The Expendables 2

Lorsque fut annoncé, il y a de ça quelques années, que Stallone, Statham, Jet Li, Dolph Lundgren, Mickey Rourke et son pote Eric Roberts, ainsi que Stone Cold Steve Austin joueraient dans un même film et seraient rejoints par Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger, la réaction d’une grande partie d’éléments masculins de ma génération fut la même : une éjaculation mentale (d’endorphines) à la simple idée de voir nos héros d’enfance réunis dans un film d’action qui serait certainement très con, mais considérant la dernière réalisation de Stallone à l’époque (John Rambo), aussi très violent, très sanglant, très bourrin, comme on les aim(ait).

The Expendables fut au final décevant, parce que plus complaisant que parodique, et que trop de lenteurs, trop de clichés, trop de dialogues ineptes finissaient par desservir, empêchant de l’apprécier au second degré. Mis à part quelques moments ici et là, quelques scènes – la raclée infligée à Sly par Stone Cold Steve Austin, la démonstration de Statham sur le terrain de basket, le combat entre Li et Lundgren – certes clés dans un film d’action, le rythme poussif faisait de ce film attendu un rendez-vous manqué, à l’image de l’anecdotique scène entre Stallone, Willis et Schwarzie.

Un rendez-vous reporté.

En comparaison, le premier fait presque office de véhicule commercial à une série de films avec Stallone et Statham – ce qui en soi n’a rien de très impressionnant quand on sait que ce dernier a joué avec un De Niro qui a tiré un trait sur sa carrière et sa respectabilité –  quand le second fait la promesse de tous les réunir, et pas pour de faux cette fois, pour que plus tard la bande-annonce nous montre non seulement qu’il allait la tenir (la promesse), mais que l’on pouvait s’attendre à de la castagne, de la cascade, de la mitraille et de l’explosion. Là-dessus, croyez-en la parole d’un vieux routier, le film ne déçoit pas.

L’intrigue démarre, après une scène d’ouverture époustouflante et une exposition claire et concise, lorsque le Jean Vilain de Van Damme (qui parvient à donner quelques instants de gravité, de bizarrerie ou de nonchalance à un personnage de méchant de dessin-animé) tue l’un des mercenaires du Barney Ross de Stallone, sous les yeux de celui-ci et son équipe. Une équipe composée du Stathe, l’expert en couteaux et baston; Terry Crews et Randy Couture, les deux comiques qui toutefois ne sont pas en reste lorsqu’il s’agit de botter des culs ou appuyer sur la gâchette; le Gunnar de Dolph Lundgren, ressort humoristique du film; et Maggie, à qui la forcement très jolie et très jeune Nan Yu prête ses traits, un agent de la CIA (ou DEA peu importe) par qui le malheur arrive. Non pas que le film soit involontairement misogyne, c’est un film un peu macho certes, il se destine simplement à celles et ceux que ce genre de spectacle ravit. Vilain décide, défiant ainsi toute forme de logique, de les laisser vivre – pour qu’ils aient tout le luxe de le traquer, le trouver et le tuer lui et sa bande – plutôt que de les exécuter, se barrer avec l’esprit clair, et continuer de faire ses trucs de méchant. C’est l’une des seules réelles conneries d’un scénario par ailleurs plutôt habile malgré sa simplicité et sa prévisibilité, mais elle est de taille, elle sert d’excuse à une histoire de vengeance et affaiblit un peu la crédibilité du méchant en lui faisant commettre une erreur de mec qui n’a jamais vu de film de sa vie. Son personnage par la suite fera d’ailleurs peu de cas des vies humaines pouvant entraver la bonne marche de son plan, qui est bien entendu complétement accessoire. On l’aura compris, cela n’a finalement pas grande importance.

Force est de constater en effet que cette suite s’en tire avec les honneurs. Elle arrive à être violente et sanglante (oui le sang est toujours en images de synthèses) malgré le PG-13, impose un rythme sans temps mort, n’évite pas les écueils d’un récit de vengeance, mais propose des scènes d’action de qualité, tant dans l’exécution que dans l’invention, et quelques petits moments réussis entre nos héros. Complétement libéré de l’intention volage du premier, qui cherchait à s’acoquiner un public trop jeune pour les connaitre, The Expendables 2 n’existe plus que pour faire plaisir aux fans de films d’action ’80s. Au point que l’abondance de citations, de références, de clins d’œil métas font parfois basculer le film dans le fan-service. Cela pourrait être gênant dans un film qui se prend au sérieux, mais il est difficile de ne pas jubiler à l’évocation d’un “Chuck Norris’ fact” par Chuck en personne, à la vision de Jet ou Statham se débarrasser d’une bande d’assaillants par la seule magie de leur art martial, mais surtout à celle de Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger s’envoyer des vannes dans une Smart et flinguer à tout va, ou celle de Stallone et JCVD en train de se mettre sur la gueule. Extatique.

The Expendables 2 – Trailer

Désolé pour le retard, mais cette bande-annonce, comme l’affiche qui la précède, semble si fausse que je me suis tâté avant de la faire paraitre. Au final ce teaser ne semble être qu’un prétexte pour rappeler à son cœur de cible qui est-ce qui joue dans le film, au cas où l’abus de stéroïdes et de développé-couché aurait altéré leur capacité mémorielles.

J’avoue que l’image de Norris est glorieuse, mais c’est ailleurs que dans cette bande-annonce, ou l’affiche photoshopée par Stallone sur son Packard Bell, que se trouve la substantifique moelle qui définit ce n’importe-quoi cinématographique si réjouissant. Je veux parler du fantastique synopsis du film, qui vaut à lui seul, par l’abondance de phrases clichées, et le déluge de trucs éculés – et que votre serviteur s’est fait un plaisir de traduire – l’existence même de cette suite tant attendue.

“Cette fois ci, c’est personnel ! Barney Ross (Sylvester Stallone), Lee Christmas (Lee Statham), Yin Yang (Jet Li), Gunnar Jensen (Dolph Lundgren), Toll Road (Randy Couture) et Hale Caesar (Terry Crews) — et les p’tits nouveaux Billy the Kid (Liam Hemsworth) et Maggie (Yu Nan) — sont réunis quand Mr. Church (Bruce Willis) engage Barney et sa troupe de mercenaires old-school pour ce qui semble n’être qu’une simple mission. Mais quand les choses tournent mal et que l’un des leurs est tué, les Expendables sont poussés à réclamer vengeance en territoire hostile. Déterminés à faire payer la monnaie de leur pièce aux responsables, le crew se fraie un chemin de destruction parmi leurs opposants, ne laissant que désolation derrière eux, et contrecarrent un danger inattendu — trois kilos de plutonium; suffisant pour changer la balance du pouvoir dans le monde. Mais ça n’est rien comparé au châtiment qu’ils réservent à leur adversaire, qui a sauvagement assassiné leur frère d’arme. Ce sera fait à la manière des Expendables…” – [Collider]

Amurikka, FUCK YEAH !

The Expendables – Trailer

Sylvester Stallone, Bruce Willis, Mickey Rourke, Eric Roberts, Forest Whitaker, Jet Li, Jason Statham et Dolph Lundgren dans un même film ? Il y a des années de ça, vous l’auriez pas cru, et pourtant, voici venir The Expendables, dont la date de sortie est prévue pour l’été 2010 (le 20 Août aux USA) et la première bande-annonce nous est enfin révélée.

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Putain ce que ça a l’air con. Et par là même totalement jouissif, nous ramenant directement dans les années 80, où le cinéma d’action s’illustrait par sa violence gratuite, ses scénarios insensés, et ses personnages cartoonesques et bodybuildés, et non pas par une foultitude d’effets spéciaux, des scènes d’action lissées, et une violence graphique aseptisée. Il y a des explosions, des gunfights, une scène de combat entre Jet Li et Dolph Lundgren, Jason Statham torse nu et Rourke sur une moto !

On dirait une fusion de Commando, de Demolition Man et de Rambo 4, ce qui est complètement génial.