The Walking Dead – Un Bilan

La série horrifique avait démarré sous les meilleures auspices, d’une part chapeauté par Frank Darabont, et d’autre part produite sous l’égide de la chaîne AMC, responsable de trois des meilleurs dramas de ces dernières années, nommément Mad Men, Breaking Bad, et la mini-série Rubicon. Après un pilote grandiose (réalisé par Darabont, et co-écrit par le créateur du comic book lui-même, Robert Kirkman) la série a très vite, très très vite, périclité. S’embourbant dans des intrigues tenant du soap, et surtout échangeant le rythme de la bande-dessinée, et son récit sans temps morts contre des arches narratives trop sommaires, et un développement de personnages inepte, le maigre intérêt qu’avait à offrir la série chaque semaine était une bonne grosse scène gore, ou une jolie séquence de frousse.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir un matériau de base solide, fondamentalement cinétique de surcroit, une histoire déjà écrite (prémâchée pour les scénaristes) et des idées qui ne demandent qu’à servir. Ce n’est pas faute non plus d’avoir des acteurs doués – quoique sévèrement mal castés – et des moyens confortables qui sauvent un peu la mise, et qui permettent à la série de conserver ses spectateurs, qui peuvent grandir d’impatience vis-à-vis des écueils du scénario et à l’égard des auteurs, ou qui ne voient absolument rien à redire et qui ne se privent pas pour le signaler sur la page facebook de la série, confortant lesdits auteurs dans l’idée qu’ils font du bon travail.

Lorsque la première saison s’achevait, on était en droit d’attendre un peu de remaniement. Parce que pour tous les lecteurs de The Walking Dead, la série était un modèle d’incompétence. L’exemple de l’adaptation ratée. Autrement dit, ‘y nous ont tout salopé l’boulot ces cons là !

Alors, pour ce qui est du remaniement, il y en a eu, pas forcément là où on l’espérait, puisque Darabont s’est fait évincer comme un malpropre, laissant la place à Glen Mazzara. Et ce qui a suivi n’était finalement pas très surprenant : une première moitié de saison encore plus consternante que la précédente, pourtant entamée encore une fois superbement, mais qui est allée se ramasser, six épisodes plus loin, dans l’indigence la plus totale. Contrite dans une intrigue inutile et laborieuse, focalisée sur la recherche d’un personnage dont personne n’a rien à carrer, ponctuée des pires dialogues possib’es et imaginab’es, parfois sauvée par quelques séquences réussies, la moitié de saison s’achevait sur un finale spectaculaire certes, une image de fin saisissante, mais qui n’en valait simplement pas la peine. Depuis une semaine, la saison a repris, et puisque les personnages se remettaient de l’événement – en ayant de accidents de la route sur une départementale déserte ( avec un SUV qui a la direction assistée, faut l’faire) ou bien en dézinguant de nouveaux personnages, plus intéressants que 5 autres personnages secondaires réunis – les spectateurs eux, se sont emmerdés grave comme disaient les jeunes de mon temps.

Ceci étant dit, l’épisode d’hier soir… Était… Pas trop mal. Même pas mal du tout. Car au delà des providentielles horreurs auxquelles The Walking Dead nous habitue – un visage de zombie se dépiautant en s’enfonçant dans un pare-brise, le nez d’un mec dévoré vivant grignoté par des zombies, une beuj ressortie bien violemment de la clôture dans laquelle elle s’est logée – l’épisode distille une ambiance Romerienne, et une tension qui – je croise les doigts – pourrait faire de Lori une victime de sa propre perfidie. C’est aussi le second dont Mazzara s’occupe réellement, et il s’avère que cette première moitié de saison ratée serait due à Darabont, qui était déjà responsable de la catastrophique deuxième partie de la saison 1. Et clairement, si le reste de la saison est à l’image de cet épisode 9, les choses semblent enfin prendre forme. Darabont voulait Rick indécis concernant Shane (et le fait que ce dernier ait baisé sa femme), Mazzara semble vouloir accélérer un peu les choses, et se frotter au problème. Le personnage de Shane a beaucoup été contesté par les fans, parce qu’il est une anomalie. Une anomalie représentative de l’écriture. L’adaptation a loupé le coche vis-à-vis de la bande-dessinée, qui n’a jamais fait de sentiment avec ses personnages, comme j’en ai précédemment fait mention, mais pour autant a toujours su concevoir des survivants charismatiques. Car le vrai problème de la série est que personne n’est investi dans ces personnages, l’ironie étant qu’ils pourraient tous y passer sans que ça ne change quoique ce soit, ou que les spectateurs en ait quelque chose à foutre, exception faite de Daryl. Pourtant, et bien que le scénario fasse un peu trop peser sur lui, et ralentit trop souvent son évolution, Shane est l’un des personnages les plus intéressants de la série – et Berthal fait plutôt du bon boulot – justement parce que sa personnalité enrichit l’histoire (comme d’autres personnages analogues dans la BD) et son instabilité mentale prodigue la seule source de tension épisode après épisode, et parce que sa confrontation avec Rick est attendue depuis le départ. L’ épisode 10 s’annonce donc prometteur, même si il arrive un peu tard, mais comme dit le proverbe, mieux vaut tard, que ça fasse pas déborder la cruche, qu’à la fin elle se casse.

10 thoughts on “The Walking Dead – Un Bilan”

  1. Je peux comprendre qu’on critique, mais ça reste la seule série avec des zombies… Et moi j’aime les zombies !

    1. J’suis d’accord, et l’épisode d’hier soir était métal, mais ça n’excuse pas tous les défauts de la série.

  2. Bien d’accord avec cette critique, mais ce que je comprends pas c’est pourquoi Kirkman continue d’endosser la série et fout pas un gros coup de pied au cul du showrunner en lui disant: “non mais là t’es en train de ruiner mon œuvre connard !”. Parce qu’il les lit les scénars quand même, non ?! Perso j’ai pas encore vu le dernier épisode, et je comptais pas le faire, mais ta critique m’a peut-être convaincu… Parce qu’après le dernier épisode (le 8) je voyais mal comment ils pouraient faire pire.

    1. Je crois d’une, que c’est un peu plus compliqué que ça, et de deux Kirkman n’a qu’un rôle très limité. Il est par ailleurs très poli et aimable, donc je ne le vois pas trop s’énerver. Enfin, je pense pas qu’il en ait grand chose à s’couer. C’est un auteur de BD, et il est peut-être plus attaché à l’univers de son œuvre, qu’à l’adaptation de celle-ci, bien qu’il y ait signé un épisode ou deux et qu’il soit EP sur la série.

      Une autre explication serait qu’il ne voit pas de problème en ce qui concerne la série télé, et qu’il en est très content.

  3. Moi c’était la première fois que je faisais avance rapide. C’est très mauvais signe en général. Et le coup de l’accident de voiture est juste surréaliste…😦

    1. Comme je l’ai dit, l’épisode 8 était une mauvaise façon d’ouvrir cette deuxième partie de saison. Et si l’on fait exception du cliffhanger, c’est pas le pire truc à la télé non plus, et puis les choses semblent enfin se diriger vers un ultimatum entre Rick et Shane. En bonus les scènes avec Michael Raymond-James de Terriers – qui au passage aurait pu être un putain de personnage secondaire réminiscent d’ailleurs d’un personnage de la b.d. (encore une erreur de la part des auteurs) – étaient bien coules !

      Mais comme beaucoup de gens, comme toi aussi j’imagine, j’étais excédé quand cette conne de Lori se vautre en caisse. Ce personnage doit absolument mourir, et le plus tôt sera le mieux !

  4. Le prochain épisode a pas intérêt à relâcher la tension, sinon ce sera la preuve que les scénaristes sont même pas capab’ d’enchaîner deux bons épisodes de suite…

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