Retrospective 2012

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L’année 2012 fut plutôt une très bonne année de cinéma (une année pourrie sinon). Pour l’illustrer, comme chaque année – depuis quelques années – certains youtubers proposent un montage, tel GenRocks et sa Filmography 2012, ou le jeune et talentueux Kees van Dijkhuizen, qui aura pris son temps pour nous livrer sa mouture…

Sa vidéo trahit une fois de plus l’age de l’auteur (19 ans) et donc sa propension à se laisser berner par le faste, le bruit et la fureur et mettre dans le même sac les grandes réussites de 2012 (l’incompressible Avengers) comme ses jolis ratages (Prometheus, Cosmopolis, Cloud Atlas) ou ses grosses daubes… D’aucuns argumenterons sur lesquels sont-ils. Chacun ses goûts, acceptons les différences tout ça… Perso, j’ai aimé The Dark Knight Rises, d’autres non. J’ai pas aimé Laurence Anyways, d’autres si. Je n’ai pas vu Skyfall… beaucoup l’on vu. Je n’ai pas englouti autant de films que l’an dernier (quoique), j’en ai raté certains (je les verrais plus tard) mais surtout, et j’imagine que c’est une leçon de 2011, n’ai pas perdu mon temps devant des films que je savais d’avance catastrophiques, ou déplaisants, ou juste mauvais. Or il faut parfois être curieux (ou masochiste) pour se rendre compte qu’aussi con soit-il, The Amazing Spider-Man n’est pas un film de merde, le fait qu’il ait en effet été monté pour permettre à Sony de ne pas rétrocéder à Marvel les droits d’adaptation n’est pas en soi un argument contre ses qualités, ses performances plus que généreuses… Se mettre en garde devant ce que l’on sait être un film déplorable n’est pas la même chose que de préjuger d’un film qui sait être compétent en dépit de sa discutable genèse ou de l’injuste backlash qui l’accompagne. J’ai par exemple vu John Carter et l’ai trouvé bien moins naze que The Hobbit, parce que oui c’est sympa et joli et oui Freeman est prodigieux (il sauve le film de son indigence) mais pitié avec tes personnages en plastique, et ton développement en carton, et pitié avec ton eagle ex machina ! Prometheus parvient à être sauvé par ses extraordinaires premières minutes, ses quelques bons moments (la scène de l’accouchement) et sa plastique 4K de toute bôté. J’ai vu Dredd 3D et The Grey et les ai trouvé, surprise, excellents, tout comme Universal Soldier Day of Reckoning. Je n’ai pas trouvé la fin de Sinister aussi inepte que ce qui a pu être dit. J’ai vu Ted, Jeff Who Lives At Home et Moonrise Kingdom et considéré que les horripilantes manies de leurs auteurs respectifs n’auront pas suffi à me faire bouder mon plaisir, bien au contraire. De même la présence de Marion Cotillard n’aura pas réussi à me gâcher De Rouille et D’Os (quoique c’était limite)(sérieux ça m’a plutôt réconcilié avec elle) et l’abus de shaky cam’ dans End of Watch ou Chronicle ne les aura pas entièrement foutu.

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En revanche je me suis tenu au loin des Battleship, Rock Forever, Chroniques de Tchernobyl et autres Colère des Titans, des Dark Shadows, des Premium Rush, des Red Dawn et des Alex Cross. J’ai éliminé d’emblée les Target, les Flight, les Lincoln et Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires, les Blanche-Neige et Blanche Neige et Le Chasseur et peu importe quels épisodes de Twilight, Sexy Dance, Madagascar, L’Âge de Glace, Resident Evil et Paranormal Activity sortaient cette année, ainsi que To Rome With Love – parce que Woody ne peut pas nous sortir un Match Point ou un Midnight in Paris tous les ans – ou The Beasts of Southern Wild – parce que nous ressortir le mythe du Magic Negro, racoler l’esprit bien pensant des bobos et nous gaver de sirop et de clichés est juste d’avance gerbant. Au final, j’ai quand même vu le dernier Spielberg, et si j’ai apprécié les compositions de Daniel Day Lewis, Tommy Lee Jones et James Spader et David Costabile, je le trouve carrément surestimé.

Bon j’ai vu Sécurité Maximale, ContrebandePeace, Love et Plus Si Affinités (pitié avec les titres français!) ou encore Hunger Games et je dois dire que je n’ai pas particulièrement détesté ces films. Je n’ai pas non plus particulièrement adoré l’intriguant Sound of My Voice, les sympathiques John Dies At The End et Casa de mi Padre, ou l’enthousiaste L’Homme Aux Poings de Fer de RZA. Seulement quelques films (d’envergure) se seront donc avérés à mon humble avis moyens cette année, et outre les susnommés Prometheus, Cosmopolis et Laurence Anyways (je n’arrive décidément pas à me faire au style emprunté et dérivatif de Xavier Dolan), sans parler de l’inepte Piranha 3DD (que j’ai vu oui, j’aurais pas du) les grosses déconvenues cette année se situent au niveau du prometteur mais perfectible The Imposter, du fatigué (et fatiguant) The Dictator ou encore du pétard mouillé Seeking A Friend For The End Of The World. On m’avait conseillé la bizarrerie d’Excision, la flibusterie de God Bless America, on m’a mal conseillé. Le remake de Total Recall ne m’a pas forcément déplu – quelques scènes sympas, quelques trouvailles visuelles – mais je l’ai déjà complétement oublié du à son manque d’originalité et d’intérêt, tout comme The Bourne Legacy, pour les même raisons…

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J’en ai donc profité voir plein des films qui ne sont pas sorti en 2012… D’ailleurs, les fantastiques The Raid : Redemption et The Ambassador ainsi que les non moins fantastiques Oslo 31 août, Himizu et The Day He Arrives (Matins Calmes à Seoul) datent techniquement de 2011 – ça tombe bien, le cru 2012 de Hong Sang-soo, In Another Country, était un peu nul – et j’ai aussi, je dois l’admettre, vu quelques films qui ne sortiront que l’an prochain, tels Silver Linings Playbook, Seven Psychopaths et Zero Dark Thirty, que j’ai adoré, pour pleins de raisons différentes et malgré les quelques réserves que je pouvais avoir.

Car à l’instar du touchant Magic Mike de Steven Soderbergh, ou de l’étonnant Universal Soldier – Day of Reckoning de John Hyams, du pétaradant The Expendables 2 ou de l’ébouriffant The Raid, de l’hilarant 21 Jump Street ou du stupéfiant Cabin In The Woods, de l’hystérique Killer Joe, du frénétique The Master ou de l’ésotérique Holy Motors, du décevant Prometheus ou du déroutant The Dark Knight Rises, de l’éprouvant Himizu ou de l’émouvant Amour, de l’amusant Nameless Gangster ou de l’ensorcelant Silver Linings Playbook, du subjuguant Sleepwalk With Me ou du terrifiant The Ambassador, du passionnant Seven Psychopaths ou de l’envoutant Safety Not Guaranteed, de l’intelligent Looper ou de l’ambitieux The Avengers, du sensationnel Oslo 31 Août ou du démentiel Zero Dark Thirty, beaucoup de films cette année m’auront surpris et auront surpris, parfois en dépit de leur apparente nullité ou de leur réputation dégueulasse, mais simplement surpris, tels de décisifs “all in” avant la fin du monde. Ceux-là comme le puissamment évocateur Lawless ou le gentiment maitrisé Argo, comme ComplianceDe Rouile et D’Os, La Chasse et Searching For Sugar Man (Django Unchained aussi, surement) tous représentent pour moi, dans leur diversité, leur brillance, mais aussi leurs défauts, le meilleur de cette année 2012.

safety-not-guaranteed

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