Agenda 2009

Les dates de rentrée sont là.

First things first, Californication et Dexter (Showtime) seront de retour le dimanche 27 Septembre, tout comme Desperate Housewives (ABC), The Simpsons, Family Guy, American Dad et The Cleveland Show (FOX).

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Gossip Girl (CW) revient le 14 Septembre, puis le 21, c’est au tour de How I Met Your Mother, The Big Bang Theory (CBS) et House (FOX) de reprendre la case du lundi.

Sons of Anarchy revient le mardi 8 Septembre, et Nip/Tuck le mardi 14 Octobre.

Supernatural (CW), Fringe (FOX) et The Mentalist (CBS) occupent la case du jeudi respectivement à compter du 10, du 17 et du 24 Septembre.

Enfin, Southland (NBC) revient le vendredi 25 Septembre, tout comme Dollhouse et Brothers, la nouvelle série de Mitch Hurwitz.

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The Mentalist


Salut, j’suis un escroc

C’est avec l’esprit un peu coupable que je m’attaque à la chronique d’une série qui logiquement, après avoir capté mon attention et au vu de son succès, aurait mérité un papier dans ce blog, il y a des mois de ça.

Le fait est, que de par sa facture très classique (pas de quoi se taper le cul par terre niveau réalisation) et l’aspect très conventionnel de sa trame dramatique (un héros atypique, une héroïne et des seconds rôles tous excellents, des épisodes/enquêtes qui se succèdent, et en bonus un méchant serial killer en fil rouge de la saison), je me disais qu’il n’y avait pas là quelque chose de suffisamment exceptionnel pour en parler.

Et pourtant, force est de constater que The Mentalist explose les scores d’audience et donne à CBS une nouvelle raison de parier sur la série policière. C’est justement là le problème, a-t-on besoin d’une énième série policière ?

Rien d’intrinsèquement original chez le héros (bien qu’attachant et captivant) et rien d’original à l’histoire (bien qu’inédite pour une série télé, ça reste proche de Monk, Life ou Columbo ou même House.) et pourtant, vu ses qualités, la réponse serait oui (peut-être que ‘non’ serait une réponse plus justifiée, tant le genre est saturé, et qu’il y a plus original ailleurs, mais dans ce cas, ses qualités font que ‘oui’ est tout aussi légitime…)

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Patrick Jane (Simon Baker – Land Of The Dead) est donc un consultant qui officie pour une unité (CBI) commandée par l’agent Teresa Lisbon (Robin Tunney – Prison Break) composée des agents Cho (Tim Kang), Rigsby (Owain Yeoman – The Nine) et Van Pelt (Amanda Righetti – The OC). Alors qu’il était un médium réputé, et aidait la police à arrêter un serial killer surnommé Red John, ledit Red John avait massacré sa femme et sa fille, révolté qu’un escroc comme Jane puisse oser se mesurer à lui. Car oui, Jane ne possède comme seul don (ce qui est déjà pas mal, vu que c’est ce qui l’amène à être sur la piste du coupable bien avant le reste de son équipe) la capacité de voir ce que les autres ne voient pas, de déceler le petit détail qui tue et de manipuler le cerveau des gens. En gros il est la personnification des trucs que les pragmatiques suspectent chez les médiums.

Le pilote, écrit par Bruno Heller (créateur de la série, et de Rome quand même) est vraiment bon, je ne saurais que vous le conseiller, par curiosité (le 6 est pas mal si vous voulez capter un peu plus du perso et de l’ambiance de la série). Et, si le reste de la série nous emmène là où d’autres séries nous ont déjà emmené – dans les méandres psychologiques des américains violents -, l’attente d’un ultime face-à-face entre Jane et cette salope de Red John, a quelque chose de prenant, sans parler de l’humour dispersée au fil des intrigues, jouant sur le côté un peu décalé du héros, et du traitement des relations entre les différents protagonistes. Sans oublier les atouts charme de la série avec en tête (pour vous mesdames) Simon Baker – acteur originaire de Tasmanie (ça coute rien de le préciser même si on s’en cogne un peu) – qui rappelle la coolitude et la bogossitude d’un McQueen (mais oui) ou Owain Yeoman et sa classe typiquement anglaise, et leurs partenaires (pour vous messieurs), Robin Tunney et sa fossette magique, qui campe une enquêtrice dur à cuire (miaw) et Amanda Righetti, qui, malgré sa plastique (rrrrh), est à des années lumière de son rôle dans The OC et joue une nouvelle recrue coincée. Un des trucs très drôles vient d’ailleurs de la relation tendue entre elle et Rigsby, après que Jane ait pointé sans gène (un peu en mode enculé) la tension sexuelle entre eux dès le pilote, les obligeant à nier l’évidence et à se comporter comme de parfaits crétins lycéens.

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A quoi tient le succès d’une série, c’est tout compte fait assez arbitraire.

Prenons l’exemple d’un autre procedural de type loner, avec un héros suffisamment charismatique et atypique pour valoir à lui seul la création d’une série, Life m’avait charmée par la consistance des enquêtes, l’attraction des personnages secondaires et l’arc du héros, un policier enfermé pendant 14 ans pour un meurtre qu’il n’a pas commis et qui, une fois disculpé, et liberé, redevient flic, malgré une compensation plutôt généreuse, insignifiante vis-à-vis de ce que peut subir un flic pendant des années d’emprisonnement mais suffisante pour lui permettre de vivre une vie de millionnaire; avec deux obsessions, le “zen” et les fruits frais (et oui). Entre des enquêtes dans lesquelles il adopte sa nouvelle philosophie (ainsi que sa promo des ananas, des mangues, des oranges, des poires et des pommes), il se consacre à la recherche de ceux qui l’ont piégé. C’est un show passionnant, Damian Lewis (Band Of Brothers) est immense, Sarah Shahi (The L Word) est … waw, juste… mais aussi surprenante. Non vraiment Sarah Shahi c’est ça :

La photo est superbe, l’écriture, parfaite. Mais voilà, contrairement à The Mentalist, niveau audiences, c’est la lose, donc NBC n’a d’autre choix que d’annuler Life. Sa dernière chance, être rachetée par USA, mais ça a l’air assez compromis. Une chose est sure, cette série va me manquer, et si The Mentalist comble le vide laissé par Life, tant mieux. (Allez pour le kiff, je vous balance une promo, il n’est jamais trop tard)

Nanar Island

J’ai depuis quelques semaines déjà jeté un dévolu plutôt déviant sur une série dont vous avez peut-être entendu parler tant elle se fait malmener par la critique et par nombre de bloggers.

Il s’agit de Harper’s Island. Alors si c’est vrai que pour les puristes, il s’agirait plutôt d’un navet que d’un nanar, je m’attaque quand même à l’exercice de la chronique “à la” Nanarland.

Harper’s Island c’est donc le plaisir coupable, le péché mignon du moment, mais seulement si ‘mignon’ est associé non pas à un petit chaton qui miaule timidement, le poil duveteux et les yeux brillants, mais à un “Viens mon mignon” qu’une horrible prostituée de 50 ans grave à tout jamais dans l’inconscient d’un innocent garçon qui se rentre chez lui la nuit ivre en passant par ce que le jargon populaire nomme un coin à pute après une soirée légitimement arrosée. Pourtant le pilote est réussi, on ne peut d’ailleurs pas vraiment reprocher à Jon Turteltaub d’avoir mal réalisé le truc. La photo est nickel, les plans, le montage… Dans le registre pas effrayant mais gentiment angoissant, sexy et gore, ça marche, ce qui l’empêche d’être 100% nanar. On ne pourra pas se moquer d’un placement aléatoire de la caméra dans telle scène ou du montage à la hussarde de telle autre, pointer un raccord marrant ou un bruitage bidon, le jeu d’acteur pourri ou la photographie hideuse. Mais hélas ou plutôt heureusement ça se casse la gueule dès le deuxième épisode au niveau de l’intrigue, que les qualités plastiques de la série ne peuvent sauver du cataclysme. J’ai vu les 3 autres et on passe donc vite de la consternation à l’amusement, ce qui me fait dire que ce n’est pas juste naze mais c’est aussi un peu nanar.

Pour recadrer, le concept était “un épisode, un(des) meurtre(s)” ergo une victime et un suspect éventuel en moins sur la liste.
Mélange de soap très glissant et de film d’horreur estival qui fait dans le gore gentil et l’érotisme soft, l’intrigue s’attache donc à une bande de gens qui se rendent en bateau sur une île (non ce n’est pas un film de cette salope d’Uwe*) au large de Seattle pour un mariage, celui d’un fils de pêcheur et d’une fille de bonne famille (soappy donc). Ils sont nombreux. Bah ouais faut que ça tienne plus d’une saison donc la troupe de campeurs ou la clique d’adolescents, c’était pas possible…  Mais c’était sans compter sur la roublardise (qui passe souvent pour de la maitrise dans le cinéma hollywoodien) des scénaristes, qui au lieu de se fouler à faire un truc premier degré qui tient les promesses du concept et fout les jetons, piochent dans tout ce qui se fait ou s’est fait pour servir une sorte de Où Est Charlie? (si Charlie est un tic ou une idée du cinéma d’horreur des années ’90-’00) ce qui a pour conséquence de rendre prévisibles toutes les scènes “effrayantes” et par extension ratées donc drôles.
Comme c’est un mariage, qui plus est un mariage mixte (pauvre et riche, mais tous blancs rassurez vous, à une exception près), entre deux tourtereaux superbôs (la mariée est un lookalike de Megan Fox en moins white trash), les convives sont d’âges et de classes différentes. Ce qui laisse aux scénaristes la porte grande ouverte au “portnawak” (désolé pas pu m’empêcher). Un portnawak qui se déploie sur deux angles ceci-dit :

1) Les personnages
En vrac, on a donc la gosse flippante issue de Ring, du Sixième Sens, ou des Autres… L’héroïne flippée de l’histoire – dont la daronne s’est fait trucidé par le taré du coin, arrêté par le daron qui est, je vous le donne en mille, le shérif – et qui renvoie directement à Neve Campbell dans Scream. On a aussi son ex-petit ami – qui lui aussi rappelle par son physique avantageux mais vaguement malsain Skeet Ulrich dans le même film – et son pote violent (c’est le bouquet! Bouquet-mariage, non?). On a en bonus le papa riche (interprété par cette bonne tête de Richard Burgi), l’oncle du marié un peu chelou (le typecasté Harry Hamlin), le marié trop parfait pour être honnête (sauf que si il semble, à moins d’un twist complétement irréaliste), son frère un peu psycho, la belle-mère vénale, son amant, la sœur pète-sec, la pote mannequin, son petit ami anglais, son prétendant le surfeur, le gros (un Hurley-wannabe épatant dans le jeu outré et grimaçant), le binoclard, un prêtre, une voyante (!) et last but not least, LA caution (du film d’horreur j’ajouterai), l’afro-américain qui va forcement mourir, pas tout de suite quand même parce que bon… on pourrait se dire, “oh p***** les racistes!” Le fait est que, vu l’indigence de son rôle dans la partie soap, et l’inutilité du perso dans la trame horrifique (loin d’être suspect), il va, de toute façon, y passer très vite (en tout cas plus vite que d’autres)
Bref en gros on a tous les stéréotypes, et quand je dis stéréotype, c’est faible, car comme par hasard, le surfeur par exemple, (il fait peut-être pas de surf mais s’il est blond musclé et bronzé…) c’est un peu un enfoiré, parce que c’est bien connu, les mecs beaux blonds musclés et bronzés, les surfeurs quoi, c’est rien qu’une bande de poseurs, sympas mais vaniteux et forcement un peu méchants… Si certains épisodes tentent en vain de casser les stéréotypes en inventant des micro-intrigues (par ailleurs totalement ahurissante de connerie) on tombe dans l’incohérence sidérante : “Ah il pas juste gros, il est aussi immoral” ou “Ah elle est pas juste vénale, elle est aussi branchée SM” et enfin “ah elle est flippante, mais aussi un peu normale”. Exceptionnel. Du pur génie car une telle galerie de personnages permet un ‘mash-up’ de tous les registres horrifiques et dans le même temps annihile toute consistance pour lesdits persos qui changent de caractère au fil des épisodes suivant le sentiment que l’on veut créer chez le spectateur (suspicion, effroi, empathie, détestation…) .

2) L’intrigue
Problème. Un film de ce genre commence généralement gentiment ou du moins calmement, les jeunes sont saouls, beaux, jeunes et couverts par une mutuelle, et ils ont surtout envie de forniquer. Mais voilà, dans cette configuration (toujours la même) il y a automatiquement quelqu’un ou quelque chose (n’oublions pas les crocodiles, les requins, les mutants ou les aliens) pour leur faire perdre l’envie d’attraper des MST. Bref ça commence au soleil, près d’un lac ou d’une piscine, et ça se termine la nuit, dans la brutalité la plus extatique, tandis que la femme survit, fatiguée, harassée mais vivante, porteuse de l’espoir de l’humanité, donc sexiste et féministe aussi (!) et le soleil se lève, et “tout est terminé, tout ira beaucoup mieux maintenant”. Mais voilà, c’est jubilatoire justement parce que c’est basique mais aussi parce que ça tient quand même un peu la route, à l’instar d’un La Colline A Des Yeux de Aja ou d’un Massacre A la Tronçonneuse de Hooper, où on imagine difficilement les protagonistes tomber deux fois dans le même panneau, ou s’arrêter entre deux meurtres de leurs parents et amis pour flirter nonchalamment ou encore faire griller des merguez et vider des binchs. Et c’est justement là que se trouve l’idée involontairement comique de L’Ile d’Harper, c’est qu’à chaque épisode tout recommence.

Parce que voilà, si ils avaient eu au minimum la conscience professionnelle, au mieux la prétention artistique de faire quelque chose avec la forme sérielle et le genre horrifique ; de faire en sorte que comme dans 24 – qui a certes recours à des trucs et astuces un brin grillés – le spectateur se laisse berner jusqu’à être au bord des nerfs ; ça aurait pu marcher. Mais c’est sans compter sur la connerie de cette joyeuse bande de fumistes, qui se sont dit “faisons comme si on était à la fois au commandes d’un soap à la Beverly Hills et d’un slasher à la Souviens-toi L’été Dernier et pour le reste, on n’a qu’à faire comme au cinéma, chaque épisode est un sequel et pis v’alà!”. Même contrebalancées par moment par quelles bonnes scènes, bien jouées, que ce soit dans la veine comique ou la veine sentimentale, les facilités scénaristiques, les poncifs éculés, mis en relief par des acteurs pas forcément aidés par les situations ridicules, qui n’arrivent donc pas à être crédibles, c’est juste drôle. En fait c’est comme si il y avait un pacte entre les différents protagonistes, une omerta (parce qu’il ont lu le script) qui leur fait jouer l’inconséquence négationniste à la Sara Forestier dans Humains (un bien bô nanar c’ui-ci). Ce qui tend forcement à les faire passer pour de sombres crétins inconscients qui vont finir broyés, noyés, éventrés, plantés, étouffés, décapités, étripés ou bien pendus. Alors que déjà ils devraient se rendre compte que y’a des gens qui manquent à l’appel et donc foutre le camp de là.
Un exemple.
Un des personnages s’est fait pendre par le tueur, et c’est l’héroïne qui a trouvé le corps (avec force flash backs sur la vision de sa mère pendue à un arbre 20 ans auparavant), soit disant un suicide. Vu que la corde est nouée (pour l’effet saisissant du corps se balançant comme un lustre) à une poutre à 3 mètres au dessus du sol, c’est pas super évident. Mais passons, nous sommes tout de même en droit d’attendre, dans les épisodes suivants, de l’héroïne qu’elle nous fasse un nervous breakdown ou soit un minimum touché par la mort de sa pote, survenue 24 heures plus tôt. Mais non, il fait jour donc on peut flirter avec son ex pendant que peut-être un tueur rode, on aura tout le temps de se mettre en mode j’ai-peur-dans-les-bois quand la nuit sera tombée, mais là c’est tranquille.

Et ça n’est pas tout, plein d’autres idées tordues dont les auteurs ont le secret viennent exciter le cerveau malade des amateurs de mauvais films sympathiques, dont la substantifique moelle réside dans les meurtres qui laissent planer la surprise. Sera-t-il aussi ridicule que l’imprudent qui se fait défourailler la mâchoire en actionnant par l’ouverture du coffre d’un bateau la gâchette d’un fusil de chasse reliée à un fil (!) ou sera-t-il aussi cool que le mec coincé entre les planches d’un pont de bois, que le tueur découpe en deux avec forces bruitages cradingues et acting au poil. Ainsi, d’épisodes en épisodes, la moyenne nanarde oscille. Imaginez non pas une heure mais des heures de slasher, voguant aussi bien dans les eaux marécageuses du navet que dans la mer calme du blockbuster pour couler dans les profondeurs abyssales du nanar, dans lesquelles les personnages risibles (dont la durée de vie est du coup étirée) qu’on veut voir crever, sont enfin éliminés aussi arbitrairement que des pistaches dans un sachet, jusqu’à ce que seules les plus récalcitrantes restent dans le sac et attendent notre courage pour les attaquer, ou qui par dépit sont jetées avec le reste.

* double référence ici puisque je parle du réalisateur de House Of The Dead, qui démarre sur la même prémisse, Uwe Boll, que je traite de s***** (rassurez-vous il le mérite) à la manière d’un des personnages du film Femmes En Cage – un des films les plus vulgaires de tous les temps – chroniqué sur nanarland.com)