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Game of Thrones – Saison 4, Deuxième Partie

Dans mon article précédent, si j’ai pu observer que la première partie de cette quatrième saison a démarré sur les chapeaux de roues. ces quatrième, cinquième, sixième et septième épisodes ont ralenti un peu le jeu, et ont parfois pu se montrer inconsistants, voire, si je puis émettre une pointe de critique sans me faire violenter par les fans, frustrants, la faute à des avancées narratives ou timides ou carrément relous.

Mais ce Game Of Thrones que l’on aime est revenu en forme lors d’un sixième épisode de haute volée, brillant par la performance de Peter Dinklage, et les différentes directions prises par nos protagonistes, bien que l’on ai pu avoir l’impression que ça a mis un peu de temps pour les y conduire, en particulier lorsque d’une part on a lu les livres, mais aussi, d’autre part lorsque l’on compare avec le rythme trépidant des saisons précédentes. Le contrepoint étant que cette fois les auteurs ont pris le temps d’apporter un éclairage sur les zones d’ombre d’une intrigue toujours aussi complexe qu’imprévisible.

Cette baisse de rythme correspondait cependant assez bien à la situation de l’avant-dernier épisode. Une situation politique paralysée, à laquelle répondait des actions extrêmes, à l’image de l’assaut de Yara du Dreadfort pour sauver son frère, que l’on découvre véritablement et définitivement brisé, seul demeure Reek. Depression aussitôt transformée (enthousiasme du spectateur aussitôt rehaussé) par la perspective des plans de Ramsay, dans une scène paradoxalement plus intenable que celle qui la précède. Une scène où l’on découvre que le sadisme du bâtard de Bolton n’a jamais été complètement gratuit, mais l’œuvre d’un expert manipulateur, et que le calvaire de Theon ne s’arrête pas à la torture physique…

Ou à l’image de la supplique d’un Stannis toujours aussi dur et froid, et un Davos plus dévoué et loyal que jamais, face à des financiers cyniques et pragmatiques – quoiqu’étonnamment caustiques. Scène qui rappelait quelle fascinante relation unit ces deux personnages, en plus de dépeindre le faste austère de Braavos, son Iron Bank, et son Colosse, Tandis que Daenerys réalise les limites de son pouvoir, dans un épisode, ses dragons foutent le bordel pendant que sa “justice” lui laisse un gout amer; dans un autre, elle montre une assurance dans ses relations, qui l’espace d’un instant et dans la même seconde, nous fait oublier son jeune age, mais nous rappelle son parcours…

Mais le vrai grand moment de “The laws of Gods And Men” reste le procès de Tyrion. S’abattant habilement sur le spectateur, la séquence fait l’effet d’une chape de plomb. Une mise en scène éhontée de mensonges, de révélations, étouffante – dont le point d’orgue est le témoignage glaçant, la trahison cruelle de Shae – suivie d’un réquisitoire émouvant, mais plein de brutalité, de désespoir, teintés d’amertume. Un affront à un père démontrant son absence totale d’amour ou de considération pour son fils, qui n’aura d’autre effet que de faire croire à la fin de Tyrion Lannister, le temps d’un épisode marqué par des adieux. Dits à haute voix à Shae, jamais prononcés entre lui et son frère Jaime, et enfin ceux, bien plus doux-amer que dans le roman, avec Bronn (peut-être aussi parce que l’alchimie et la complicité à l’écran était plus forte que la très sèche alliance des bouquins.)

Alors qu’Arya sent son empathie pour The Hound (que je verrais bien présenter un Très Chasse, Très Pêche spécial L’Homicide Pratique & Efficace) aller contre ses plans de vengeance, Brienne et Podrick croise Hot Pie (qui pourrait aisément être le compagnon de route lors d’un Le Chef Cyril Lignac à Westeros) lors de leur sympathique road trip à la recherche de Sansa.

C’est sur Sansa que se conclura cet épisode intitulé “Mockingbird”, comme le titre le laissait présager. Le “vol” de Lady Lysa. Si le moment a pu paraitre violent pour les spectateurs, pour les lecteurs, un point d’interrogation – ainsi que des effets spéciaux pas super réussis – nous ont quelque peu fait sortir de la scène. Dans le roman, le ménestrel Marillon, qui depuis l’arrivée de ‘Alayne’ à l’Eyrie, n’a de cesse de la poursuivre de ses avances, est présent lorsque Lysa est poussée par Littlefinger, et est accusé par celui-ci et arrêté sur le champ par ses gardes.

Lord Petyr pulled Sansa to her feet. “You’re not hurt?” When she shook her head, he said,
“Run let my guards in, then. Quick now, there’s no time to lose. This singer’s killed my lady wife.”

Dans le livre Petyr Baelish fait une fois de plus montre de son machiavélisme en faisant diversion, usant du parfait bouc émissaire, ce qui a pour effet de le disculper et dissiper les doutes que les chevaliers fidèles à Lady Arryn pouvaient nourrir pour son époux. Dans la série Littlefinger et Sansa ne sont-ils pas des coupables tout désignés ? J’ai hâte de voir comment cela va se passer – à en juger par le teaser, je pourrais être surpris…)

Au final, si il n’y a jamais vraiment eu d’épisode de Game Of Thrones raté, et bien que ce milieu de saison fut un peu faible, ces deux dernières semaines ont vu un vrai regain, et les trois prochains -et derniers- épisodes de cette quatrième saison, devraient continuer dans cette lancée, et gagner en intensité, sans rien perdre de cette faculté à capter via une écriture exemplaire aussi bien les périls et enjeux d’un monde sur le sentier de la guerre, que les émotions les plus infimes et les plus subtiles, et servir des acteurs remarquables.

A l’instar de cette scène extraordinaire (qui plus est sachant qu’elle est la première que Pedro Pascal a tourné) entre Oberyn et Tyrion, toute en insulte voilée et larmes retenues, qui scelle le destin de ces deux êtres, comme le dernier rouage d’une machine infernale dont il nous tarde de voir les conséquences, jusqu’à la prochaine saison…

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