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Les Morts Les Plus Violemment Tragiques de L’Histoire Récente de la Série Télé (Spoilers)

Cette semaine, beaucoup comme moi ont vu l’épisode de Sons Of Anarchy (si ce n’est pas le cas, voyez-le d’abord) (revenez ensuite) (si vous vous foutez de SOA, je vous invite à continuer la lecture) et à moins d’avoir échappé au teasing pre ainsi qu’au spoilers post-épisode, vous savez que l’un des personnages principaux est sorti du loft. C’est un fait, une série repose sur un certain nombre d’épisodes, certains personnages partent pour mieux revenir, meurent (pour mieux revenir aussi parfois), et participent ainsi à ce que dans le milieu de la puériculture, on appelle communément le jeu des chaises musicales. La mort d’un personnage est souvent violente, mais toujours émouvante, surtout lorsqu’elle touche quelqu’un d’aussi familier que peut le devenir le protagoniste d’une série télé. Elle l’est plus encore lorsqu’elle attaque par derrière, j’ai donc choisi d’établir une liste un peu morbide je vous l’accorde, induite aussi par une seconde vision de The O.C. (je mens c’est la troisi…quatrième), la liste des morts les plus tragiques, inattendues et mémorables (tout à la fois) de l’histoire du petit écran…

*à raison d’un décès par série. Vous êtes libres d’en ajouter dans la section des commentaires, ou objecter mes choix… J’ai établi cette liste selon le critère suivant : si je m’en rappelle, il fait parti de la liste.

Billy Alan Thomas, Ally McBeal – “Boy Next Door”

Ally McBeal est, comme pour pas mal de gens de ma génération l’une des premières séries télé après Les Simpsons et avec The X Files, Urgences, Friends, que j’ai suivi avec le minimum d’assiduité permis par mes parents (avant de lâcher l’affaire quand ça commençait à craindre…) J’étais donc relativement jeune et naïf quand j’ai assisté à la chute de Billy. Je me rappelle avoir été un peu triste, un peu circonspect aussi… Si faire crever un personnage principal me semblait assez surprenant, le faire par surprise était inédit.

Jimmy Darmody, Boardwalk Empire – “To The Lost”

“Under God’s Power She Flourishes” nous avait livré les secrets de sa relation incestueuse et castratrice avec sa mère Gillian, mais aussi annoncé la cassure du personnage de Jimmy Darmody, la mort d’Angela n’étant que le reflet de l’impossible reconstruction de leur union, et le meurte du Commodore la résolution de son œdipe.

Et après avoir trahi Nucky, et failli, le personnage n’avait plus rien à accomplir, plus rien à espérer. Jimmy n’était pas vraiment en vie, il est mort dans les tranchées avec des millions de ses frères d’armes, à qui il n’oubliait jamais de porter un toast : “to the lost.” Le fan de Cowboy Bebop que je suis ne peut s’empêcher de penser au personnage de Spike, avec qui Jimmy partage plus d’un trait de personnalité. Cette attitude désincarnée et téméraire transpirait dans chacun de ses actes. Lorsqu’il tirait dans la tête d’un homme sans montrer le moindre signe d’humanité, ou pendant l’épisode chicagolais, lorsqu’il s’attachait à une prostituée défigurée. Enfin dans son parcours contre Nucky.

Jimmy n’a avec le recul jamais semblé impliqué. “You can’t be half a gangster.” La phrase qu’il livrait à Nucky dans le pilote, et que ce dernier n’aura que trop bien enregistrée, résonne littéralement lors de la scène finale. Nucky a fait le deuil de son humanité, et depuis longtemps fait celui de son ancien protégé. Jimmy savait, empêchant Richard de le suivre, et si nous savions nous aussi, nous espérions voir la rédemption de Jimmy. Nous n’étions simplement pas prêts à le voir partir.

Ned Stark, Game Of Thrones – “Baelor”

Ned Stark est, “it is known” pour ceux qui lisent les bouquins, le premier d’une longue série de protagonistes qui trouveront la mort de façon brutale, sanglante ou arbitraire tout au long de ce “chant de glace et de feu”.

Cette entrée sert donc aussi bien de référence à ces futurs disparus qu’à cette décapitation nonchalante (comme je me suis amusé à la nommer) qui il faut le dire, est particulièrement atroce, parce qu’elle est aussi surprenante qu’insupportable. Jusqu’au bout, on espère Ned être sauvé, à la manière de nombre de fictions similaires, où le héros s’en sort in-extremis. Et au bout du compte, on réalise que la série adaptée de l’oeuvre de George RR Martin ne fait pas vraiment dans le happy end, et s’efforce de montrer comment les choses arrivent logiquement.

C’est difficile d’adhérer à cette logique lorsque notre héros meurt, et pour ajouter insulte à blessure comme disent les américains, meurt par sa propre lame, sur ordre d’un atroce roi bâtard, pour des raisons fabriquées et injustes, et bêtement, pour l’honneur. Bêtement parce que la leçon à retenir pour les futurs héros de Game of Thrones, l’honneur, ça coute cher. L’autre leçon, c’est que personne, personne, n’est sauf. Reste que cette épée s’abattant inexorablement sur la nuque de Sean Bean est une image à jamais imprimée sur ma rétine… et c’est pas fini…

Mike Ehrmantraut, Breaking Bad – “Say My Name”

Parce que les auteurs de cette série sont surpuissants, Breaking Bad a donné à Jonathan Banks le rôle de sa carrière. Le personnage de Mike, lorsque celui-ci nous fut présenté, faisait irrémédiablement penser à cette bonne tête bien connue des polars 80s, et était donc assimilable au second couteau habituel un brin patibulaire et un rien menaçant. Puis au fur et à mesure des épisodes, ce stéréotype a gagné en importance et en nuance, pour devenir le Mike que l’on connait, et que l’on a appris à aimer. Et parce que les revers d’une intrigue fracassante et imprévisible en avaient fait une atout pour Walt et un mentor pour Jessie, avec qui s’était établi une sorte de respect mêlée d’affection qui disparaitra avec lui, il meurt, sur cette note d’ironie acerbe et de mélancolie.

Charlie Pace, Lost – “Through The Looking Glass”

La mort de Charlie est à l’image de la série, un poil dramatisée. Cela n’empêche absolument pas de la trouver infiniment triste. La série n’a jamais vraiment eu beaucoup de scrupules à se débarrasser de personnages hostiles ou encombrants, et vers la fin, à tuer presque systématiquement nos personnages préférés. Mais l’image de Charlie (qui avait déjà été reportée depuis le pilote), délivrant héroïquement son message avant de se noyer, son corps englouti se mouvant lentement dans sa prison de flotte, autant le dire simplement, ça nous a tous foutu un coup.

Marissa Cooper, The O.C. – “The Graduates”

Pour tous les amateurs de la série de Josh Schwartz, Marissa Cooper devait mourir, nous allions apprendre que l’Univers (ou la Faucheuse de la saga Destination Finale) partageait aussi cet avis quelque part dans la saison suivante.

C’est l’histoire que Schwartz voulait raconter : comment un garçon donnait à une fille un sursis, et une chance, entre autres aventures traumatisantes (l’horrible storyline de la saison 3, vous savez laquelle…) de se réconcilier avec sa mère, d’apprendre à connaitre sa sœur, et vivre un amour absolu, comme seuls les adolescents (des séries américaines interprétés par des acteurs de 25 berges) en vivent. Qui aime bien châtie bien, parce que je mentirais si je disais que je n’ai pas (à chaque fois) eu l’œil qui commençait assez sérieusement à s’embuer lorsque Ryan répète “Marissa” en vain, son corps inanimé dans les bras.

Jamais l’ambiance de la série n’a été aussi noire, et paradoxalement, aussi juste que lors de la sortie (de route) du personnage principal – fallait le faire à l’époque.

Joyce Summers, Buffy – “The Body”

Ceux qui ont vu “The Body” savent qu’il ne s’agit pas d’un épisode comme les autres. La violence autrement débridée et décalée de la série culte de Whedon cède la place à un drame intime, mais dont l’horreur et la tension surpasse de loin tout ce à quoi elle nous a habitué.

Elle est proche en cela de celui avec lequel j’ai choisi de boucler cette liste, parce qu’elle est insidieusement réelle, et confronte chaque personnage à la perte d’un être cher.

Au passage, et n’en déplaise à ceux qui pourraient avoir des à priori concernant la série de vampires, “The Body” est l’un des plus grands épisodes de télévision de tous les temps, et la première itération de ce qui allait devenir une spécialité Whedonesque, faire claquer le personnage le plus innocent ou le plus adorable de ses œuvres, et ce de la façon la plus brutale qui soit.

Spike knows what’s up

Ryan Chappelle, 24 – “Day 3, 6AM-7AM”

La mort de Ryan Chappelle, plus encore que celle de n’importe quel autre personnage de la série, fut dévastatrice pour n’importe quel fan de 24.

Lorsque Teri meurt à la fin de la saison 1, il est plus triste de voir l’effondrement de Jack, que de voir mourir sa femme, mais quand Chappelle est exécuté, nous sommes comme notre protagoniste, horrifiés, autant lorsque celui-ci doit presser la détente, autant lorsque nous réalisons que le bureaucrate insupportablement procédurier n’était rien moins qu’un héros.

Curtis “Lem” Lemansky, The Shield – “Post Partum”

La mort de Lem couvait depuis un moment lorsqu’elle survint, brutalement des mains de Shane, son meilleur ami, et avec toute la subtilité d’une grenade – la subtilité n’ayant jamais vraiment été le fort des sieurs Shawn Ryan et Kurt Sutter – et le geste est si impensable, l’explosion si atroce que l’épisode nous laisse livide, avec la sensation que rien ne sera plus jamais pareil, et qu’un nouveau seuil de violence était franchi pour la petite histoire de la télévision.

Quant à Lem, aucun fan n’avait envie de voir partir celui qui était la seule ancre morale de leur bande, ni n’y était émotionnellement préparés. Hor-rib’e.

Lucy Knight, Urgences – “Be Still My Heart/All In The Family”

Parmi toutes les fins qu’ont connu les nombreux protagonistes de la série, aucune n’aura été plus éprouvante, à la fois pour les nerfs et les glandes lacrymales, que celle de Lucie. Certes, comme celle de Charlie, elle est dramatisée et donc, un peu manipulatrice. Mais sans déconner, il faut pondérer l’ingéniosité de la mise en scène, l’utilisation de la musique, et du morceau “Battle Flag” des Pigeonhead (que je n’ai plus jamais écouté sans penser à cette scène). Les plans finals sont juste terribles, dans tous les sens du terme, entre la découverte de Lucy, vivant ses derniers instants, et l’image de Carter qui s’évanouit, et survivra non sans descendre dans une spirale d’addiction aux antalgiques, parce que c’était pas le style du drama hospitalier de nous épargner quoi que ce soit, et comme nous le rappelle Pigeonhead, parce qu’elle “aim to please”. L’épisode, incidemment, fera partie d’une série noire d’épisodes particulièrement badants pour les téléspectateurs français, dont justement celui de Ally McBeal, et une semaine plus tard, un autre épisode d’Urgences dans lequel trépasse le père de Mark. Traumatisant.

Preston “Bodie” Broadus, The Wire – “Final Grades”

Bodie aura longtemps été le sale petit dealer, un peu méchant, plutôt malin, et l’enfoiré qui a tué Wallace. Faire de ce personnage haïssable, stupide, et violent, trois saisons plus tard, le personnage le plus attachant de la série est un exploit comme seule la monumentale tragédie urbaine qu’est The Wire en fut capable.

Au fil des épisodes ses relations on changé, évolué, pour qu’il gagne l’affection de flics qui autrefois le rouaient de coups, ainsi que le respect de McNulty – et de Marlo dans un sens – même si son exécution sauvage, dégueulasse, est loin d’être respectueuse. Elle est probablement dans l’histoire de la série, la plus déprimante, parce qu’elle est la plus insignifiante, et après celle de Wallace, la plus inutile et donc la plus triste. Pas Bodie putain ! Pas Bodie…

Adrianna La Cerva, The Sopranos – “The Ride”

Bien des personnages sont morts dans les Sopranos, et presque tous de façon particulièrement violente. Histoire de faire une sorte d’exception à la règle que je me suis fixé plus haut, j’ai choisi Adrianna, qu’aura interprété à merveille Drea Di Matteo pendant quatre saisons de ce chef d’œuvre télévisuel.

Elle a balancé aux feds, elle sait donc à quoi s’attendre, et nous savons aussi à quoi nous attendre. Et bien qu’elle couve depuis près de deux saisons, nous refusons d’admettre ce qui pour les auteurs est une évidence, et c’est ce qui rend la mort de Ade particulièrement difficile, à défaut d’être totalement surprenante. Comme elle, nous savons exactement ce qui va se passer, nous espérons jusqu’au bout sa grâce, mais n’opposons aucune résistance…

Lane Pryce, Mad Men – “Commissions & Fees”

Restons dans le traumatisant, et abordons la suicide abominable de Lane, qui est, à ce jour, l’image la plus horrible que je retiendrais de l’histoire de la série télé. Jamais je n’ai été aussi mal de ma vie. La violence de sa disparition vient autant du suspense – celui menant au suicide en question ainsi que celui entourant ce qui se trouve derrière sa porte – que du seul effet d’un maquillage saisissant de réalisme.

Et au delà de notre rapport au suicide, la découverte macabre n’en est que plus accentué, puisque l’absence d’effets laisse la place aux acteurs, et à leur réaction, rendant d’autant plus effroyable la perte du personnage. Glaçant.

***

BONUS !

Opie Winston, Sons Of Anarchy – “Laying Pipe”

Je vous ai gardé non pas le meilleur (quoique) mais le plus spoilery et plus récent pour la fin. Comme Charlie, Lucie ou Lane, Opie était le personnage le plus attachant de SOA. Comme Lem, Opie était le cœur et la morale de SOA. Comme Adrianna, Opie ne mérite pas de mourir. Et comme Bodie, Opie ne mérite pas de mourir ainsi. Mais comme Chapelle, il meurt en héros. Opie était notre personnage préféré. Pourtant, sa mort est logique, d’une part parce que l’Ophelia du Hamlet de Kurt Sutter devait mourir, mais aussi parce que Opie n’avait plus grand chose à faire dans l’intrigue, si ce n’est se venger personnellement de Clay, réduire en cendres le club qui lui a pourri la vie, avant de s’en aller vers le soleil couchant avec son best bro au guidon de leur motos.

Logique donc que sa mort entraine Jax vers sa destinée, développant au passage un peu plus le personnage tout en débloquant l’intrigue et redirige enfin la série dans la bonne direction. Logique aussi qu’elle terrasse chacun des spectateurs qui ont assisté impuissants à l’épisode de mardi dernier. Même si on s’y attendait (à cause de la logique tout ça) on s’attendait pas à un truc aussi moche.

11 thoughts on “Les Morts Les Plus Violemment Tragiques de L’Histoire Récente de la Série Télé (Spoilers)”

  1. Même si on y était préparé, Nate dans Six Feet Under et Mark dans Urgences m’ont bien fait chialer.

  2. Teri Bauer dans ’24’, Rita dans ‘Dexter’, et le combo ‘Luther’/’Rome’ de l’actrice Indira Varma (très douée pour mourir tragiquement, visiblement !)

    1. On peut donc conclure que ça ne m’émeut pas vraiment quand la femme du héros décède.

      Plus sérieusement, je dirais que Rita était devenu tellement chiante que la voir mourir était plus un soulagement qu’une tragédie. Je crois qu’au moment où elle mourrait, je me faisais des œufs brouillés.

      Teri n’aura pas eu le temps d’être un personnage suffisamment attachant pour me foutre le cafard. Je t’avouerais y avoir songé mais réalisé que limite mon kiff malsain pour Nina supplantait ma peine (et ma surprise) d’une part, et qu’on est plus triste pour Jack que pour Teri, d’autre part. Mais j’imagine qu’ici, c’était un peu subjectif, c’était entre Teri et Chapelle. Mais j’avoue, en y repensant, je m’y attendais pas.

      En revanche, j’aurais du évoquer Indira Varma, tu fais bien de lui rendre hommage.

  3. Je trouve que beaucoup de choses présageaient la mort de Charlie pour que celle-ci soit vraiment choquante, celles de Sun et Jin, je ne m’y attendais pas du tout.

    1. Je t’accorde Lady Sybil, Downton Abbey a beau être un soap opera déguisé en série sérieuse, ça m’a pas empêché de pleurer d’avoir une autre de mes crises d’allergies.

      J’aurais songé à l’inclure si ses adieux en forme de promesses ne présageaient pas d’une issue malheureuse à cette histoire de “risque” d’éclampsie. En revanche, la mort de ******* à la fin du dernier épisode en date m’a laissé de marbre. L’acteur avait non seulement annoncé son départ mais aussi parce qu’on voit le truc venir à dix miles.

      Quant à Mitch Leery, c’est pas tant sa mort qui m’avait attristé davantage que l’épisode dans lequel ils se souviennent de lui. Sa mort est ridicule. Surprenante certes, parce que ridicule. Il bouffe un cornet de glace au volant de sa caisse (complétement irresponsable déjà) et il fait tomber sa boule (c’est ballot) et au lieu de s’arrêter (ce que toute personne sensée ferait) il se dit non pas le temps, et au lieu de s’écraser quelque part près de son siège, sa boule a roulé (mouais) donc bien entendu, il quitte un instant la route des yeux, et c’est pile le moment que choisit un semi pour l’emplafonner…

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