Les Bastons les Plus Mémorables de L’Histoire de La Série Télé

Il ne reste plus qu’une dizaine d’heures avant l’épisode 8 de cette saison 4 de Game of Thrones, moment tant attendu où vont s’affronter dans un procès par combat Gregor “The Mountain” Clegane et Oberyn “The Red Viper” Martell… Une dizaine d’heures, qui ressemblent à une centaine, avant de découvrir ce que l’un des deux showrunners, Dan Weiss, a décrit ainsi : “It’s one of the best — if not the best — combat scenes we’ve done so far. It’s not just people hacking at each other with spears and swords. It’s the culmination of 20 years of anger and hatred and thirst for vengeance coming to a head…The fight delivers beyond our expectations.”

Est-ce que le temps de lire cette phrase, nous sommes arrivés à dimanche soir ? NoN. Tant pis.

Histoire de patienter, et de se mettre dans le bain, je me suis amusé comme d’autres à dresser la liste des vingt plus belles branlées de l’histoire récente de la série télé. En commençant par le duel du petit frère Clegane…

Sendor Clegane vs. Beric Dondarrion – Game of Thrones

Si moi (lecteur) ainsi que Weiss pouvons vous assurer que ce dimanche surpassera tous les combats que la série a pu compter, il y en a quand même quelques uns dont on se souviendra, comme Bronn vs. Ser Vardis, Eddard vs. Jaime, ou ce combat à l’épée longue entre The Hound et Lord Beric, plein de bruit et de fureur, ombre et lumière.

Lucas Hood vs. Damien Sanchez – Banshee

Autant le dire de suite, cette scène est ridicule. Époustouflante oui, mais néanmoins ridicule. Imaginez une star de MMA accusée de viol et d’agression aggravée, et qui plutôt que de discrètement enfiler des menottes et attendre que ses avocats fassent leur sale boulot, moque le shériff d’un rire sardonique et l’affronte en duel, devant une assistance qui jamais n’intervient. Un peu mal foutue aussi puisque sa mise en scène ne parvient pas tout à fait à créer un élan émotionnel, et se contente de n’être qu’une succession de coups échangés, de doigts pétés, de cris de douleurs et de juste ce qu’il faut d’hémoglobine. Ridicule donc, mais quand même, époustouflante.

Sidney Bristow vs. fake-Francie Calfo – Alias

Il faut bien avouer que quand Alias assurait, ça assurait. La chorégraphie dans cette scène est un peu datée, voire rouillée, mais n’a rien perdu de son ressort dramatique. A la différence de la scène précédente, le montage transmet parfaitement l’enjeu du moment. Sydney ne doit pas seulement défoncer quelqu’un comme elle en a l’habitude, elle doit tuer celle qui se fait passer pour sa meilleure amie depuis des mois, et du point de départ plein de tension, jusqu’à son dénouement, emprunt à la fois d’effroi, et d’une émotion enfin libérée, ça marche, et on marche, même si la Buffy de JJ Abrams est tout aussi idéalisée (irréaliste) que la Buffy de Joss Whedon.

Jack Bauer vs. Abu Fayed – 24

Je me contenterai de citer Ricky Shroeder à la fin de cette séquence : “Damn Jack.”

Adibisi vs. Pancamo & Shibetta – Oz

Oz aura longtemps été la plus violente et la plus outrancière de son époque. Alors que les networks commençaient à peine à rentrer dans leur ère de dramas policiers glauques et morbides, HBO déboulait avec cette série carcérale ne reculant devant rien, ni les scènes de sexe les plus crues, ni les scènes de violence les plus sanglantes (ou les rebondissements les plus capillotractés.)

A l’image de celle-ci, qui si elle ne brille pas particulièrement par une réalisation pêchue, ou une choré un peu recherchée, tape pile où il faut, avec son ‘finish’ que même Mortal Kombat aurait pas osé.

Lucas Hood vs. The Albino – Banshee

Une version plus grandiloquente d’une rixe entre prisonniers, comme il sied à la série bourrine de Cinemax, et que j’ai placé là un peu malicieusement, parce que j’aime bien la surenchère. Point de sodomie à la fin de cette scène mais une simple promesse de fellation au début. Pas de ritals assommés à la boite de conserve, mais une bite coupée, un corps lacéré, des yeux enfoncés, et une nuque brisée. C’est géré.

Chalky White vs. Dunn Purnsley – Boardwalk Empire

Lorsque Dunn et Chalky se rencontrent la première fois, on comprend tout de suite que ces deux types ne s’aiment guère, trop de différences les séparent- cette arrogance de Chalky d’aspirer à autre chose que ce que sa couleur de peau, dans l’Amérique des années 20, lui permet, vis-à-vis de la résignation de Dunn face à sa condition, et la jalousie qu’il éprouve envers un compère à qui tout réussit. Cependant, longtemps on croit ces deux personnages complices, on voit ces différences leur renvoyer une réalité pour l’un, et un idéal pour l’autre, et pourtant, cette alliance nous aura toujours paru fragile, l’irascibilité de l’un égalant l’impulsivité de l’autre. Cette scène, intense et brutale, est le point de non retour.

Walter White vs. Jesse Pinkman – Breaking Bad

Jesse et Walt, nos deux anti-héros, se sont battus plusieurs fois au cours des cinq saisons de Breaking Bad, et celle (dernière ds la vidéo) qui survient dans l’épisode “Bug” aura fait figure de finale. Jesse lance un tracker GPS à la face de son mentor et complice, et ainsi démarre l’une des bastons les plus réalistes de l’histoire de la télévision. Aucun des deux ne semble savoir ce qu’il fait, et c’est ce qui rend leur empoignade si disgracieuse, et donc inconfortable. C’est un moment que tout fan de Breaking Bad sentait approcher, et voulait voir, pour enfin détourner le regard lorsque ça arrive.

Ryan Atwood vs. Trey Atwood – The OC

Une nouvelle page se tournait dans LE drama adolescent des 00s, et à la fin douce amère, pleine de justesse et d’émotion de sa fabuleuse première saison, s’accolait cette fin volontairement sensationnelle (et cultissime) où ce bon Ben McKenzie (ancien Ben Sherman dans Southland, et futur James Gordon dans Gotham) fait montre d’une certaine maitrise de la prise de tête contre le mur, et de la souplesse arrière sur table basse en verre – mais laisse un peu à désirer au niveau de l’étranglement. Ryan affronte son propre frère, dans un showdown qui pointait depuis un moment et explose littéralement lors de ce final.

Uzumaki Naruto vs. Uchiha Sasuke – Naruto

Pour rester dans le thème du combat fratricide, je vous propose une incursion dans l’animation japonaise et dans une de ses séries phares, Naruto. L’histoire d’un garçon rêvant de devenir un grand ninja, orphelin cachant un lourd secret et traité en paria, mais qui grâce au non moins solitaire et ténébreux Sasuke, va connaitre l’amitié, et tous deux se trouver un frère. Si ce résumé peut sembler un peu candide, mièvre, c’est qu’en sa qualité de shonen, il l’est. il l’assume. C’est ce qui rend cette scène d’autant plus déchirante.

(Milles excuses pour la farce qu’est la version américaine, et pour sa durée (checkez à partir de la 37e minute), mais c’est tout ce que j’ai pu trouver, et ça vaut pour les extraits de the OC, Alias, et 24)

BONUS :

Homer Simpson vs. Tom – The Simpsons

Bart – Remember when Tom had you in that headlock and you screamed :
“I’m a hemophiliac!” and when he let you go, you kicked him in the back?
Homer – Yeah.
– Will you teach me how to do that?
– Sure, boy. First, you gotta shriek like a woman and keep sobbing until he turns away in disgust.
That’s when it’s time to kick some back. And then when he’s lying down on the ground…

– Yeah?
– Kick him in the ribs.
– Yeah.
– Step on his neck.
– Yeah.
– And run like hell.

PAGE 2 – LE TOP TEN

Les 10 Pires Personnages de l’Histoire (Récente) de la Série Télé

Dimanche dernier marquait la fin de la saison 2 de The Walking Dead, et si beaucoup de personnages, dans l’histoire de la série télé, inspirent la haine et le dégoût tout en desservant l’intrigue avec brio, aucun personnage n’arrive à la cheville de celui qui fermera cette liste.

Toute série télé comporte au moins un personnage qu’un certain nombre de spectateurs va profondément détester. En général, il s’agit de personnages que nous prenons plaisir à haïr, à l’instar d’un J.R. Ewing, d’un Pete Campbell, d’un Robert Romano, d’un Gaius Baltar ou d’un Joffrey Baratheon. Mais qu’ils soient d’immondes magnats du pétrole, d’horribles pestes, d’infâmes traîtres ou de sale petits pédés assoiffés de pouvoir, ces individus ont de réelles personnalités, une réelle motivation, et dans le cas de Baltar, peuvent finir par être le personnage le plus fascinant d’une série, en particulier lorsque chacun de ces individus a un intérêt relatif dans l’histoire – relatif dans le sens où n’importe quel élément dans une série (à l’inverse d’un film) est remplaçable, interchangeable. Le danger que représente un personnage particulièrement antipathique est non seulement de ruiner une série, mais aussi d’entacher la carrière de l’acteur qui l’interprète, et de glisser subtilement dans une haine bien plus puissante, de l’ordre de l’aberration, parce qu’elle tient davantage des faiblesses de l’écriture ou d’une réaction viscérale vis-à-vis d’un acteur.

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Southland

La nouvelle série policière de NBC est définitivement à suivre.

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Le premier épisode, prometteur, donnait le ton. Réaliste et documentée. Quelque part entre The Shield et NewYork 911. Si la forme se voulait incisive, ultraréaliste, le fond semblait inchangé, il s’agissait du même type de “loner” policier auquel la chaine, et plus généralement les networks nous ont habitué. Un peu à la manière d’un épisode de Law & Order, on assistait à des interventions sur le terrain de flics en uniformes, parallèlement à des enquêtes menées par des inspecteurs. On aurait droit chaque semaine à de nouvelles histoires – ce que le 2e épisode n’a pas démenti – et au spectateur de juger s’il voudrait choisir ce cop drama au lieu d’un autre. Après The Shield et The Wire, difficile pour une série d’oublier que ces deux-là ont existé, et apporté en terme de réalisme.

L’un des points marqués par le pilote était la peinture sans concession de la métropole californienne, de ses habitants et de ses quartiers, mise en relief par la mise en scène – proche du Collateral de Michael Mann – mais aussi par la petite singularité de la série, à savoir la crudité du langage, masquée par le “bip” de rigueur, network oblige. L’autre point, les personnages qui nous étaient présentés. En particulier Sherman, la nouvelle recrue, issu d’une famille huppée, au caractère un rien coincé mais au tempérament d’acier, ainsi que son équipier formateur, Cooper, expérimenté et blasé, cachant une dépendance aux anti-douleurs (respectivement interprétés par Ben McKenzie (The OC) et Michael Cudlitz (Band Of Brothers)). Les personnages incarnées par Arija Bareikis (Oz) et Regina King (24), Michael McGrady, Kevin Alejandro, Tom Everett Scott, ou encore C. Thomas Howell (accessoirement le grand frère d’Eliott dans E.T., si si.) deviennent eux aussi, au fil des épisodes, vraiment intéressants.

La similitude avec The Shield est frappante de prime abord (caméra épaule, grain de l’image), mais contrairement à sa consœur, la série n’est pas une fiction suivant au fil des épisodes la descente aux enfers d’une brigade de ripoux dans un univers ultra-réaliste. Cette façon de ne pas verser systématiquement dans le scénario structuré autour d’une enquête y fait penser, mais fait aussi penser à The Wire, et à sa démarche anti-sensationnelle. Mais il ne s’agit pas d’une série qui se voudrait diffusée sur HBO sans y être parvenue, et qui devrait se contenter de NBC, non, c’est autre chose…

Il y a quelques mois maintenant, ayant vu le pilote avant sa diffusion sur NBC (et sa disponibilité sur iTunes Store), je ressentais la nature presque progressiste de l’objet, planqué sous une forme à priori conformiste, du moins pour son époque post-NYPD Blue. Or, j’étais persuadé de tenir là ce qui était peut-être, je dis bien peut-être, la nouvelle série télé, la 3G en quelque sorte. Posons que les séries antécédentes à Urgences, X files et NYPD Blue sont toutes de la 1G, quelle que soit leur époque, et que les séries suscitées et leur consœurs made in HBO (Oz, Les Soprano, The Wire…) et celles qui vont suivre (Deadwood, Heroes…) sont de la 2G, sorte d’age d’or de la série télé, puisqu’elles font montre d’une originalité et/ou d’une profondeur parfois démentielles en comparaison au cinéma dont elles n’ont plus vraiment rien à envier en terme d’esthétique. Freaks & Geeks est pour ses créateurs ” un film indépendant de 18h”. Mais à l’image de cette dernière, l’existence de la série télé est intimement liée à son succès, à ses parts de marché. L’essor de la série télé sur les deux dernières décennies a été la cause et la conséquence de l’engouement de la critique comme du public pour les séries, “accessibles” (24, House, Dexter, Lost…) ou non (Six Feet Under, Breaking Bad, In Treatment, Mad Men…). Que l’on parle de la qualité des scènes d’action ou de la justesse des dialogues, certains concepts apparaissent simplement géniaux, mais de fait, si tout le monde les regarde, peu de gens regardent la télévision. Ils téléchargent, enregistrent sur leur TiVo, ou attendent la sortie en DVD.

Quand je parle de 3G en ce qui concerne Southland, c’est parce que la série n’a peut-être pas été crée en visant la télévision, son audimat approximatif et sa programmation rigide, mais le DVD, où les “motherfuckers”, “assholes” et autres “shitheads” ne seront pas bipés… ou alors volontairement comme pour Arrested Developpment. La série n’ambitionnait d’ailleurs probablement pas de diffusion sur le câble, premièrement parce que le franc parlé bipé est un parti pris dans un souci de vraisemblance – rappelant COPS -, deuxièmement parce que ce n’est pas là que le public se trouve. Combien n’ont découvert The Wire que récemment, simplement parce que le deuil de la série a suscité bon nombre d’articles. C’est mérité, pour ce que je considère comme le truc le plus incroyable que j’ai vu de toute ma vie (je ne suis pas le seul) mais c’est juste un peu tard, et même si HBO, probablement consciente du niveau de sa série, a donné 5 saisons à David Simon et Ed Burns en dépit d’une audience très faible, on peut rêver à ce qu’il en aurait été si les producteurs prenaient en compte les fans du monde entier, et pas simplement les américains de salon. En comparaison, NBC offre à Southland un large public, à qui il est maintenant possible d’offrir des séries de la trempe de The Wire. La question est : Southland en fait-elle partie ?

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Ce bon vieux Ben McKenzie

Passé mon enthousiasme – et mon “essai” un peu présomptueux – autour du pilote, la ligne de conduite de Southland s’oriente peut-être plus vers la série classique, mais avec un twist. Ses auteurs se contenteront-ils de faire dans le cop show de network, du genre C.S.I. ou même Monk ou Castle ou The Mentalist, certes originaux, attachants, efficaces et maitrisés, mais purs produits de consommation, avec date de péremption. Ce que Miami Vice et Rick Hunter étaient aux années 80 et 90. La logique de John Wells et Christopher Chulak, ne semble pas aller dans cette direction. Urgences, dont ils étaient déjà les producteurs exécutifs, possédait davantage de prétentions que des concurrents comme Chicago Hope. Dans Southland, chacun a un rôle à jouer, protagonistes, victimes, témoins, criminels, ou simples seconds rôles, ils sont autant de personnages récurrents ou à même de l’être mais pas dans une vaste enquête (comme c’est le cas pour The Wire) juste dans les jours de leurs vies, leurs vies de flics, de protecteurs, et leurs vies d’êtres humains, à l’instar de la série médicale, qui entre parenthèses, dépouillée du réalisme et de la virtuosité, ne lui restait plus que les rapports de médecins à patients ou de médecins à médecins (comme dans Grey’s Anatomy) et leurs histoires de cœur ou de cul (comme dans Gr… hey wait a minute !!!). Cependant, Southland est assurément plus novatrice qu’il n’y parait, peut-être de manière plus discrète parce qu’elle se noie dans la masse de série qui existe aujourd’hui. Comme Boomtown, dont la structure finalement répétitive était contrebalancée par un vrai concept, et surtout des personnages atypiques, à l’image de House, une des meilleures séries contemporaine, malgré sa place sur un network.

Southland est sonc une série policière d’une qualité supérieure. On pourra citer le 3e épisode, et sa chronique hystérique d’un côté, et entretien intimiste de l’autre; mais aussi, dans un autre style, l’épisode 5, pratiquement un remake du Chien Enragé de Kurosawa; ou encore l’épisode 6, qui se paie le luxe d’une histoire de braqueurs qui aurait pu être exploitée au cinéma à la façon d’un Heat, mais qui ici est presque anecdotique vis-à-vis des révélations sur les protagonistes, malgré une course poursuite filmée en temps réel, de plusieurs points de vues différents (mais sans split screen, n’en déplaise aux fans de 24) vraiment spéctaculaire. C’est peu de dire d’ailleurs que Southland jouit d’une réalisation qui frise la perfection. Quant à l’écriture, jamais clichée, jamais manichéenne, signée presque toujours par la créatrice de la série Ann Biderman, elle est d’une telle maturité (contrairement à d’autres séries qui semblent vraiment étre écrites par de jeunes auteurs, prêts à sacrifier l’intelligence au profit de la facilité voire du raccolage (Prison Break, Harper’s Island…)) qu’elle donne à Southland un sentiment unique, et c’est suffisamment stimulant pour devenir accro. Après le season finale (7e épisode), qui nous offre une scène au suspense prenant avant de clôturer l’histoire de la jeune Janella, témoin du meurtre d’un garçon par un gang (dans le 1er épisode) et les arches des protagonistes, et in fine, de finir sur un cliffhanger. Cliffhanger inattendu et en même temps parfait exemple de la violence quotidienne, qui peut frapper n’importe qui, n’importe quand, n’importe où… totalement dans l’esprit de la série, réaliste, cynique, et couillue.