelles – elle en devient du coup aussi stupide que désespérée. Telle une Rachel et un Joey. Une insulte à notre intelligence et notre fidélité. N’évitant aucun écueil (la psy, le rêve), l’histoire est bâclée, et qui plus est forcée. Alors bien sur, si le twist de l’épisode final est plutôt convaincant au premier abord, et même vraiment démentiel, avec un peu de recul, il jure par le fait qu’il soit, comme le reste de cette intrigue, assené. Si on peut espérer que ce cliffhanger permette de revitaliser un peu la série, et mette en place de nouvelles et excitantes dynamiques, on est en droit de se demander, car cette saison n’aura auguré que du pire, quelle gueule auront les deux dernières saisons…

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