Side Effects – Trailer

Magic Mike s’est avéré bien meilleur que sur le papier, parce que malgré un sujet à la con, le film possède une sincérité contagieuse, ainsi que le rythme et la plastique d’un Soderbergh. Peut-être aussi parce qu’il est à la jonction de plusieurs phénomènes : un Steven Soderbergh bien décidé à faire un peu ce qu’il veut, après le désastreux Contagion et le médiocre Haywire, le retour en grâce de Matthew McConaughey après The Lincoln Lawyer et Killing Joe, mais surtout la starification impensable et néanmoins irrésistible de Channing Tatum, un wigger avec zéro charisme et zéro talent mais tellement de bonne volonté et suffisamment de charme qu’il est passé de sujet à quolibets – un historique de strip-teaser, d’acteur de films de danse, de films de merde et de films de danse merdiques – à un statut d’underdog adoré par ses détracteurs, tels Pajiba et Filmdrunk et leurs sobriquets Charming Potato ou C-Tates, d’abord inventés avec l’esprit moqueur et critique, mais qui ont fini, film après film, du marrant 21 Jump Street à l’excellent Magic Mike, par être usités avec tendresse. Le scénario du film s’inspire des expériences de C-Tates (et oui) qui en plus d’assurer niveau acting (le choc!) fait montre de ses indéniables facultés de danseur ; il est aussi fait pour McConaughey qui passe l’intégralité du métrage torse nu et est donc parfait pour un Soderbergh voulant s’essayer au film de danse – après le film d’action et le film catastrophe donc – et qui plutôt que de montrer une bande de pétasses et de tantouses à casquettes se frotter les parties génitales sous leurs vêtements trempés par la sueur et la pluie (il va toujours pleuvoir pile au bon moment, et à défaut, une bouche d’incendie fera l’affaire) leur préfère une histoire qui sonne vraie, et pue parfois un peu la défaite, préférant le rythme de la chronique à une formule clichée.

J’ai conscience que vous ne m’avez pas demandé une critique express de Magic Mike, mais pour tous ceux qui l’ont évité en pensant savoir de quoi il retournait, il est de mon devoir de leur signifier leur tort et accessoirement leur faire partager cette bande-annonce, puisque le cinéaste et l’acteur semblent sur leur lancée, s’attaquant cette fois au thriller avec ce Side Effects, signé “par les créateurs de Contagion” comme si c’était sensé nous convaincre. Mieux vaut donc ne s’attendre à rien du tout et être comme pour Magic Mike et certains moments de Haywire, happés par les talents de réalisateur, de directeur et de monteur de Steven Soderbergh, qui une fois de plus s’entoure d’une jolie distribution, parce qu’il le vaut bien. A espérer que la poisse de Matt Damon soit avérée (on le verra avec le Promised Land de Van Sant) et s’arrête avec Elysium et que son absence rende service au film, qui sort le 8 Février.

A Nightmare on Elm Street – Trailer

Estampillé production Michael Bay – Michael Bay est un fils de pute pour ceux qui ne me liraient pas quotidiennement – comme Friday The 13th et autre Texas Chainsaw Massacre, A Nightmare on Elm Street est le dernier reboot en date. Réalisé par le réalisateur de clip Samuel Bayer, celui-ci, à première vue, n’impressionne que très peu dans sa mise en scène des cauchemars meurtriers, vu le budget plutôt conséquent… la main qui sort de la baignoire, waw, super original !

Mais honnêtement, il s’agit peut-être du reboot le plus intéressant, après ceux de Jason Vorhees et Michael Myers, dont on se serait franchement passé, la bande-annonce laisse entendre que l’histoire s’intéressera davantage à Freddy Krueger, et que le film semble plongée dans une atmosphère moins marrante et plus flippante, proche de l’original – que la tendance des scénaristes aux one-liners et au grand guignol avait emmené dans une saga dont les derniers épisodes auraient tout aussi bien pu être des putains de dessins-animés.

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Pour la petite histoire, Jackie Earle Haley est un pote de Johnny Depp. Au temps où ce dernier nourrissait une carrière de rockeur raté, son pote Jackie lui demanda de le transporter à une audition pour le rôle de Freddy Krueger – rôle qui échouera, comme chacun sait, à Robert Englund – où il se fit repérer et engager pour jouer une des victimes du méchoui humain. Pendant que naissait la carrière de la star, Jackie Earle Haley a ramé avant de devenir, presque coup sur coup, un pédophile taré (dans Little Children), un justicier taré (dans Watchmen) et enfin le croque-mitaine… forcément taré… dans A Nightmare On Elm Street. On peut lui faire confiance, ainsi qu’à la prévisible tripotée de jeunes acteurs issus des séries télés – talentueux pour la plupart – comme Katie Cassidy (Harper’s Island, Melrose Place -2009-), Kyle Gallner (Veronica Mars, The Shield) ou Thomas Dekker (Terminator: The Sarah Connor Chronicles, Heroes), mais aussi de vieilles têtes… de la télé, tels Clancy Brown (Carnivàle, Lost) et Connie Britton (Spin City, 24) qui vont finir en kebab entre les griffes de la nuit.