Inherent Vice – Trailer

Il en aura fallu du temps pour découvrir cette bande-annonce, et de même, il aura fallu pas mal de temps pour que ce film se fasse.

Back in 2010, Paul Thomas Anderson manifestait son souhait d’adapter “Inherent Vice” de Thomas Pynchon avec pourquoi pas Robert Downey Jr. dans le rôle du ‘pothead’ et détective privé Larry “Doc” Sportello. En 2011, le cinéaste cherchait des financements pour produire et celui-ci et The Master. Et en 2012, alors que sortait ce dernier, Anderson s’attaquait au script du premier. Robert Downey Jr. laissait sa place à Joaquin Phoenix, et c’est Warner Bros. et non Anapurna Pictures – et Megan Ellison – qui se chargerait de financer le film, et bien que PTA espérait commencer le tournage début 2013, cela a facilité pas mal de choses, et permis d’aligner assez vite Benicio Del Toro, Owen Wilson, Reese Witherspoon, Jena Malone, Martin Short ou Michael K. Williams, puis Katherine Waterston, Sean Penn, et Josh Brolin, ainsi que Maya Rudolph, compagne de PTA.

A première vue, le ton est nettement plus léger que ses derniers films, et rappelle davantage Boogie Nights ou le Big Lebowski des frères Coen, et d’après l’interview de PTA donnée au The New York Times, il rappellera aussi les Y-a-t-il Un Pilote Dans L’Avion? et Top Secret! des Z.A.Z. Ça promet…

le synopsis d’Inherent Vice :

It’s been awhile since Doc Sportello has seen his ex-girlfriend.  Suddenly out of nowhere she shows up with a story about a plot to kidnap a billionaire land developer whom she just happens to be in love with. Easy for her to say.  It’s the tail end of the psychedelic sixties in L.A., and Doc knows that “love” is another of those words going around at the moment, like “trip” or “groovy,” except that this one usually leads to trouble. Despite which he soon finds himself drawn into a bizarre tangle of motives and passions whose cast of characters includes surfers, hustlers, dopers and rockers, a murderous loan shark, a tenor sax player working undercover, an ex-con with a swastika tattoo and a fondness for Ethel Merman, and a mysterious entity known as the Golden Fang, which may only be a tax dodge set up by some dentists. [Book Browse]

Le Futur C’est Maintenant

Depuis quelques semaines, on annonce un nouveau chapitre de la saga Terminator, intelligemment (et génériquement) baptisé Terminator : Genesis. C’est Kalheesi elle-même, Emilia Clarke, qui écope du rôle de Sarah Connor, et celui de John Connor revient à l’excellent Jason Clarke (aucun lien fils unique) (non je dis aucun lien parce que ils sont pas frères et sœurs, même s’ils se nomment Clarke) (donc c’est pour ça) et on parle du possible retour de Arnold en personne. Enfin, Megan Ellison – un peu notre idole en tant que fans de ciné – produit. On doit à la jeune productrice, fondatrice millionnaire de Annapurna Pictures, True Grit, Lawless, The Master, Zero Dark Thirty, Spring Breakers, The Grandmasters et bientôt Her et Foxcatcher, bref quelqu’un qui contrairement à tout le monde à Hollywood, fait dans le cinéma d’auteur original et ambitieux, auquel on donne des moyens. Simplement, quelqu’un qui a du gout.

Ellison et son frère David (son vrai frère cette fois) avaient récupéré les droits de la franchise, et comptaient produire via leurs boites de prod’ respectives Annapurna et Skydance, un reboot, histoire de contredire ce que je viens d’énoncer. The Hollywood Reporter annonçait récemment qu’à ce reboot s’adjoindrait une série télé. Et c’est tout de même une bonne chose parce que l’univers de Skynet est suffisamment riche pour y puiser de nouvelles histoires, comme s’y était essayé la série The Sarah Connor Chronicles, avec les meilleures intentions mais des résultats pourris par une exécution dégueulasse (à peine mieux foutue que McGuyver ou Agence Tout Risques) et une cadence d’asthmatique qui, bien fait pour elle, s’était fait rattraper par une grève des scénaristes qui avait tout fait foirer – malgré quelques bonnes idées. Espérons que Genesis ne subisse pas le même sort, car ce que j’ai omis d’ajouter c’est que ses auteurs sont Zack Stentz and Ashley Miller, responsables du solide Thor 2 et… de The Sarah Connor Chronicles

THR dévoile ceci concernant l’intrigue :

“The TV series will follow a critical moment from the first Terminator film (1984) and, where the film’s story goes one way, the upcoming series will take the same moment in a completely different direction. As the rebooted film trilogy and the new TV series progress, the two narratives will intersect with each other in surprising and dramatic ways.”

C’est prometteur. Or ce qui faisait de l’original et sa suite de si superbes réussites, c’était plus qu’une idée intéressante, c’était une mise en scène puissamment évocatrice. Le premier à la manière d’un slasher cyber-punk, le second à la manière d’un film d’anticipation, qui reprenait le squelette du premier dans sa structure en forme de course poursuite, pour mieux l’habiller d’une esthétique aqueuse et froide, d’une nemesis liquide et changeante (l’obsession de Cameron pour l’eau) et d’un discours apocalyptique qui transformait la série b du début au premier blockbuster SF intelligent (rejoint plus tard par le Inception de Nolan…) Évocatrice aussi et surtout parce qu’à l’époque l’idée d’une entité informatique capable de tout contrôle filait la chair de poule, l’idée de robots capables d’imiter l’humain avait encore quelque chose d’impossible, et donc de perturbant.

C’est le problème inhérent à ce projet qui n’intéressera que les fans que le Renaissance de McG n’aurait pas dégouté. D’une part, cela ne peut pas donner quelque chose de réellement original, remake oblige, alors pourquoi ne pas laisser le terminator tranquille, et travailler sur autre chose, ou se contenter du fréquentable Almost Humain ? D’autre part, et à l’image de la série suscitée, et comme le montre la vidéo suivante (et celles-ci) ou celle des drones Amazon®, tout ceci est aujourd’hui à notre portée. Ce n’est plus une question d’éthique et de progrès, de contrôle ou de prudence, juste une question de temps. Alors peut-être est-ce de ce côté qu’il va falloir creuser, cette peur primordiale, cette mentalité alarmiste, ce futur, autrefois science-fiction, tout proche, et on peut le craindre, inéluctable.

source : The Hollywood Reporter