The Pacific – Part 6 – Peleliu Airfield

Ça en aura pris du temps, pour qu’enfin, la nouvelle série (et deuxième chapitre officieux du diptyque orchestré par Hanks et Spielberg, entamé il y a presque dix ans avec Band Of Brothers) nous montre de quoi elle est capable.

S’il est clair que cette partie 6 est de loin le meilleur épisode jusque là, il affiche un contraste terrible avec le reste des épisodes. Après un pilote prometteur et captivant, les épisodes qui suivirent ont souffert de la comparaison, et de par une narration trop éclatée, et une faille dans le processus d’identification et d’attachement aux personnages – essentiellement concentrée sur Leckie (James Badge Dale – 24 – qui par ailleurs assure son actressin’ au max) – il fut très difficile de trouver de l’intérêt dans lesdits personnages. La faute à un récit basé sur deux sources distinctes (là où BoB s’inspirait directement de l’œuvre d’Ambrose) qui suit de manière inégale John Basilone (Jon Seda – Oz), Robert Leckie, et maintenant Eugene ‘Sledgehammer’ Sledge.

La série renait ainsi grâce à cet épisode qui brille non seulement là où s’empêtraient ceux qui le précèdent, mais parvient même je dirais, à distinguer la série de son illustre prédécesseur.

Le théâtre pacifique est souvent méconnu ou incompris, négligé dans les livres d’histoires au profit du théâtre européen. Favorisant d’emblée le récit de la Easy Company et de ses faits d’armes dans des moments que chacun peut ressituer – le débarquement en Normandie – appuyant alors d’avantage le manque de repères historiques et humains, rendant de fait plus difficile au processus de fiction suscité de s’instaurer en nous. On peut donc trouver dommage qu’il ait fallu attendre six épisodes.

Focalisé sur le groupe de Marines resté là où on l’avait quitté lors du dernier épisode (Part 5) – qui marquait l’arrivée d’un personnage présenté dans le prologue, Sledge (Joe Mazzello – Jurassic Park) – on retrouve dans ce “Part Six” ce qui faisait toute la force de Band of Brothers, l’esprit de camaraderie, et les portraits de soldats. Lors de son débarquement sur Peleliu, où la caméra le suit, dans la peur qui le paralyse aussi bien que dans le sursaut de courage qui le tire du pire, Sledge pourrait être nous. Il est le soldat type, compétent mais inexpérimenté, vaillant et terrorisé. Il est très loin du Leckie cynique et désenchanté tenant le rôle de symbole d’une jeunesse déshumanisée par la guerre et traumatisée à jamais par les massacres, héros d’une série dont le sujet se voulait forcement différent de celle entourant une “compagnie de héros” victorieuse dans tous les combats clés en Europe de l’Ouest. The Pacific se voulait plus sombre, et plus horrible encore, parce que ce qui attendait les Marines envoyés à Guadalcanal et Peleliu était une hécatombe, pure et simple.

L’épisode en fait une extraordinaire démonstration dans la scène centrale, qui donne à voir de la façon la plus réaliste qui soit, avec force explosion et dissémination de soldats, le chaos et l’horreur d’une bataille, et enfin, la tragédie “normale”, quotidienne de la guerre . D’un point de vue technique, la scène est un modèle du genre, puisque la géographie du lieu est parfaitement installée, et l’objectif, bien qu’assimilée, n’en reste pas mois terrifiant, ce qui rend d’autant plus puissant la sensation de chaos rendue par une caméra nerveuse mais précise, et par les explosions et les tueries. Mais ce qui rend cet épisode d’autant plus important, c’est la façon très naturelle (aidée en cela par le précédent) dont sont présentés certains personnages secondaires – à l’instar du magnétique ‘Snafu’ (Rami Malek – 24) – et comment leurs relations se tissent peu à peu.

Espérons que Peleliu Hills (dont les images augurent du meilleur) Iwo Jima, Okinawa et Home progressent dans le même sens et sauvent la série de sa médiocrité.

“I think I hate Japs more than I hate raptors”

HBO Is Gonna Kick Some Derriere!

HBO a donné le feu vert à Boardwalk Empire et commandé 11 épisodes de la série, qui se passe dans le Atlantic City des années 20 et raconte l’histoire de Nucky Thompson, qui régna sur la ville pendant sa croissance, décrit comme mi-gangster, mi-politicien.

Alors me direz-vous, si ça ne vous suffisait pas, pourquoi est-ce intéressant ? Principalement parce que la série vient de Martin Scorsese. Le Martin Scorsese qui nous a donné Les Affranchis, Casino, Mean Streets, Raging Bull, Taxi Driver, Gangs Of New York et Les Infiltrés… Ce Martin Scorsese.

Basée sur le livre de Nelson Johnson, Boardwalk Empire: The Birth, High Times, and Corruption of Atlantic City, la série est pile dans les cordes de Scorsese, qui devrait normalement réaliser le pilote, et c’est Terence Winter (The Sopranos) qui en signera le scénario. Nucky sera interprété par Steve Buscemi (Reservoir Dogs, Fargo, The Sopranos), et le reste du cast sera composé entre autres de Michael Kenneth Williams (The Wire). A ce point vous pourriez vous dire que je me fous de votre gueule, vu qu’une série signée par Marty, avec Mr. Pink et Omar, ça semble tenir du fantasme. Bah non, c’est vrai.

HBO a perdu de sa superbe au fil de ces dernières années. Ayant du faire face à Showtime (Dexter, Weeds), mais aussi aux chaines du câble AMC (Mad Men et Breaking Bad) ou FX (The Shield) et même aux networks, la qualité de leurs standards progressant d’années en années. De fait, abandonner des séries trop couteuses (Deadwood, Rome) au profit de séries médiocres (Big Love, Entourage) ont couté à la préstigieuse chaine à péage sa clientèle. Mais avec le phénomenal True Blood, l’imminence de Boardwalk Empire, de Game of Thrones, Bored To Death et de Treme – la nouvelle série de David Simon (The Wire, Generation Kill)et The Pacific, HBO pourrait reprendre ce qui lui appartient.

The Pacific – Trailer

On dira ce qu’on voudra sur Tom Hanks et Steven Spielberg, il semble qu’une fois encore, ils nous prépare un truc assez énorme. Si ils parviennent à égaler Band Of Brothers, qui reste la meilleure mini-série de guerre, et probablement même la meilleure mini-série de tous les temps (EDIT: avec Generation Kill), je leur pardonnerais facilement. A Steven, Transformers, et à Tom, Anges & Démons ou The Da Vinci Code.

Car pour ceux qui ne le sauraient pas – étant annoncé depuis pas mal d’années en fait -, les deux lascars ont produit une nouvelle mini-série centrée sur la 2e Guerre Mondiale, cette fois-ci portée, comme son nom l’indique, sur les affrontements dans le Pacifique. Le moins que l’on puisse dire, malgré la pompe de la bande-annonce, c’est que cela semble terriblement prometteur…