5 Autres Séries à Découvrir de Toute Urgence

 

Mettons les choses au clair, si ça n’est pas déjà fait, vous devriez d’abord commencer par , ensuite aller ici ou , et pour ceux qui ont su faire leurs choix – il le faut – ou même pour ceux qui les connaissent déjà, faites-moi plaisir…

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L O S T – S06 E11 – Happily Ever After

Et bien, il était mouvementé cet épisode.

Je ne crois pas me tromper en affirmant que “Happily Ever After”, concordant avec l’arrivée de Desmond, personnage au centre de tous les épisodes clés, se pose comme l’épisode charnière de cette saison. Au fil des indices laissés ça et là par les auteurs épisodes après épisodes, nous arrivons à ce que nous attendions depuis 11 semaines. La connexion entre les deux lignes temporelles. Enfin (oui parce que certains semblaient s’impatienter), nous pouvons entrevoir le fin mot de l’histoire.

Suivant directement la scène entre Widmore et Jin, Desmond se réveille sur un lit d’hôpital, et Bouche-qui-Déconne s’apprête à lui donner un remontant par intraveineuse histoire qu’il se remette du régime de Guronsan® qui l’a maintenu inconscient – pendant trois jours quand mêm’. Après que Widmore, que Desmond est bien entendu surpris de voir, l’ait entretenu sur sa présente situation, notre gaillard, qui prend assez mal la nouvelle, se met en charge, on peut le comprendre, d’esquinter son beau-père avec un pied de perfusions. Après s’être fait maitrisé et entendu dire qu’il était prêt pour un test, Desmond, impuissant, est conduit dans une cabane dans laquelle siègent deux aimants géants qui quelques minutes auparavant ont causé la mort d’un technicien. La visite de Locke ayant forcé Widmore à presser ses plans,  l’inconséquence de sa troupe de scientifiques, obligés de se servir de matos vieux de 30 ans, est peu surprenante.


“J’vais t’défoncer mon frère !”

Desmond se voit exiger de Widmore un “sacrifice”. Desmond est ainsi amené à revivre (dans une version plus soft) l’expérience explosivo-électromagnétique de la base Swan. Et sans tarder, Des’ est “transporté” dans sa vie alternative, juste après l’atterrissage du vol 815 pour Sydney. Sauf que cette fois, même si les auteurs tentent de nous la faire avec un cut et un Henry Ian Cusik tiré d’une rêverie par Hurley, le héros ne se souvient pas de l’ile. Et si le visage de Desmond Hume est familier, il n’en va pas de même concernant sa personnalité. Leurs alter-egos n’ont jusqu’alors montré que de très légères différences vis-à-vis des originaux. Mais ce Desmond Hume, pragmatique, engoncé dans un costume sur mesure, à peine froissé par des mouvements sporadiques, est de fait diamétralement opposé au rêveur romantique et inconsistant, débraillé et gesticulant. Desmond n’est plus l’amoureux fou de Penny, il ne la connait pas, mais paradoxalement, il a trouvé un moyen de gagner l’estime de son père, Charles Widmore. Un chauffeur de maitre l’attend même au terminal avec une limo. C’est, la belle vie.

Il s’avère que dans cet univers, Charles est marié à Eloïse et leur fils musicien (que l’on devine être Daniel Faraday) à l’occasion d’une réception organisée par sa mère, veut jouer aux côtés de Drive Shaft. Desmond est chargé par Charles de libérer le bassiste et de jouer les nounous, avant de partager avec son employeur un verre de McCutcheon. Car, nous le savons, Charlie Pace est en gardàv’ pour avoir manqué d’y passer en s’étouffant sur un ballon d’héro. Mais ce que l’on va apprendre de Charlie lui-même, lors d’un échange légèrement éthylique avec Desmond, c’est que pendant l’incident suscité, une vision lui est apparue. La vision d’un amour pur, qu’il aurait du retrouver si jack ne l’avait pas sauvé. Au-delà de la romance, c’est bel et bien de l’univers parallèle dont il est question. Et si Charlie décrit Claire, et évoque leur histoire sur l’ile, cela ne l’empêchera pas, pour la deuxième fois, de chercher à se donner la mort. Pas de chance, car Desmond est un super héros – il voyage dans le temps, est imperméable aux surdoses de Gugu et aux radiations électromagnétiques – donc secourir un gars de 30 kilos dans une voiture qui coule, c’est du gâteau. Mais quelque chose se produit quelques instants avant que notre sauveteur ne remonte à la surface avec son pote d’un autre monde. Alors que Charlie est prisonnier de l’habitacle, et qu’il presse sa  main contre la vitre, Desmond a la vision de Charlie, se noyant dans la base sous-marine, et montrant sa paume sur laquelle sont inscrits les fameux mots : Not Penny’s boat.

Forcément amenés dans l’hôpital de Jack, Desmond n’arrive pas à chasser cette image de sa tête. Les champs électromagnétiques (ce mot commence à m’emmerder) de l’IRM et les flashs de Penny et de Charlie (le bébé) qui vont avec n’aidant pas, il se met en quête de découvrir qui est Penny, et qu’est-ce que tout ça signifie. Si Charlie n’est pas vraiment en position de l’aider, c’est d’abord, le troublant déni d’une Eloïse versatile, puis les confessions fantasmagoriques de son fils Daniel (maintenant Widmore) qui vont tout changer. Comme lui et Charlie, Dan a éprouvé la même expérience un jour en apercevant Charlotte par hasard, et Penny, comme on pouvait s’en douter à ce stade, est sa demi-sœur. Des retrouve son âme sœur dans le stade où il avait, il y a une éternité, rencontré Jacko. Leur rencontre est une scène magnifique et magique entre les deux acteurs. L’attente, puis la découverte, mêlé à ce sentiment de familiarité… J’ai pas fini, mais trop tard, ce con s’est évanoui en lui serrant la main. Et se réveille sur l’ile, dans la cabane, où ont accouru les hommes de Widmore et ce dernier. Desmond le regarde avec un regard de fou et de savant (Henry Ian’s touch). L’animosité prévisible a laissé place à un calme olympien et une relative coopération (j’attends de voir) même si tout semble indiquer que Desmond a tout compris, peut-être a-t-il vécu ce qu’il a vécu dans l’univers parallèle, ou quelque chose de complétement différent, et qui lui a fait entendre raison et aller dans le sens de Widmore. Mais quand on pense avoir tout compris c’est bien connu, c’est qu’on a tort.

Dans l’autre monde, Des se réveille, Penny à ses côtés, sans perdre sa contenance, il l’invite à boire un café. Elle accepte. Cool. Desmond retrouve son chauffeur (qui s’avère être George Minkowski, le radio du bateau de Widmore dans la saison 4… et qui aidait Kyle Chandler à sauver des gens grâce au journal du lendemain les dimanches matins sur M6. Ah nostalgie) et indique à celui ci de se rendre au café où il doit rejoindre Penny. En plus il lui demande de retrouver le manifeste du vol Oceanic 815. Comme Neo qui avale la pilule rouge et sort de la matrice, Desmond pour un court instant seulement, a vu la réalité. Sa pilule rouge est Penny, sa constante. Il est clair que l’amour est un facteur dans le voyage spatio-temporel. Ça parait cucul dit comme ça, mais comme Kate se collant à la vitre en apercevant Jack, et Jack laissant tomber sa mâchoire et se faisant mal aux nerfs de la tête en voyant Kate dans le taxi, pour Desmond, voir Penny, la rencontrer, lui parler, a déclenché quelque chose. Rencontrer l’amour de leur vie aurait donc un pouvoir chez les losties de la ligne temporelle alternative (cette phrase est incompréhensible, c’est normal) de se connecter à leur moi original.

Sorti de la cabane discothèque, Des est escorté par les hommes de Widmore et Bouche-qui-Déraille, qui déraille de la bouche en lui demandant comment a-t-il pu changer de comportement de cette façon. L’attaque surprise de Sayid (Avouez le, vous l’aviez oublié. Pas moi.) lui fait fermer cette horrible bouche de cyborg japonais et m’évite ainsi quelques nuits sans sommeil. Sayid est donc un peu plus loquace pour expliquer à Desmond qu’il doit le suivre, et que ces hommes sont dans le camp des méchants. Pourtant, et c’est à mon avis un truc que les spectateurs ont du regretter, il laisse partir Zoé (oui c’est son nom). Mais ce n’est pas le truc le plus surprenant. Non, ce qui est à s’arracher les poils de testicules c’est Desmond le suivre sans rechigner, probablement parce qu’il sait qu’il doit suivre Sayid pour que tout rentre dans l’ordre.

Fuck.


Quesque j’te sers ? Un ecstasy ?!

photos courtesy of ABC © 2010 American Broadcasting Companies, Inc.

L O S T – S06 E09/10 – Ab Æterno / The Package

Avant même d’entamer un résumé de l’épisode, ou plutôt des épisodes – pour lesquels au passage, puisque je n’y reviendrais pas, on peut saluer la performance de Nestor Carbonnel (Ab Æterno) et les quelques bonnes vannes de Miles, celles de Sawyer qui balance “Then we’re screwed six weeks from next sunday” ce qui est la date du finale ou le “That would be ridiculous”; la diatribe de Sun face à Ricardo, ou pour les amateurs tels que moi le petit “seki” placé par Jin avant qu’il ne défonce notre borgne préféré (The Package) – je me suis laisser aller à une hystérique hypothèse, écrite au gré de recherches insomniaques sur wikipedia.

Me souvenant de la scène d’ouverture du finale de la saison dernière, “The Incident”. Désignant le Black Rock voguant au loin – avant que de toute évidence, Jacob ne déchaine les éléments – L’Homme en Noir dit : “You’re trying to prove me wrong. […] They come, they fight, they destroy, they corrupt. It always ends the same” ce à quoi Jacob répond :It only ends once. Anything that happens before that is just progress”. Ce qui nous amène à l’épisode de la semaine dernière, “Ab Æterno”. dans lequel Jacob tient ces mots :

Think of this wine as what you keep calling “hell.” There are many other names for it as well, “malevolence,” “evil,” “darkness.” And here it is, swirling around in this bottle unable to get out because if it did, it would spread. The cork is this island. And it’s the only thing keeping the darkness where it belongs. That man who sent you to kill me believes that everyone is corruptible because it’s in their very nature to sin. I bring people here to prove him wrong. And when they get here, their past doesn’t matter.

Les mots Satan et الشيطان (Šayṭān en Arabe) signifient l’adversaire. Dans le Nouveau Testament, cet “Adversaire” revient de façon récurrente. Il est appelé “Satan” (Matthieu 4:10; Marc 1:13, 4:15; Luc 10:18), “diable” (Matthieu 4:1), “adversaire” (Pierre 5:8), “ennemi” (Matt. 13:39), “accusateur” (Révélations 12:10), “vieux serpent” (Rev. 20:2), Belzébuth (Matt. 10:25, 12:24) ou Béelzéboul (Marc 3:22) qui pourraient se traduire par Majesté des Mouches…

Or, si le diable est l’esprit et le principe du Mal dans toutes les religions, en tant qu’ange, il reste l’une des créatures de Dieu. Mais surtout le mot satan ne sera pas un nom propre avant que Jésus ne dise Vade retro satana ! et que le terme ne finisse par désigner le diable – et que l’ont associera à l’ange Samaël par erreur.

Dans le Livre de Job, ha-satan est le titre, la fonction même, d’un ange qui ne fait pas le mal, mais pointe du doigt les tendances et actions maléfiques de l’homme. Il n’a pas de pouvoir, mais Yahvé le laisse cependant tester la foi de Job, qui, tourmenté par la question du pourquoi, et endeuillé par la mort de sa femme et ses enfants, parvient tout de même à prouver sa foi, donnant tort au satan. Yahvé apparait alors sous la forme d’un tourbillon de poussière – Oh, vous savez ce qui a la forme d’un tourbillon de poussière ? Un putain de monstre de fumée noire par exemple ! Dans le Talmud, on fait preuve de sympathie pour le satan. Par ailleurs, dans un commentaire du Livre de Job, certains rabbins disent que sa tache était de “briser le tonneau sans renverser de vin.” Certes cette métaphore est quelque peu coïncidente, mais, selon moi, ce qui est important, c’est que cela pourrait sous-entendre que ce qui se passe dans Lost est le dernier test. Jacob serait peut-être Dieu en personne, combattant son ennemi, son adversaire, dans une dialectique mettant en jeu la vie d’hommes et de femmes.

Car bien que je tende à croire le transcript suscité. Je pense aussi que le show tente de nous montrer à quel point L’Homme en Noir est fucké. Et que cette fuckerie est causée par Jacob. Vraiment s’il y a un seul truc que l’on peut croire de la part de ‘Smocke’, c’est ce désir de rentrer chez lui, qui apparait sincère, aussi sincère que son désir de tuer Jacob.

Alors peut-être que ce qui ressort de tout ça, c’est que Locke/Smokey est Satan. Non pas le Satan diabolique, mais le satan qui apparait dans l’Ancien Testament, le Talmud et le Coran, et qui “travaille” pour Dieu. Dans ce cas, L’Homme en Noir serait assigné par Jacob de tester et d’accuser l’humanité encore et encore, non pas pour le plaisir d’avoir raison, mais parce qu’il est obligé. Il est un joueur dans une partie qu’il n’a pas envie de jouer, et ça l’épuise, au point qu’il veut à tout prix partir. Jacob éliminé, son but n’est peut être pas de faire le mal ou de le rependre comme le laisse présager et Jacob, et Widmore (ce qui tout à coup ôte de la véracité aux dires de Jacob). Son but est simplement de se casser de l’ile. Tandis que Jacob peut être ou ne pas être Dieu, mais à part passer pour le gentil, c’est aussi un enfoiré qui n’a aucune considération pour qui que ce soit, qu’il s’agisse des hommes qu’il manipule ou de l’employé qu’il a aliéné.


Tu le sais pas encore, mais tu vas t’zâaf

Pour revenir à l’épisode de ce soir, il est intéressant de noter que contrairement à ce que le premier épisode de la saison laissait penser (ou que j’ai bêtement imaginé), tout comme le second, savamment centré autour d’une Kate pas très différente de celle que l’on connait, les scénaristes ont peu à peu montré des personnages qui ont résolu leurs histoires, ce qui est mis en relief par la symbolique des miroirs tout au long de la saison (chaque personnage s’y est regardé). Ils ne sont pas plus heureux, ou évoluent dans des vies idylliques, mais ils sont, dans cette ligne parallèle, guéris de leurs afflictions. Claire va élever son fils seule; Locke a une relation heureuse et saine avec Helen; Jack élève un fils de la façon dont son propre père aurait du, se libérant enfin de son complexe; Ben se fait pardonner du mal qu’il a fait à sa fille en aidant son élève, et entretient un vraie relation avec son père; Sawyer a choisi une voie plus légale pour retrouver le responsable de la mort de ses parents, mais surtout une qui correspond avec ce qu’il est vraiment au fond, un mec bien avec une moralité changeante (comme tend à le prouver la chance qu’il offre à Kate dans “LAX”, probablement parce qu’à un certain niveau, il la connait). Quant à Sun et Jin, même si l’attitude du dernier pouvait rappeler le Jin du début, ils sont en fait libérés de l’emprise du père de Sun. Le cas Sayid reste un point d’interrogation. Je pense personnellement, comme en atteste son absence de réaction face à Claire tentant d’éviscérer Kate (énorme) le personnage ne sera pas heureux, et ayant enfin accepté ce qu’il est – un tueur – sa lente descente aux enfers (j’ai bien peur de parler littéralement) peut commencer.

Aussi, Jack, en acceptant peu à peu son rôle de candidat, perd la confiance et le soutien de ses amis, Hurley lui tient tête et Sun l’envoie bouler. Lorsque Jack était celui qui les sauvait, celui dont ils avaient besoin, ce sont ces même personnes qui le poussaient à accepter son rôle de meneur. Sun est revenue pour retrouver son mari, Kate, secourir Sawyer, et Hurley trouver des réponses. Jack est donc seul au moment de devenir Dieu, dressant une nouvelle parallèle avec le mythe. Dieu est seul, les humains s’éloigne de lui. Et même si l’image de Sun lui demandant pardon conclue l’épisode sur une note d’espoir. La guerre est proche, Desmond est enfin sorti du sous-marin (enfin!) donc je feins la surprise, mais j’attends la suite.

Pow.

Ay shibbal !

photos courtesy of ABC © 2010 American Broadcasting Companies, Inc.

L O S T – Premiere de la saison 6 – L.A.X.

What the what with the statue ? What the heck with the guy in black on the beach ? What the deuce with Jack’s dad and Claire ? What the eff with the island(s) ? What the frak with the lists ? What in the name of hell with the time travel ? And what the FUCK is “Smokey” ? A la fin de la saison 5, voilà les interrogations qui nous rendaient tous dingues. Ce n’est pas résigné que je dis que certaines de ces questions ne trouverons pas de réponses, parce que certaines n’en sont pas. Ce double-épisode semble se poser en exemple pour le reste de cette ultime saison, qui va, à mon humble avis, tacher de répondre à celles qui en valent la peine. Mais penser que plus aucun mystère ne subsistera en mai prochain est une lubie, car tant mieux s’il reste des zones d’ombres, tout ne doit pas être explicité.

Dans la saison 1, pourquoi ne pas avoir peuplé l’ile, en plus d’ours polaires, de dinosaures ou de singes géants, et avoir inventé le monstre de l’ile, en brouillant les pistes avec des bruits à la fois mécaniques et organiques (barrissements d’éléphants et “sonnette” de crotale) et une fumée charbonneuse et électrique, se déplaçant à la manière de l’entité aqueuse de Abyss, trucidant tout ce qui se trouve sur son passage (arbres, avions, pilotes d’avions…). En regardant King Kong, personne ne se demande, pourquoi un singe géant ? Probablement parce que même avec de telles proportions, un singe reste un singe. Une araignée ou un crabe ou un iguane, même en version XL, restent reconnaissables pour n’importe qui ayant ouvert un livre d’images, ou visité un zoo, tandis qu’une fumée noire… Pourtant le mystère l’entourant fut l’un des plus horripilant de la série. Ceci étant dit, la réponse est maintenant (partiellement) là, blim !

Je tenais simplement, en guise d’introduction, à rappeler à toutes les pignouses qui ne supporte pas la frustration qui accompagne Lost que si les fans de la première heure ne l’ont pas lâché, c’est qu’ils le savent sans s’en indigner à chaque fin de saison, et même y trouve une extraordinaire satisfaction, pas seulement dans les dénouements mais dans le propre de cette frustration. Car je ne crois pas me tromper, ni faire preuve de prétention, en déclarant qu’il faut posséder une certaine intelligence pour apprécier ce show à sa juste valeur. Il est facile de présenter un probleme, de poser une question au début d’un mauvais film, ou au long d’un épisode de série télé merdique, et de bâcler en 5 minutes le qui et le pourquoi, en le faisant dire par un personnage qui explique ses motifs sans aucune raison, si ce n’est la paresse d’un scénariste trop con pour trouver autre chose, ou trop content de toucher son chèque. Les meilleurs livres que j’ai lu, les meilleurs films que j’ai vu et les meilleures séries que j’ai suivi savaient prolonger le mystère, le rendre plus dense sans toutefois se dispenser de fonctionner avec logique et ainsi achever les arches des personnages ou mettre un point finale à certaines intrigues, pour avancer. Et c’est ce que fait Lost année après année, et c’est la marque d’un récit d’intérêt. Il était plus intéressant de suivre Mulder dans sa quête de vérité, que de connaitre cette vérité; de suivre Veronica Mars dans sa poursuite de l’assassin de sa meilleure amie que de savoir de suite de qui il s’agissait, et il en va de même pour le meurtre de Laura Palmer, car l’énergie et l’émulation résidaient dans la recherche du coupable, et non pas dans la solution elle-même. Alors peut-être qu’il est préférable de voir nos rescapés se prendre la tête pour comprendre ce qui se passe, et se laisser aller, que de savoir ce qui se passe.

Donc, après trois saisons de retours dans le passé, deux saisons d’allers dans le futur, les scénaristes ont pris la décision la plus consistante avec le travail accompli jusque là. Poser une nouvelle problématique (et son lot de questionnements) et une nouvelle structure narrative. Et c’est là qu’avoir vu Retour Vers le Futur 2 une bonne dizaine de fois s’avère payant (je le savais) parce que tout semble se dérouler logiquement et se diriger vers une issue où tout rentrera dans l’ordre, même si il faut passer par le chaos total, comme voir sa maman avec de faux nichons. Je m’égare. Il y a donc maintenant deux lignes temporelles. Et chacune semble à première vue confirmer l’hypothèse de Miles lors du finale : Est-ce que la destruction de la poche d’énergie empêchera le Oceanic 815 de s’écraser sur l’ile ou est-ce l’explosion elle-même qui va nécessiter la construction de la base Swan et la présence d’un volontaire pour appuyer sur le bouton ? Perso, je pense que l’explosion a ouvert une nouvelle dimension, une aberration donc, mais qui va probablement à nouveau se confondre avec la réalité (relative) dans laquelle nos personnages évoluent depuis le départ. Et c’est cette révélation qui dira si oui ou non, Jack n’a fait que ce qu’il était destiné à faire, répétant un acte que son lui futur a déjà commis dans le passé, et que son lui présent ignorait avant de lancer la bombe ou si lancer cette bombe a tout changé, et ainsi créé un nouveau futur, qui certes prend place dans le passé (mater Retour Vers le Futur 2 est décidément payant) mais est la conséquence d’une cause, arbitrant chacune des deux lignes temporelles, qui sont bel et bien dans le même axe narratif. La deuxième solution est la plus plausible, la série pose essentiellement la question du fatalisme face au déterminisme, personnifiés par Jack et Locke, et ce depuis le départ. De plus, le combat entre le Méchant et Jacob sont directement liés à cela, Jacob mène son combat sur deux fronts, faisant face à son ennemi, défendu par Ilena et Richard, en vain, mais aidant Jack et les autres à en finir une bonne fois pour toute avec ce qui se passe, quoiqu’il en soit et même s’il ne sera pas vivant pour voir son résultat, car de ses mots : “Ça ne peut finir qu’une fois, tout ce qui précède n’est que progrès”.

L’épisode commence quelques instants avant la fin de la saison précédente, et après le flash de l’explosion de la tête nucléaire sur laquelle Juliet frappe avec conviction, et avoir retenu son souffle, Jack sort de sa rêverie éthylique, puis est réconforté par une Rose bienveillante, bousculé par Kate menottée et gardée par le marshall dont elle se débarrassera plus tard, croise sans sans rendre compte un Sawyer qui complote déjà pour arnaquer Hugo, et un Jin toujours aussi abusif qui se fait arrêter aux douanes. Jack sauve un Charlie “sensé mourir” qui s’étranglait sur son ballon d’héro dans les toilettes de l’avion, assisté par un Sayid sur le point de retrouver Nadiya. En vérité le premier épisode, dans sa peinture d’une réalité alternative, met en place l’idée que les passagers ont accompli quelque chose sur l’ile, et que sans ça, ils sont un patchwork pathétique de l’humanité. A l’image d’un Locke faillissant dans sa tentative de contenance vis-à-vis de son handicap, démontrant l’inhérente nullité de son personnage, après avoir baratiné un Boone au sujet de son “walkabout”, nous ayant presque puisque si Shanon n’a pas pris l’avion, que Desmond apparait (WTF!?) et pleins de petits trucs différent, pourquoi Locke ne serait-il pas valide dans cette version ? Non, définitivement, dans une considération qui sera reprise par le faux-Locke lorsqu’il parle avec Ben, le type est juste aussi pitoyable qu’il en a l’air, pendant son temps sur l’ile, il aura été magnifique, mais jusqu’à la fin ignorant du fin mot de l’histoire.

Parallèlement, le faux-Locke, qui vient de pousser Ben à tuer Jacob, se retrouve face aux gardes du corps emmenés par Ilena, et les tue un par un. Comment ? En se transformant en Fumée Noire ! Ayant retrouvé l’apparence de Locke, celui-ci envoie à Ben un “Désolé que tu m’aies vu comme ça”. Énorme. Dehors, Richard connait la vérité sur John Locke, et n’aura pas besoin d’attendre les fusées de détresse pour comprendre ce qui se trame. Il a tout compris. Nous, pas encore. Au même moment, Kate, Miles, Jack et James sont tous revenus dans le présent, c’est à dire après la première explosion de la base Swan causée par Desmond. Et le moins que l’ont puisse dire, c’est que c’est pas la joie. James envoie Jack valdinguer dans le cratère de la “hatch”. Ça doit faire super mal. Mais au moment de fracasser la face de Jack, James entend Juliet, emprisonnée sous les vestiges de la station, et parvient à la sauver, pour qu’une deuxième fois, après un moment avec elle, elle lui claque dans les bras. Ça doit faire mal ça aussi. Mais pas avant de lui avoir dit qu’elle avait un truc super important à lui dire mais qu’elle ne lui dit pas. C’est balôt. Heureusement, Miles, après avoir aidé Sawyer à enterrer sa femme, nous le dévoile : “ça a marché”. Eux ne captent pas, mais nous si.

Pendant ce temps le fantôme de Jacob est apparu à Hurley. Il doit sauver Sayid (rappelez-vous il s’est pris une balle par le daron de Ben en 77)  et pour ce faire, doit l’emmener au “Temple” et l’on saura enfin (oui parce qu’ils auraient pu l’ouvrir et nous montrer) ce qu’il y a dans le putain d’étui à guitare. On nous présente un nouveau personnage (un Autre) parlant japonais et son interprète, Lennon (John Hawkes, Deadwood) qui sans appel ordonne l’exécution de nos héros. Chaud. Hurley, bien entendu, intervient à point nommé en donnant le nom de Jacob, et l’étui à guitare, qui contient un ankh de bois, dans lequel se trouve un message – parce que, donner une enveloppe à Hurley aurait été trop facile – aussitôt, les héros sont invités à entrer dans une salle où se trouve un jacuzzi qui de toute évidence soigne les blessures. Or, l’eau est un peu crade, ce qui a pour effet de diminuer ses vertus médicinales. Mais quand bien même, les Autres y plongent le corps inanimé de Sayid, qui se noie à un moment – Jack tente de l’aider mais se fait calmer par le Chef nippon – puis est sorti de l’eau, mort. Woké super…

Le faux-Locke confie à Ben la vérité sur les derniers instants de John Locke, se faisant étranglé par Ben, Locke pensait : “Je ne comprends pas”. et pour lui, et Ben, et quelques millions de téléspectateurs je présume, “C’est la chose la plus triste” qu’il ait jamais entendu. Mais à la différence de Locke, qui voulait rester sur l’ile, Lui veut rentrer “chez lui”… Ce chez lui est sur Terre, ou ailleurs ?… Quoiqu’il en soit, il sort de l’antre de Jacob, sous les yeux horrifiés de Richard, et ceux, défaits, de Frank et Sun (le cadavre de Locke git à côté). Les deux se chieraient dessus s’ils savaient qui ils ont en face d’eux, Richard le sait, c’est pourquoi il ordonne de ne pas tirer. Le faux-Locke se réjouit de le voir “sans ses chaines” et le terrasse, exprime son mécontentement en disant “Je suis très mécontent” le jette sur ses épaules, et s’en va.

Au Temple, C’est la panique après que Hurley ait annoncé la mort de Jacob. Sawyer et Miles sont jetés avec leurs amis, inconscients, Kate aide Sawyer histoire de ranimer l’arc du triangle amoureux, et les Autres se préparent en entourant le Temple de cendres, identiques à celles trouvées autour de la cabane de Jacob, et celles versées par l’un des Autres lors de son combat contre la Fumée Noire quelques minutes plus tôt. Hurley s’interroge : “Est-ce pour nous garder à l’intérieur ?”, “Non c’est pour le garder à l’extérieur”. Jack est demandé par Lennon, mais au moment où les choses commencent à s’échauffer, Sayid se relève et demande “Que s’est-il passé ?”

Pow.

Flash Forward – Trailer

Il est clair qu’ABC cherche désespérément un remplaçant à Lost, qui se termine à la fin de cette saison, et il semblerait que la chaine ait mis toute sa confiance dans la nouvelle série Flash Forward, des créateurs Brannon Braga et David S. Goyer, qui étaient déjà responsables de la pitoyable série Treshold.

Braga a fait ses classes sur les séries Star Trek Voyager et Star Trek The Next Generation puis sur les films Star Trek : First Contact et Mission:Impossible 2 pour ensuite écrire quelques épisodes de la saison 7 de 24. Un CV pas très réconfortant il faut bien le dire, tout comme celui de David S. Goyer, à qui l’ont doit Batman Begins et The Dark Knight, la trilogie Blade ou encore The Puppet Masters, mais aussi Jumper, The Unborn et Kickboxer 2 : The Road Back.

Malgré tout, et malgré la pompe datée et empruntée des films d’actions des années 90 – musique, travellings, surjeu – de la bande-annonce, l’intrigue contenue dans celle-ci, tout comme le cast – Joseph Fiennes, John Cho, Dominic Monaghan et Gabrielle Union – sont suffisamment alléchants pour me donner envie de voir ne serait-ce que le pilote, qui sera diffusé le 24 Septembre.

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Better Off Ted

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Le truc avec une série comique d’exception, c’est qu’on ne sait pas toujours qu’elle est l’exception avant de s’y être plongé. Arrested Development était et est la plus grande série humoristique jamais vue sur petit écran, et la raison est simple, c’est foutrement intelligent.

Alors certes, de temps en temps, une bonne grosse dose de vulgarité peut être assurément réjouissante – je ne fais personnellement pas parti des snobs qui ne jurent que par Gad Elmaleh tout en pissant sur Jean-Marie Bigard (qui à ses débuts était franchement marrant) – et la série Eastbound & Down sur HBO le prouve. Mais force est de constater que l’humour dit “sophistiqué” est sans aucun doute une des choses les plus complexes qu’un auteur puisse arriver à fournir. Pour chaque génial 30 Rock, il y a un Two & A Half Men, de la même manière que pour un transgressif It’s Always Sunny In Philadelphia, il y a un The War At Home. Non pas que ce genre de sitcom ne soit pas drôle, mais répétitif, consensuel, poussif, vulgaire. Alors, quand ABC se sort enfin les doigts du cul pour oser (car oui, proposer un truc intelligent aux américains, c’est forcément osé) un Better Off Ted, on ne peut que dire oui…

La série bénéficie d’une écriture particulièrement méticuleuse, qui rappelle dans ses meilleurs moments Arrested Development, ainsi que d’une réalisation soignée. Le délire est simple : les tribulations d’un cadre (ledit Ted donc, campé par Jay Harrington) dans une compagnie qui fabrique un peu de tout et surtout du n’importe quoi. Entre Linda, l’objet de ses désirs (Andrea Anders), et sa fille Rose – évidemment supérieurement intelligente comme tous les enfants de série télé – le boulot de Ted consiste à solutionner les problèmes posés par Veronica, sa patronne robotique (interprétée à la perfection par la toujours fantastique (et sublime) Portia De Rossi, Arrested Development, Ally McBeal) avec l’aide des deux scientifiques dont il a la charge (Jonathan Slavin et Malcolm Barrett). Transformer des citrouilles en armes pour le compte d’un pays producteur de citrouilles fait par exemple partie de ses attributions. Les problèmes qui se posent sont aussi lié à tout ce petit monde se mettant dans des situations inextricables, et donc jubilatoires. Mais ce qui est vraiment à pleurer de rire dans la série, c’est la foultitude de micro-gags, de dialogues ciselés,  de doubles-sens qui en font la série humoristique à ne pas rater.

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Je pourrais continuer comme ça des heures, mais n’ayant ni envie de vous gâcher la surprise, ni envie de ruiner mon propre enthousiasme en suranalysant, je vous laisse seuls juges, mais elle pourrait donc être de ces séries d’exception. Et putain c’est bon !

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