The Walking Dead – Walk With Me

Je me permets en guise d’introduction ce petit aparté concernant l’épisode précédent…
(quelques spoilers pour ceux qui lisent la bande-dessinée).

Comme je l’ai déjà fait remarquer, les différences entre la bande-dessinée et la série télévisée sont nombreuses et souvent couteuses. Pour reprendre le personnage de Lori, que cette nouvelle saison semble vouloir adoucir (Oliver Trask a repris la première place) sa version papier n’était pas un personnage très construit, mais était loin, très loin d’être aussi haïssable. La raison et c’est peut-être bien la raison précise pour laquelle Darabont s’est fait évincer, c’est que dans la bande-dessinée, Lori a eu besoin de Shane lors du pire moment de sa vie, lorsqu’elle pensait avoir perdu son mari, lorsqu’elle pensait qu’elle allait mourir, et n’a eu besoin de sa bite qu’à cet instant. Cela ne ne reproduira jamais, on est donc loin du deuxième épisode qui s’ouvre sur la relation charnelle (et amoureuse?) qu’entretiennent les deux amants, faisant visiblement peu de cas de Rick, de Carl, ou de la fin du monde. Shane n’était pas décrit comme un psychopathe, mais comme un enculé qui tombe amoureux de la femme de son pote et vit très mal la situation, et la vivra encore plus mal lorsque ce dernier reviendra, grillant un fusib’e et tentant d’assassiner son meilleur ami avant de se faire descendre par Carl, et tout ça après seulement une centaine de pages !

Ce que Darabont voulait, et cela est mis davantage en relief dans cette saison, c’est montrer non pas un couple solide dont l’amour est presque rendu plus fort par une situation impossible comme c’est le cas dans la bande-dessinée, mais un couple sur le point de se défaire comme cela arrive dans la vie, et qui serait probablement passé par le divorce, le week-end sur deux et la pension alimentaire si ce n’était pour tous ces morts qui marchent. Le personnage de Lori était donc niqué dès le départ, parce qu’elle est la femme adultère qui par dessus le marché se permet de donner des leçons de morale. Bref comme beaucoup de bonnes idées de Darabont, elle ne paye pas completement (Sophia) et ce malgré le fait qu’elles sont un plus voire un mieux comparé à ce qui se passe dans la bande-dessinée, où par exemple – et bien que cela amène le groupe de Rick à se faire gerber rapidos de la ferme par un Hershel aveuglé par le chagrin et la fureur – l’accident de la grange arrive quand même connement alors que dans la série, le momentum créé par la recherche et l’attente rend la révélation bien plus puissante, mais se fait au prix de lenteurs et de digressions. La bande-dessinée les amènera directement à la case prison, où il se passera pas mal de trucs, puis enfin, au Governor. Darabont aura choisi de prendre son temps, de créer du symbole, celui de la rupture du lien social, de la perte de l’humanité, de la fin de l’innocence, avant que les choses ne commencent à prendre une mauvaise tournure (la saison 5 risque d’être intensément glauque si le numéro 100 est laissé tel quel) ça lui a couté son job.

Cette troisième saison s’est ouverte sur une séquence magistrale, aussi bien en terme d’immersion que d’exposition dans la mise en scène, préférant à un “montage” (prononcer montedge) une séquence où aucune parole n’est prononcée – et donc où aucune intrigue n’est entamée – avant que le générique ne démarre, le temps de se remettre doucement de la réalisation que nos héros ont du vivre un enfer quotidien que les auteurs ont l’intelligence de nous épargner, mais que l’on ne peut qu’imaginer…

On s’est sorti les doigts du fion et on s’est enfin mis au boulot…?

Les deux premiers épisodes ont montré un niveau qu’on était bien loin de soupçonner au vu des saisons précédentes qui peuvent se passer d’au moins cinq bonnes heures. Visiblement, Peter Jackson supervisait le montage. Ce troisième épisode cependant pourrait conduire à leur meilleure saison, ou signifier la fin des haricots pour The Walking Dead. Commençons par les points positifs. 1. Michonne. Ce n’était pas vraiment aussi évident jusqu’alors mais Danai Gurira EST Michonne. Tout, de sa gestuelle à sa plastique, est pour moi ce à quoi le personnage pouvait/devait ressembler, mais mieux encore, les scénaristes ont su capter l’essence de qui est Michonne, et ce malgré les contorsions narratives. 2. Merle. Même si son menchon bionique fait un peu toc, ça fait juste plaisir de retrouver cette bonne vieille tête de Michael Rooker, et le voir défini en quelque chose d’un peu différent de sa caricature de redneck. 3. Carl. Après nous avoir vendu celui qui constitue l’un des meilleurs personnages de la bédé comme un sale petit con infoutu de servir à quoi que ce soit, cette saison prend un virage à 180° et ça le fait.

Ce qui nous amène au points négatifs, qui ne sont pas tout à fait négatif… J’y viendrais. 1. Andrea. On commence à entrevoir une possibilité, et ce malgré ce qui est pour moi, et avec tout le respect -et les érections- que je dois à Marita Covarrubias, la pire erreur de casting de l’histoire du monde. On ne peut pas faire n’importe quoi avec un personnage clé tel qu’Andrea. Que Dale se soit fait tuer comme un con passe encore, qu’Otis soit exit, tout comme une tripotée de persos que l’on ne rencontrera jamais, que Daryl le péquenaud débrouillard ait remplacé Tyrese la brute zen (et Oscar remplacé Dexter le ‘prison wolf’ ?), que Axel ne ressemble pas à Axel ou que le Governor ne ressemble absolument pas au Governor ne posent aucun problème surtout si le résultat est payant… Mais qu’Andrea ne soit pas Andrea, c’est chaud parce que le comic en a fait un truc, tant psychologiquement que physiquement, qui ne ressemble pas à grand chose tout en étant à sa place, une putain de survivante qui n’en à rien à foutre de rien et qui possède un don pour la survie et le tir en pleine tête, une nihiliste positive que même ta pote qui se croit nihiliste, et que même Carrefour, même pas ils peuvent test. Michonne pourrait mourir dans la bédé ça ne me choquerait pas. Pire, j’en crois Kirkman capable. Pas Andrea.

Bon à dire vrai, elles peuvent mourir toutes les deux, c’est un peu le truc avec Kirkman, c’est pas une fiction où les gens meurent parce qu’on en a fini avec ce qu’on voulait raconter sur eux. C’est une “réalité” où n’importe qui peut y passer parce que n’importe qui peut y passer. Il n’y a ni règle, ni ordre. Je pourrais survivre Chuck Norris, parce que ce con croirait pouvoir transformer un zombie en humain en le mordant, et que bah non, il se transformerait en zombie. Juste en sortant pas de ma piaule et en ayant bien fait gaffe de pas attirer l’attention d’un zombie j’pourrais. Ouais, j’pourrais arriver à chier par la pine*. Dans un film, personne n’a envie de voir un tocard survivre de façon nulle, on veut voir un badass faire des trucs de badass. On veut voir le Rick du comic (l’épisode de la semaine dernière n’aura pas déçu.) Andrea peut racheter son personnage et se rapprocher de celle qu’elle devrait être, mais objectivement, aussi bien les scénaristes que l’actrice sont passé à côté. Le ton de la série n’est pas le même que celui de la bande-dessinée.

D’un côté on a (eu) Lost sous Guronsan avec des zombies, ce qui est bien mais pas top, d’un autre, on a La Route+Mad Max+NewYork1997 sous cocaïne avec des zombies.

2. Le Governor. Assez différent pour désarçonner, mais assez différent aussi pour intriguer. Plus swag, plus smart, plus bright et plus cool que le mizeroïde* original – et peut-être, down the line, éviter la redite avec le méchant actuel de la bédé… On nous présente un personnage radicalement différent mais qui en vérité n’est pas si différent que ça, simplement un peu moins démonstratif, un peu plus équilibré. Le récit se dirige en toute logique (à quelques changements près) au même point. On sait alors que ce à quoi on peut s’attendre ne serait pas complétement consistant avec le portrait qui nous est fait, et c’est cool parce que ça rend la chose imprévisible et le fan comme le profane est comblé, aussi parce qu’on comprend le concept basique de l’adaptation.

Et puis on relève une référence qui n’enlève rien à la présomption suscitée, et puis une autre et une autre qui cherchent tout à coup à nous faire comprendre que tous ces changements n’ont rien enlever à la personnalité fondamentale du personnage, et que quelque part, ça le rend encore plus sadique après son assaut sur les militaires. Et là encore parce que c’est la base d’une adaptation réussie – sinon autant appeler ça Dead People Are Totes Walking Bro’, et dire s’être vaguement inspiré de l’œuvre de Robert Kirkman, s’envoyer des putes et de la cocaïne au lieu de bosser. Bref on pense voir ce que l’on pensait ne pas voir mais que l’on voulait voir, mais tout ça est si subtil qu’on pense souffrir de paranoïa, parce que c’est peut-être juste la façon dont on cherche à amener quelque chose de complétement différent, mais on se dit que c’est quand même ce que tout le monde attend de voir parce que merde c’est génial et taré et horrible et unique pouf on nous fait le coup du pétard mouillé. Une fin forcément un peu tiédasse et amère pour le fan, et un épisode somme toute sympa (le crash de l’hélico : énorme) plutôt encourageant pour la suite de cette saison, qui m’a tout de même l’air super bien lancée.

* ces références n'engagent que moi.

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